Texte officiel de l’article 125 D du CGI
I. – Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l’article 4 B qui appartiennent à un foyer fiscal dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année, tel que défini au 1° du IV de l’article 1417, est égal ou supérieur aux montants mentionnés au dernier alinéa du I de l’article 125 A et qui bénéficient de revenus ou produits énumérés au même I ou de produits et gains mentionnés au 2 du II de l’article 125-0 A sont assujetties au prélèvement prévu au I de l’article 125 A, aux taux fixés, selon les cas, au III bis du même article 125 A ou au 2 du II de l’article 125-0 A, lorsque la personne qui assure leur paiement est établie hors de France, qu’il s’agisse ou non du débiteur des revenus ou produits, ce dernier étant établi en France ou hors de France. II. – Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l’article 4 B qui bénéficient de produits ou gains de cession de bons ou contrats de capitalisation et placements de même nature mentionnés au deuxième alinéa du 2 de l’article 122 peuvent opter, à raison de la seule fraction des produits ou gains attachés à des primes versées jusqu’au 26 septembre 2017, pour leur assujettissement au prélèvement prévu au premier alinéa du 1 du II de l’ article 125-0 A , aux taux fixés au 1 du II de ce même article. A cet effet, la durée des bons ou contrats de capitalisation ainsi que des placements de même nature s’entend de leur durée effective de détention par le contribuable. Les revenus de source étrangère mentionnés au premier alinéa sont retenus pour leur montant brut. L’impôt retenu à la source est imputé sur le prélèvement dans la limite du crédit d’impôt auquel il ouvre droit, dans les conditions prévues par les conventions internationales. III. – Sous réserve des dispositions prévues au troisième alinéa du 1 du II de l’article 125-0 A, le prélèvement mentionné au II du présent article libère les revenus, produits et gains auxquels il s’applique de l’impôt sur le revenu. IV. – Les revenus, produits et gains pour lesquels le contribuable est assujetti au prélèvement prévu au I ou opte pour le prélèvement prévu au II sont déclarés et le prélèvement correspondant acquitté, soit par la personne qui assure le paiement desdits revenus, produits et gains, lorsqu’elle est établie hors de France dans un Etat membre de l’Union européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, et qu’elle a été mandatée à cet effet par le contribuable, soit par le contribuable lui-même, dans les quinze jours suivant le mois au cours duquel les revenus ou produits sont encaissés ou inscrits en compte ou, s’agissant d’un gain, dans les quinze jours suivant le mois au cours duquel la cession est réalisée. L’option pour le prélèvement prévue au II est irrévocable et s’exerce par le dépôt de la déclaration des revenus, produits et gains concernés et le paiement du prélèvement correspondant dans les conditions et délais prévus au premier alinéa. Lorsque la déclaration prévue au premier alinéa et le paiement du prélèvement correspondant sont effectués par la personne qui assure le paiement des revenus, produits et gains, elle est établie au nom et pour le compte du contribuable. A défaut de réception de la déclaration et du paiement du prélèvement mentionné au II dans les conditions précitées, les produits et gains sont imposables dans les conditions de droit commun. Le contribuable tient à la disposition de l’administration tous les renseignements nécessaires à l’établissement du prélèvement. V. – Les revenus, produits et gains de cession soumis au prélèvement dans les conditions des I et II sont retenus pour leur montant brut. L’impôt retenu à la source est imputé sur le prélèvement mentionné au II dans la limite du crédit d’impôt auquel il ouvre droit tel que ce crédit est prévu par les conventions internationales. VI. – L’administration peut conclure avec chaque personne établie hors de France mandatée par des contribuables pour le paiement du prélèvement dans les conditions prévues au IV une convention qui en organise les modalités pour l’ensemble de ces contribuables. VII. – Un décret fixe les modalités d’application, notamment déclaratives, du présent article.
Questions fréquentes sur l’article 125 D
Quand s'applique le prélèvement de l'article 125 D sur les revenus étrangers ?
Le prélèvement s'applique aux résidents français dont le revenu fiscal de référence dépasse certains seuils et qui perçoivent des revenus de capitaux mobiliers via un payeur établi hors de France. La déclaration doit être effectuée dans les 15 jours suivant l'encaissement.
Peut-on opter pour le prélèvement sur les contrats de capitalisation étrangers ?
Oui, pour les contrats de capitalisation étrangers, une option irrévocable permet d'appliquer le prélèvement aux taux préférentiels sur la fraction des gains liés aux primes versées avant le 26 septembre 2017. Cette option libère de l'impôt sur le revenu.
Ce que dit l’article 125 D du CGI
L’article 125 D du Code général des impôts organise le prélèvement sur les revenus de capitaux mobiliers étrangers pour les résidents fiscaux français. Cette disposition vise les situations où le payeur des revenus (banque, assureur, gestionnaire) est établi hors de France, même si le débiteur initial peut être français. Le prélèvement s’applique aux contribuables dont le revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année dépasse les seuils de l’article 125 A (actuellement 50 000 € pour une personne seule, 75 000 € pour un couple).
L’article prévoit également une option spécifique pour les contrats de capitalisation et bons étrangers, permettant un traitement fiscal avantageux sous certaines conditions. Cette option, une fois exercée, devient irrévocable et libère les gains concernés de l’impôt sur le revenu.
Application pratique
Pour les TPE/PME
Les dirigeants de TPE/PME détenant des comptes ou placements à l’étranger sont concernés par cette disposition. Par exemple, un dirigeant percevant 3 000 € de dividendes d’actions américaines via une banque suisse devra déclarer ces revenus dans les 15 jours suivant leur encaissement et acquitter le prélèvement correspondant (généralement 30%). Cette obligation s’ajoute aux déclarations fiscales classiques et nécessite une vigilance particulière sur les délais.
Pour les professions libérales et avocats
Les professionnels libéraux, souvent concernés par des revenus élevés, doivent être particulièrement attentifs à l’article 125 D. Un avocat détenant une assurance-vie luxembourgeoise et réalisant un rachat de 15 000 € devra, selon sa situation, soit mandater l’assureur pour effectuer la déclaration, soit la réaliser lui-même. L’impôt retenu à la source à l’étranger peut être imputé sur le prélèvement français dans la limite des conventions fiscales.
Pour les auto-entrepreneurs
Bien que moins fréquemment concernés par les seuils de revenus, certains auto-entrepreneurs prospères peuvent être assujettis au prélèvement. Un auto-entrepreneur en conseil détenant un PEA bancaire allemand et dont le revenu fiscal de référence atteint 52 000 € devra appliquer ces règles lors de la cession de titres, avec un prélèvement calculé sur le montant brut des plus-values.
Points d’attention
Le délai de 15 jours suivant l’encaissement constitue un piège majeur, particulièrement court comparé aux échéances fiscales habituelles. L’option pour les contrats de capitalisation étant irrévocable, elle nécessite une analyse approfondie avant exercice. En cas de défaut de déclaration dans les délais, les revenus redeviennent imposables selon les règles de droit commun, perdant le bénéfice du prélèvement libératoire. La tenue des justificatifs reste obligatoire, l’administration pouvant contrôler à tout moment.
Articles du CGI liés
L’article 125 D s’articule étroitement avec l’article 125 A définissant le prélèvement forfaitaire unique et ses seuils d’application. L’article 125-0 A précise les modalités du prélèvement libératoire, tandis que l’article 4 B définit la notion de domicile fiscal français. L’article 122 encadre la taxation des contrats de capitalisation, et l’article 1417 définit le revenu fiscal de référence servant de base au calcul des seuils.
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