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Article 1649 AH CGI : marqueurs dispositifs transfrontières

Article 1649 AH 0I : Déclarations relatives aux comptes financiers, aux contrats d'assurance-vie, aux trusts, aux crypto-actifs et aux dispositifs transfrontières Mis à jour le 24 February 2026

Texte officiel de l’article 1649 AH du CGI

Pour l’application du III de l’article 1649 AD , le critère de l’avantage principal et les marqueurs des dispositifs transfrontières faisant l’objet d’une obligation déclarative sont ainsi définis : I.-Les marqueurs généraux relevant de la catégorie A mentionnée au A du II du présent article et les marqueurs spécifiques relevant de la catégorie B mentionnée au B du II précité ainsi que du i du b et aux c et d du 1° de la catégorie C mentionnée au C du II précité, ne peuvent être pris en compte que lorsqu’ils remplissent le critère de l’avantage principal. Ce critère est rempli s’il est établi que l’avantage principal ou l’un des avantages principaux qu’une personne peut raisonnablement s’attendre à retirer d’un dispositif, compte tenu de l’ensemble des faits et circonstances pertinents, est l’obtention d’un avantage fiscal. Dans le cas d’un marqueur relevant du 1° de la catégorie C précitée, la présence des conditions prévues au i du b ou aux c et d du 1° de cette catégorie, ne constitue pas à elle seule une raison de conclure qu’un dispositif remplit le critère de l’avantage principal. II.-A.-Un dispositif comprend un marqueur général lié au critère de l’avantage principal ou “ marqueur de catégorie A ”, lorsqu’il présente l’une des caractéristiques suivantes : 1° Le contribuable concerné ou un participant au dispositif s’engage à respecter une clause de confidentialité selon laquelle il peut lui être demandé de ne pas divulguer à d’autres intermédiaires ou aux autorités fiscales comment le dispositif pourrait procurer un avantage fiscal ; 2° L’intermédiaire est en droit de percevoir des honoraires, intérêts ou rémunération pour financer les coûts et autres frais, pour le dispositif et ces honoraires, intérêts ou rémunération sont fixés par référence : a) Au montant de l’avantage fiscal découlant du dispositif ; ou b) Au fait qu’un avantage fiscal découle effectivement du dispositif. Cela peut inclure une obligation pour l’intermédiaire de rembourser partiellement ou entièrement les honoraires si l’avantage fiscal escompté découlant du dispositif n’a pas été complètement ou partiellement généré ; 3° Le dispositif dont la documentation et/ ou la structure sont en grande partie normalisées et qui est à la disposition de plus d’un contribuable concerné sans avoir besoin d’être adapté de façon importante pour être mis en œuvre. B.-Un dispositif comprend un marqueur spécifique lié au critère de l’avantage principal, ou “ marqueur de catégorie B ”, lorsqu’il présente l’une des caractéristiques suivantes : 1° Un participant au dispositif prend artificiellement des mesures qui consistent à acquérir une société réalisant des pertes, à mettre fin à l’activité principale de cette société et à utiliser les pertes de celle-ci pour réduire sa charge fiscale, y compris par le transfert de ces pertes à une autre juridiction ou par l’accélération de l’utilisation de ces pertes ; 2° Il a pour effet de convertir des revenus en capital, en dons ou en d’autres catégories de recettes qui sont taxées à un niveau inférieur ou ne sont pas taxées ; 3° Il inclut des transactions circulaires ayant pour résultat un “ carrousel ” de fonds, à savoir au moyen d’entités interposées sans fonction commerciale primaire ou d’opérations qui se compensent ou s’annulent mutuellement ou qui ont d’autres caractéristiques similaires. C.-Un dispositif comprend un marqueur spécifique lié aux opérations transfrontières, ou “ marqueur de catégorie C ”, lorsqu’il présente l’une des caractéristiques suivantes : 1° Il prévoit la déduction des paiements transfrontières effectués entre deux ou plusieurs entreprises associées et l’une au moins des conditions suivantes est remplie : a) Le bénéficiaire ne réside à des fins fiscales dans aucune juridiction fiscale ; b) Même si le bénéficiaire réside à des fins fiscales dans une juridiction, cette juridiction : i) Ne lève pas d’impôt sur les sociétés ou lève un impôt sur les sociétés à taux zéro ou presque nul ; ou ii) Figure sur une liste de juridictions de pays tiers qui ont été évaluées par les Etats membres collectivement ou dans le cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques comme étant non coopératives ; c) Le paiement bénéficie d’une exonération fiscale totale dans la juridiction où le bénéficiaire réside à des fins fiscales ; d) Le paiement bénéficie d’un régime fiscal préférentiel dans la juridiction où le bénéficiaire réside à des fins fiscales ; 2° Il prévoit que des déductions pour le même amortissement d’un actif sont demandées dans plus d’une juridiction ; 3° Il prévoit qu’un allègement au titre de la double imposition pour le même élément de revenu ou de capital est demandé dans plusieurs juridictions ; 4° Il inclut des transferts d’actifs et il existe dans les juridictions concernées une différence importante dans le montant considéré comme étant payable en contrepartie des actifs. D.-Un dispositif comprend un marqueur spécifique concernant l’échange automatique d’informations et les bénéficiaires effectifs, ou “ marqueur de catégorie D ”, lorsqu’il présente l’une des caractéristiques suivantes : 1° Il est susceptible d’avoir pour effet de porter atteinte à l’obligation de déclaration en vertu du droit mettant en œuvre la législation de l’Union européenne ou tout accord équivalent concernant l’échange automatique d’informations sur les comptes financiers, y compris des accords avec des pays tiers, ou qui tire parti de l’absence de telles dispositions ou de tels accords. De tels dispositifs incluent au moins ce qui suit : a) L’utilisation d’un compte, d’un produit ou d’un investissement qui n’est pas ou dont l’objectif est de ne pas être un compte financier, mais qui possède des caractéristiques substantiellement similaires à celles d’un compte financier ; b) Le transfert de comptes ou d’actifs financiers vers des juridictions qui ne sont pas liées par l’échange automatique d’informations sur les comptes financiers avec l’Etat de résidence du contribuable concerné, ou le recours à de telles juridictions ; c) La requalification de revenus et de capitaux en produits ou en paiements qui ne sont pas soumis à l’échange automatique d’informations sur les comptes financiers ; d) Le transfert ou la conversion d’une institution financière, d’un compte financier ou des actifs qui s’y trouvent en institution financière, en compte financier ou en actifs qui ne sont pas à déclarer en vertu de l’échange automatique d’informations sur les comptes financiers ; e) Le recours à des entités, constructions ou structures juridiques qui suppriment ou visent à supprimer la déclaration d’un ou plusieurs titulaires de compte ou personnes détenant le contrôle dans le cadre de l’échange automatique d’informations sur les comptes financiers ; f) Les dispositifs qui portent atteinte aux procédures de diligence raisonnable utilisées par les institutions financières pour se conformer à leurs obligations de déclarer des informations sur les comptes financiers, ou qui exploitent les insuffisances de ces procédures, y compris le recours à des juridictions appliquant de manière inadéquate ou insuffisante la législation relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, ou ayant des exigences insuffisantes en matière de transparence en ce qui concerne les personnes morales ou les constructions juridiques ; 2° Il fait intervenir une chaîne de propriété formelle ou effective non transparente par le recours à des personnes, des constructions juridiques ou des structures : a) Qui n’exercent pas une activité économique substantielle s’appuyant sur des effectifs, des équipements, des ressources et des locaux suffisants ; et b) Qui sont constitués, gérés, contrôlés ou établis ou qui résident dans toute juridiction autre que la juridiction de résidence de l’un ou plusieurs des bénéficiaires effectifs des actifs détenus par ces personnes, constructions juridiques ou structures ; et c) Lorsque les bénéficiaires effectifs de ces personnes, constructions juridiques ou structures, au sens de la directive (UE) 2015/849 du Parlement Européen et du Conseil du 20 mai 2015 relative à la prévention de l’utilisation du système financier aux fins du blanchiment de capitaux ou du financement du terrorisme, modifiant le règlement (UE) n° 648/2012 du Parlement européen et du Conseil et abrogeant la directive 2005/60/ CE du Parlement européen et du Conseil et la directive 2006/70/ CE de la Commission, sont rendus impossibles à identifier. E.-Un dispositif comprend un marqueur spécifique concernant les prix de transfert, ou “ marqueur de catégorie E ”, lorsqu’il présente l’une des caractéristiques suivantes : 1° Il prévoit l’utilisation de régimes de protection unilatéraux ; 2° Il prévoit le transfert d’actifs incorporels difficiles à évaluer, qui sont des actifs incorporels ou des droits sur des actifs incorporels pour lesquels, au moment de leur transfert entre des entreprises associées : a) Il n’existe pas d’éléments de comparaison fiables ; et b) Au moment où l’opération a été conclue, les projections concernant les futurs flux de trésorerie ou revenus attendus de l’actif incorporel transféré, ou les hypothèses utilisées pour évaluer cet actif incorporel sont hautement incertaines, et il est donc difficile de prévoir dans quelle mesure l’actif incorporel débouchera finalement sur un succès au moment du transfert ; 3° Il met en jeu un transfert transfrontière de fonctions et/ ou de risques et/ ou d’actifs au sein du groupe, si le bénéfice avant intérêts et impôts annuel prévu, dans les trois ans suivant le transfert, du ou des cédants, est inférieur à 50 % du bénéfice avant intérêts et impôts annuel prévu de ce cédant ou de ces cédants si le transfert n’avait pas été effectué.

Ce que dit l’article 1649 AH du CGI

L’article 1649 AH du Code général des impôts définit précisément les marqueurs dispositifs transfrontières qui déclenchent l’obligation déclarative. Ce texte établit le critère de l’avantage principal et classe les marqueurs en 5 catégories distinctes (A à E), chacune correspondant à des situations fiscales spécifiques nécessitant une vigilance particulière.

Le critère de l’avantage principal constitue le filtre déterminant : un dispositif doit procurer un avantage fiscal comme objectif principal pour être soumis à déclaration. Cette approche évite les déclarations abusives tout en ciblant les montages réellement problématiques.

Application pratique

Pour les TPE/PME

Les PME utilisant des structures transfrontières doivent examiner leurs montages au regard des marqueurs de catégorie C. Par exemple, une PME déduisant des redevances versées à sa filiale dans un pays à fiscalité privilégiée (IS à 12,5% en Irlande) relève du marqueur C1d. Si cette déduction constitue l’avantage principal recherché, la déclaration devient obligatoire dans les 30 jours.

Pour les professions libérales et avocats

Les professionnels libéraux utilisant des sociétés de gestion dans plusieurs juridictions doivent analyser les marqueurs de catégorie D relatifs aux bénéficiaires effectifs. Une structure où les bénéficiaires effectifs sont difficiles à identifier via des montages complexes déclenche l’obligation déclarative, même pour des montants modestes.

Pour les auto-entrepreneurs

Bien que moins concernés par les dispositifs complexes, les auto-entrepreneurs développant une activité internationale via des plateformes peuvent être concernés par les marqueurs de catégorie A, notamment en cas de clauses de confidentialité sur les avantages fiscaux obtenus.

Points d’attention

La clause de confidentialité (marqueur A1) représente un piège fréquent : interdire de révéler les avantages fiscaux d’un montage déclenche automatiquement l’obligation déclarative. Les honoraires conditionnels aux économies fiscales (marqueur A2) constituent également un signal d’alerte majeur.

Les marqueurs de catégorie E sur les prix de transfert visent particulièrement les groupes. Un transfert d’actifs incorporels difficiles à évaluer (brevets, marques) ou une réorganisation réduisant de plus de 50% le résultat du cédant nécessite une analyse approfondie.

Articles du CGI liés

L’article 1649 AH s’articule avec les articles 1649 AD (définition des dispositifs transfrontières), 1649 AE (intermédiaires et contribuables concernés) et 1649 AG (délais de déclaration). Cette cohérence législative forme un ensemble normatif complet sur la transparence fiscale internationale.

Conseil AdvizExperts

Face à la complexité technique de l’article 1649 AH, AdvizExperts recommande un audit préventif de vos montages transfrontières. Notre expertise en fiscalité internationale permet d’identifier les marqueurs applicables et d’anticiper les obligations déclaratives. Cette démarche proactive évite les sanctions de 20 000€ par dispositif non déclaré et sécurise vos stratégies d’optimisation fiscale dans le respect de la réglementation.

Questions fréquentes sur l’article 1649 AH

Qu'est-ce que le critère de l'avantage principal selon l'article 1649 AH ?

Le critère de l'avantage principal est rempli si l'avantage principal qu'une personne peut raisonnablement s'attendre à retirer d'un dispositif transfrontière est l'obtention d'un avantage fiscal, compte tenu de l'ensemble des faits et circonstances.

Quels sont les 5 types de marqueurs définis par l'article 1649 AH ?

L'article 1649 AH définit 5 catégories : marqueurs généraux (A), marqueurs spécifiques liés à l'avantage principal (B), marqueurs transfrontières (C), marqueurs d'échange d'informations (D) et marqueurs de prix de transfert (E).

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