Texte officiel de l’article 208 D du CGI
I.-1. Sont exonérées d’impôt sur les sociétés jusqu’au terme du dixième exercice suivant celui de leur création les sociétés par actions simplifiées à associé unique, dites ” sociétés unipersonnelles d’investissement à risque “, détenues par une personne physique, qui ont dès leur création pour objet social exclusif la souscription en numéraire au capital initial ou aux augmentations de capital de sociétés ayant leur siège dans un Etat de l’Union européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, dont les titres ne sont pas admis aux négociations sur un marché d’instruments financiers français ou étranger, dont le fonctionnement est assuré par une entreprise de marché ou un prestataire de services d’investissement autre qu’une société de gestion de portefeuille ou tout autre organisme similaire étranger, qui exercent une activité mentionnée à l’article 34 et qui sont soumises à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun au taux normal ou y seraient soumises dans les mêmes conditions si l’activité était exercée en France. Les sociétés unipersonnelles d’investissement à risque doivent détenir au plus 30 % des droits financiers et des droits de vote des sociétés dans lesquelles elles investissent. 2. Les sociétés dont les titres figurent à l’actif de la société unipersonnelle d’investissement à risque doivent également remplir les conditions suivantes : a. Elles ont été créées depuis moins de cinq ans à la date de la première souscription par la société unipersonnelle d’investissement à risque ; b. Elles sont nouvelles au sens de l’article 44 sexies ou créées pour la reprise de l’activité d’une entreprise pour laquelle est intervenu un jugement ordonnant la cession en application de l’article L. 631-22 du code de commerce , en l’absence de tout plan de sauvegarde ou de redressement judiciaire, ou prononçant sa liquidation judiciaire ; c. Elles sont détenues majoritairement par des personnes physiques ou par des personnes morales détenues majoritairement par des personnes physiques. 3. L’associé d’une société unipersonnelle d’investissement à risque, son conjoint et leurs ascendants et descendants détiennent ensemble, directement ou indirectement, au plus 30 % des droits financiers et des droits de vote des sociétés dont les titres figurent à l’actif de la société et n’ont pas atteint ce niveau de détention depuis leur création. Ils n’exercent dans ces sociétés aucune des fonctions énumérées au 1° du 1 du III de l’article 975 . 4. Par dérogation aux dispositions du 1, les sociétés unipersonnelles d’investissement à risque peuvent consentir, dans la limite de 15 % de leur actif brut comptable, des avances en compte courant aux sociétés dans lesquelles elles ont investi. Elles peuvent également détenir d’autres éléments d’actifs dans la limite de 5 % de leur actif brut comptable. II.-Le non-respect de l’une des conditions mentionnées au I entraîne la perte de l’exonération prévue au même I, pour l’exercice en cours et les exercices suivants. Toutefois, l’exonération d’impôt sur les sociétés est maintenue jusqu’au terme du dixième exercice suivant celui de la création de la société unipersonnelle d’investissement à risque, lorsque les actions de la société sont transmises à titre gratuit à la suite du décès de l’associé unique initial et que les conditions prévues au I, autres que celles relatives à l’unicité de l’associé, sont respectées. III.-L’exonération prévue au I ne bénéficie qu’aux sociétés créées avant le 1er juillet 2008.
Questions fréquentes sur l’article 208 D
Quelle est la durée d'exonération fiscale accordée aux SUIR selon l'article 208 D ?
Les SUIR bénéficient d'une exonération d'impôt sur les sociétés jusqu'au terme du dixième exercice suivant celui de leur création, sous réserve du respect des conditions strictes définies par l'article 208 D du CGI.
Quelles sont les principales conditions pour bénéficier de l'exonération SUIR ?
La SUIR doit être une SAS à associé unique détenue par une personne physique, investir exclusivement dans des sociétés non cotées créées depuis moins de 5 ans, et ne détenir au maximum que 30% des droits de vote de chaque société cible.
Ce que dit l’article 208 D du CGI
L’article 208 D du Code général des impôts définit le régime d’exonération fiscale SUIR (Sociétés Unipersonnelles d’Investissement à Risque). Ce dispositif fiscal avantageux permet aux SAS à associé unique de bénéficier d’une exonération totale d’impôt sur les sociétés pendant dix exercices, à condition de respecter des critères stricts d’investissement dans des sociétés innovantes non cotées.
Application pratique
Pour les TPE/PME
Les dirigeants de TPE/PME peuvent utiliser ce mécanisme pour investir dans d’autres jeunes entreprises tout en optimisant leur fiscalité. Par exemple, un entrepreneur ayant vendu sa première société pourra créer une SUIR avec un capital de 100 000€ et investir dans 3-4 startups (maximum 30% par société), tout en bénéficiant de l’exonération fiscale sur les plus-values pendant 10 ans. Cette stratégie permet de diversifier les investissements tout en différant l’imposition.
Pour les professions libérales et avocats
Les professionnels libéraux disposant de liquidités importantes peuvent structurer leurs investissements via une SUIR. Un avocat associé pourra ainsi investir 200 000€ dans des sociétés technologiques émergentes, en détenant au maximum 30% de chaque participation. Les dividendes et plus-values générés seront exonérés d’IS, optimisant significativement la rentabilité nette de l’investissement.
Pour les auto-entrepreneurs
Bien que les auto-entrepreneurs ne puissent directement créer une SUIR (régime incompatible), ils peuvent envisager cette structure lors de leur passage en société, notamment pour réinvestir les bénéfices accumulés dans l’écosystème entrepreneurial.
Points d’attention
Attention : Ce dispositif ne s’applique qu’aux sociétés créées avant le 1er juillet 2008, rendant l’article 208 D obsolète pour les nouvelles créations. Les sociétés cibles doivent être détenues majoritairement par des personnes physiques et exercer une activité éligible selon l’article 34 du CGI. Le non-respect d’une seule condition entraîne la perte définitive de l’exonération. Les avances en compte courant sont limitées à 15% de l’actif brut, et les autres actifs à 5%.
Articles du CGI liés
L’article 208 D s’articule avec l’article 34 (définition des activités éligibles), l’article 44 sexies (entreprises nouvelles) et l’article 975 (fonctions de direction). Il s’inscrit dans l’ensemble des dispositifs d’exonération fiscale pour l’investissement, aux côtés des articles 208 B et 208 C relatifs aux sociétés immobilières.
Conseil AdvizExperts
Bien que l’article 208 D ne soit plus applicable aux nouvelles créations, AdvizExperts accompagne ses clients TPE/PME et professions libérales dans l’optimisation de leurs investissements via d’autres dispositifs fiscaux avantageux. Nos experts comptables parisiens analysent votre situation patrimoniale pour identifier les meilleures stratégies d’investissement et de défiscalisation adaptées à votre profil d’entrepreneur ou de profession libérale.