AccueilCGI Commenté › Article 217 octies CGI : amortissement PME innovantes

Article 217 octies CGI : amortissement PME innovantes

Article 217 octies Détermination du bénéfice imposable Mis à jour le 23 February 2026

Texte officiel de l’article 217 octies du CGI

I. – Pour l’établissement de l’impôt sur les sociétés, les entreprises peuvent amortir, sur une durée de cinq ans : 1° Les sommes versées pour la souscription en numéraire au capital de petites ou moyennes entreprises innovantes ; 2° Les sommes versées pour la souscription en numéraire de parts ou d’actions de fonds communs de placement à risques, de fonds professionnels de capital investissement, de sociétés de libre partenariat ou de sociétés de capital-risque dont l’actif est constitué de titres, de parts ou d’actions de petites ou moyennes entreprises innovantes, à hauteur d’un pourcentage au moins égal à celui mentionné au premier alinéa du I de l’article L. 214-30 du code monétaire et financier . L’actif du fonds, de la société de libre partenariat ou de la société de capital-risque doit, en outre, être constitué de titres, de parts ou d’actions reçus en contrepartie de souscriptions au capital ou de titres, de parts ou d’actions reçus en contrepartie d’obligations converties de petites ou moyennes entreprises innovantes à hauteur d’un pourcentage au moins égal à celui mentionné au 1° du A du III du même article. 3° Les sommes versées pour la souscription en numéraire de parts ou d’actions de fonds ou sociétés constitués sur le fondement d’un droit étranger situés dans un Etat membre de l’Union européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, lorsque ces derniers présentent les mêmes caractéristiques que ceux mentionnés au 2°. Lorsque les fonds ou sociétés mentionnés aux 2° et 3° procèdent à des rachats de titres, parts ou actions d’une petite ou moyenne entreprise innovante entrant dans la composition de leur actif au titre du premier pourcentage mentionné au même 2°, ils procèdent à une souscription au capital de cette même entreprise à hauteur d’au moins la valeur de ces rachats. La réalisation de cette obligation est appréciée sur la durée de vie du fonds ou dans les dix ans suivant le rachat par la société de capital-risque ou par la société de libre partenariat. L’émission des titres, parts ou actions qui seront souscrits après le rachat doit être prévue au plan d’entreprise de la petite ou moyenne entreprise qui bénéficie du rachat. L’engagement du fonds ou de la société de procéder au niveau requis de souscriptions est formalisé par une déclaration remise à l’administration fiscale lors du rachat. II. – Les petites et moyennes entreprises innovantes mentionnées au I s’entendent de celles des petites et moyennes entreprises, au sens du règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission, du 17 juin 2014, déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité sur l’Union européenne : 1° Qui ont leur siège dans un Etat membre de l’Union européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ; 2° Dont les titres ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé français ou étranger ; 3° Qui ne sont pas des entreprises en difficulté, au sens des lignes directrices communautaires concernant les aides d’Etat au sauvetage et à la restructuration d’entreprises en difficulté ; 4° Qui remplissent l’une des deux conditions mentionnées au c du 1° du I de l’article L. 214-30 du code monétaire et financier leur permettant d’être qualifiées d’entreprises innovantes au sens du règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 précité ; 5° Qui respectent l’une des deux conditions suivantes : a) Elles n’exercent leur activité sur aucun marché ; b) Elles exercent leur activité sur un marché, quel qu’il soit, depuis moins de dix ans après leur première vente commerciale au sens du règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission du 17 juin 2014 précité. Si l’entreprise fait appel à l’organisme mentionné au dernier alinéa du c du 1° du I de l’article L. 214-30 du code monétaire et financier pour démontrer son caractère innovant, ce dernier définit la date de la première vente commerciale. A défaut, cette durée de dix ans est décomptée à compter de l’ouverture de l’exercice suivant celui au cours duquel le chiffre d’affaires de l’entreprise a dépassé pour la première fois 250 000 €. Les conditions mentionnées au premier alinéa et aux 1° à 5° du présent II s’apprécient à la date de la souscription ou du rachat. Par exception, dans le cas des souscriptions mentionnées au dernier alinéa du I que le fonds ou la société s’est engagé à réaliser à la suite d’un rachat, ces conditions sont considérées comme remplies à la date des souscriptions si elles l’étaient à la date du rachat. Toutefois, lorsque les titres, parts ou actions d’une petite ou moyenne entreprise respectant les conditions prévues au 2° du présent II à la date de la souscription ou du rachat sont admis aux négociations sur un marché réglementé ou un système multilatéral de négociation français ou étranger postérieurement à cette date, ils ne continuent à être pris en compte pour l’appréciation des pourcentages mentionnés au 2° du I que pendant une durée de cinq ans à compter de leur admission. II bis.-Les versements au titre des souscriptions mentionnées au I ne doivent pas excéder, par entreprise bénéficiaire des versements, le plafond de 15 millions d’euros défini au paragraphe 149 de la communication de la Commission, du 22 janvier 2014, concernant les lignes directrices relatives aux aides d’Etat visant à promouvoir les investissements en faveur du financement des risques (2014/C19/04). Pour l’appréciation de ce plafond, il est tenu compte de l’ensemble des financements soumis au respect du même paragraphe. III. – 1. Les entreprises mentionnées au premier alinéa du I ne doivent pas détenir : a) Directement ou indirectement, plus de 20 % du capital ou des droits de vote de la petite ou moyenne entreprise innovante ; b) Des titres, parts ou actions de la petite ou moyenne entreprise innovante pour lesquels elles n’ont pas pratiqué l’amortissement prévu au présent article. La condition mentionnée au b ne s’applique pas aux entreprises qui souscrivent des parts d’un fonds mentionné aux 2° ou 3° du I ou d’une société de libre partenariat mentionnée au 2° du I lorsque celle-ci a délégué la gestion de son portefeuille à une société de gestion de portefeuille, si les décisions d’investissement sont prises par le gestionnaire du fonds ou de la société de libre partenariat en toute indépendance vis-à-vis des souscripteurs. Toutefois, dans cette situation, les deux pourcentages de l’actif du fonds ou de la société de libre partenariat mentionnés au 2° du même I doivent porter sur des titres, parts ou actions de petites ou moyennes entreprises innovantes dans lesquelles le fonds ou la société de libre partenariat investit pour la première fois à l’aide de souscriptions ouvrant droit à l’amortissement prévu audit I. 2. – Lorsque des entreprises mentionnées au premier alinéa du I sont liées, au sens du 12 de l’article 39 , elles ne doivent pas détenir ensemble, directement ou indirectement, plus de 20 % du capital ou des droits de vote de la petite ou moyenne entreprise innovante. 3. – Les conditions prévues au a du 1 et au 2 doivent être respectées de manière continue au cours de la période d’amortissement. La condition mentionnée au b du 1 s’apprécie à la date de la souscription, selon le cas, dans une petite ou moyenne entreprise innovante ou dans un fonds ou une société mentionné aux 2° ou 3° du I, au titre de laquelle l’entreprise entend pratiquer l’amortissement prévu au premier alinéa du même I. IV. – La valeur des titres, des parts ou des actions détenus par l’entreprise mentionnée au premier alinéa du I qui peuvent faire l’objet de l’amortissement prévu au même I ne doit pas dépasser 1 % du total de l’actif de cette entreprise. Cette limite s’apprécie à la clôture de l’exercice au cours duquel a eu lieu chaque souscription, en tenant compte de l’ensemble des souscriptions de l’entreprise faisant l’objet de l’amortissement prévu audit I. Par dérogation au premier alinéa du présent IV, pour une société membre d’un groupe au sens de l’article 223 A , la valeur des titres, parts ou actions qui peuvent faire l’objet de l’amortissement prévu au I du présent article peut dépasser 1 % de l’actif de cette entreprise, à condition que la valeur des titres, parts ou actions détenus par l’ensemble des entreprises membres du groupe qui font l’objet de l’amortissement ne dépasse pas 1 % de la somme du total de l’actif des sociétés du groupe à la clôture de l’exercice. V. – En cas de cession de tout ou partie des titres, des parts ou des actions ayant ouvert droit à l’amortissement prévu au I dans les deux ans de leur acquisition ou en cas de non-respect des conditions prévues aux I à IV, le montant des amortissements pratiqués en application du même I, majoré d’une somme égale au produit de ce montant par le taux de l’intérêt de retard prévu à l’article 1727 , est réintégré au bénéfice imposable de l’exercice au cours duquel intervient la cession ou le non-respect d’une condition prévue aux mêmes I à IV. VI. – Lorsque les titres, les parts ou les actions ayant ouvert droit à l’amortissement exceptionnel prévu au I sont cédés après le délai mentionné au V, la plus-value de cession est imposée au taux normal de l’impôt sur les sociétés prévu au deuxième alinéa du I de l’article 219 , à hauteur du montant de l’amortissement pratiqué. Cette plus-value s’entend de l’excédent du prix de cession des titres, parts ou actions sur leur valeur d’origine diminuée des amortissements déduits en application du I et non encore rapportés au jour de la cession. Le taux normal de l’impôt sur les sociétés s’applique également pour l’imposition, à hauteur de l’amortissement pratiqué : 1° De la différence existant entre le montant des sommes réparties par le fonds commun de placement à risques, le fonds professionnel de capital investissement ou la société de libre partenariat et le montant des sommes versées par l’entreprise diminué des amortissements déduits en application du même I, pour la souscription des parts de ce fonds ; 2° Des distributions mentionnées au 5 de l’article 39 terdecies , réalisées par la société de capital-risque. VII. – Le présent article s’applique aux sommes versées pendant les dix années suivant une date fixée par décret, qui ne peut être postérieure de plus de six mois à la date de réception par le Gouvernement de la décision de la Commission européenne permettant de considérer le dispositif législatif lui ayant été notifié comme étant conforme au droit de l’Union européenne en matière d’aides d’Etat.

Ce que dit l’article 217 octies du CGI

L’article 217 octies du Code général des impôts instaure un dispositif d’amortissement exceptionnel sur 5 ans pour encourager l’investissement des entreprises dans l’innovation. Ce mécanisme fiscal permet aux sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés de déduire de leur bénéfice imposable les sommes versées pour souscrire au capital de petites et moyennes entreprises innovantes (PME-I).

Le dispositif couvre trois types d’investissements : la souscription directe au capital de PME innovantes, l’investissement dans des fonds spécialisés (FCPR, FPCI, sociétés de capital-risque), et les fonds européens présentant les mêmes caractéristiques.

Application pratique de l’amortissement exceptionnel

Pour les TPE/PME

Une PME peut investir 100 000€ dans une startup innovante et amortir cette somme sur 5 ans, soit 20 000€ par an de charges déductibles. L’investissement ne doit pas dépasser 1% de l’actif total de l’entreprise, et la participation ne peut excéder 20% du capital de la PME innovante. Cette mesure représente une économie d’impôt significative : sur un taux d’IS à 25%, l’économie annuelle atteint 5 000€.

Pour les professions libérales et avocats

Les professionnels libéraux exerçant sous forme sociétaire peuvent utiliser ce dispositif pour diversifier leurs investissements. Un cabinet d’avocats en SCP ou SELARL peut ainsi investir dans des legal tech innovantes tout en bénéficiant de l’amortissement fiscal. La contrainte du plafond de 1% de l’actif reste applicable.

Pour les auto-entrepreneurs

Ce dispositif ne concerne pas directement les auto-entrepreneurs, ceux-ci n’étant pas soumis à l’impôt sur les sociétés. Toutefois, ils peuvent être bénéficiaires du dispositif s’ils développent une activité innovante et respectent les critères de qualification PME innovante.

Points d’attention et conditions strictes

Le respect des conditions est crucial pour éviter la réintégration des amortissements. En cas de cession des titres dans les 2 ans ou de non-respect des conditions, l’amortissement est réintégré majoré des intérêts de retard. Le plafond de 15 millions d’euros par entreprise bénéficiaire, fixé par la réglementation européenne, doit être scrupuleusement respecté.

La qualification d’entreprise innovante nécessite une certification selon les critères du règlement européen 651/2014. L’entreprise doit justifier de dépenses de R&D représentant au moins 10% de ses charges ou détenir un brevet récent.

Articles du CGI liés

L’article 217 octies s’articule avec l’article 219 pour l’imposition des plus-values de cession, l’article 223 A pour les groupes de sociétés, et l’article L. 214-30 du Code monétaire et financier pour la définition des fonds éligibles. L’article 1727 fixe le taux d’intérêt de retard applicable en cas de réintégration.

Conseil AdvizExperts

Chez AdvizExperts, nous accompagnons nos clients TPE/PME et professions libérales parisiennes dans l’optimisation de ce dispositif fiscal complexe. Notre expertise nous permet de vérifier l’éligibilité des investissements, de calculer les plafonds applicables et de sécuriser les obligations déclaratives. Nous recommandons une analyse préalable approfondie avant tout investissement pour maximiser les avantages fiscaux tout en respectant la réglementation en vigueur.

Questions fréquentes sur l’article 217 octies

Quelle est la durée d'amortissement prévue par l'article 217 octies du CGI ?

L'article 217 octies permet d'amortir sur 5 ans les sommes versées pour la souscription au capital de PME innovantes. Cet amortissement exceptionnel concerne aussi les investissements dans des fonds de capital-risque investissant dans ces entreprises.

Quelles sont les conditions pour qu'une PME soit considérée comme innovante selon l'article 217 octies ?

Une PME innovante doit respecter plusieurs critères : siège dans l'UE, titres non cotés, entreprise non en difficulté, caractère innovant certifié, et activité sur le marché depuis moins de 10 ans ou chiffre d'affaires ayant dépassé 250 000€ depuis moins de 10 ans.

CGI Article 217 octies Détermination du bénéfice imposable Fiscalité Expert-comptable Paris
← Retour au sommaire CGI

Besoin d'aide sur cet article du CGI ?

Premier rendez-vous gratuit · Sans engagement · Réponse sous 24h

Prendre RDV gratuitement →

350+ clients accompagnés · Paris 8 & Les Lilas

Scroll to Top