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Article 220 sexies : crédit d’impôt production cinéma

Article 220 sexies 2° : Crédit d'impôt pour dépenses de production déléguée d'oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles Mis à jour le 23 February 2026

Texte officiel de l’article 220 sexies du CGI

I. – Les entreprises de production cinématographique et les entreprises de production audiovisuelle soumises à l’impôt sur les sociétés qui assument les fonctions d’entreprises de production déléguées peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt au titre des dépenses de production mentionnées au III correspondant à des opérations effectuées en vue de la réalisation d’oeuvres cinématographiques de longue durée ou d’oeuvres audiovisuelles agréées. Le bénéfice du crédit d’impôt est subordonné au respect, par les entreprises de production déléguées, de la législation sociale. Il ne peut notamment être accordé aux entreprises de production déléguées qui ont recours à des contrats de travail mentionnés au 3° de l’article L. 1242-2 du code du travail afin de pourvoir à des emplois qui ne sont pas directement liés à la production d’une oeuvre déterminée. II. – 1. Les oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles mentionnées au I appartiennent aux genres de la fiction, du documentaire, de l’animation et de l’adaptation audiovisuelle de spectacles. Ces oeuvres doivent répondre aux conditions suivantes : a) Etre réalisées intégralement ou principalement en langue française ou dans une langue régionale en usage en France à l’exception des œuvres cinématographiques d’animation mentionnées à l’avant-dernier alinéa du 1 du III et des œuvres cinématographiques de fiction mentionnées au dernier alinéa du même 1 du III, ainsi que des œuvres cinématographiques pour lesquelles l’emploi d’une langue étrangère est justifié pour des raisons artistiques tenant au scénario ; b) Etre admises au bénéfice du soutien financier à la production cinématographique ou audiovisuelle ; c) Etre réalisées principalement sur le territoire français. Un décret détermine les modalités selon lesquelles le respect de cette condition est vérifié ainsi que les conditions et limites dans lesquelles il peut y être dérogé pour des raisons artistiques justifiées ; d) Contribuer au développement de la création cinématographique et audiovisuelle française et européenne ainsi qu’à sa diversité. 2. N’ouvrent pas droit au crédit d’impôt mentionné au I : a) Les oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles à caractère pornographique ou d’incitation à la violence ; b) Les oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles utilisables à des fins de publicité ; c) Les programmes d’information, les débats d’actualité et les émissions sportives, de variétés ou de jeux ; d) Tout document ou programme audiovisuel ne comportant qu’accessoirement des éléments de création originale. 3. Les oeuvres audiovisuelles documentaires peuvent bénéficier du crédit d’impôt lorsque le montant des dépenses éligibles mentionnées au III est supérieur ou égal à 2 000 € par minute produite. Dans le cas de l’adaptation audiovisuelle de spectacles, ce plancher est abaissé à 1 000 € pour les œuvres d’une durée supérieure à quatre-vingt-dix minutes et à 1 250 € pour les œuvres d’une durée comprise entre soixante et quatre-vingt-dix minutes. III. – 1. Le crédit d’impôt, calculé au titre de chaque exercice, est égal à 20 % du montant total des dépenses suivantes effectuées en France : a) Les rémunérations versées aux auteurs énumérés à l’article L. 113-7 du code de la propriété intellectuelle, ainsi que les charges sociales afférentes ; b) Les rémunérations versées aux artistes-interprètes mentionnés à l’article L. 212-4 du code précité et aux artistes de complément, par référence pour chacun d’eux, à la rémunération minimale prévue par les conventions et accords collectifs conclus entre les organisations de salariés et d’employeurs de la profession, ainsi que les charges sociales afférentes ; c) Les salaires versés aux personnels de la réalisation et de la production, ainsi que les charges sociales afférentes ; d) Les dépenses liées au recours aux industries techniques et autres prestataires de la création cinématographique et audiovisuelle ; d bis) Dans le cas de l’adaptation audiovisuelle de spectacles, le complément de droits artistiques effectivement payé au producteur du spectacle lié à des dépenses françaises et le “coût plateau” en numéraire ; e) Les dépenses de transport, de restauration et d’hébergement occasionnées par la production de l’œuvre sur le territoire français. Un décret détermine les conditions et les limites dans lesquelles ces dépenses sont prises en compte ; f) Pour les œuvres audiovisuelles documentaires, les dépenses relatives à l’acquisition de droits d’exploitation d’images d’archives pour une durée minimale de quatre ans effectuées auprès d’une personne morale établie en France, dès lors qu’il n’existe pas de lien de dépendance, au sens du 12 de l’article 39, entre cette personne et l’entreprise de production bénéficiaire du crédit d’impôt. Le montant cumulé des rémunérations mentionnées au a et des salaires mentionnés au c versés au réalisateur en qualité de technicien est retenu, par personne physique, dans la limite d’un montant cumulé calculé comme suit : – 15 % de la part du coût de production de l’œuvre inférieure à 4 000 000 € ; – 8 % de la part du coût de production de l’œuvre supérieure ou égale à 4 000 000 € et inférieure ou égale à 7 000 000 € ; – 5 % de la part du coût de production de l’œuvre supérieure ou égale à 7 000 000 € et inférieure à 10 000 000 €. Pour l’adaptation audiovisuelle de spectacles, les dépenses éligibles sont celles exposées jusqu’au 31 décembre 2024. Le taux mentionné au premier alinéa du présent 1 est porté à 25 % en ce qui concerne les œuvres audiovisuelles de fiction et d’animation et les œuvres audiovisuelles documentaires. Il est porté à 30 % pour les œuvres cinématographiques d’animation et pour les œuvres cinématographiques autres que d’animation réalisées intégralement ou principalement en langue française ou dans une langue régionale en usage en France. Sont assimilées à des œuvres cinématographiques d’animation les œuvres cinématographiques de fiction dans lesquelles au moins 15 % des plans, soit en moyenne un plan et demi par minute, font l’objet d’un traitement numérique permettant d’ajouter des personnages, des éléments de décor ou des objets participant à l’action ou de modifier le rendu de la scène ou le point de vue de la caméra. Le taux mentionné au premier alinéa du présent 1 est ramené à 10 % en ce qui concerne les œuvres d’adaptation audiovisuelle de spectacles. 2. Les auteurs, artistes-interprètes et personnels de la réalisation et de la production mentionnés au 1 doivent être, soit de nationalité française, soit ressortissants d’un Etat membre de l’Union européenne, d’un Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen, d’un Etat partie à la convention européenne sur la télévision transfrontière du Conseil de l’Europe, d’un Etat partie à la convention européenne sur la coproduction cinématographique du Conseil de l’Europe ou d’un Etat tiers européen avec lequel l’Union européenne a conclu des accords ayant trait au secteur audiovisuel. Les étrangers, autres que les ressortissants européens précités, ayant la qualité de résidents français sont assimilés aux citoyens français. 3. Pour le calcul du crédit d’impôt, l’assiette des dépenses éligibles est plafonnée à 80 % du budget de production de l’oeuvre et, en cas de coproduction internationale, à 80 % de la part gérée par le coproducteur français. IV. – Les dépenses mentionnées au III ouvrent droit au crédit d’impôt à compter de la date de réception, par le président du Centre national du cinéma et de l’image animée, d’une demande d’agrément à titre provisoire. L’agrément à titre provisoire est délivré par le président du Centre national du cinéma et de l’image animée après sélection des oeuvres par un comité d’experts. Cet agrément atteste que les oeuvres remplissent les conditions prévues au II. V. – Les subventions publiques non remboursables reçues par les entreprises et directement affectées aux dépenses visées au III sont déduites des bases de calcul du crédit d’impôt. VI. – 1. La somme des crédits d’impôt calculés au titre d’une même oeuvre cinématographique ne peut excéder 30 millions d’euros. 2. La somme des crédits d’impôt calculés au titre d’une même œuvre audiovisuelle ne peut excéder : a) Pour une œuvre de fiction : 1 250 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est inférieur à 10 000 € par minute produite ; 1 500 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 10 000 € et inférieur à 15 000 € par minute produite ; 2 000 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 15 000 € et inférieur à 20 000 € par minute produite ; 3 000 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 20 000 € et inférieur à 25 000 € par minute produite ; 4 000 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 25 000 € et inférieur à 30 000 € par minute produite ; 5 000 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 30 000 € et inférieur à 35 000 € par minute produite ; 7 500 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 35 000 € et inférieur à 40 000 € par minute produite ; 10 000 € par minute produite et livrée lorsque le coût de production est supérieur ou égal à 40 000 € par minute produite ; b) Pour une œuvre documentaire et d’adaptation audiovisuelle de spectacles : 1 450 € par minute produite et livrée ; c) Pour une œuvre d’animation : 3 000 € par minute produite et livrée. Les œuvres audiovisuelles de fiction produites dans le cadre d’une coproduction internationale dont le coût de production est couvert au moins à hauteur de 30 % par des financements étrangers et dont le coût de production est supérieur ou égal à 35 000 € par minute produite peuvent être réalisées en langue étrangère. Dans ce cas, elles doivent faire l’objet d’une version livrée en langue française. 3. En cas de coproduction déléguée, le crédit d’impôt est accordé à chacune des entreprises de production proportionnellement à sa part dans les dépenses exposées. 4. Lorsqu’une oeuvre cinématographique et une oeuvre audiovisuelle sont réalisées simultanément à partir d’éléments artistiques et techniques communs, les dépenses mentionnées au III communes à la production de ces deux oeuvres ne peuvent être éligibles qu’au titre d’un seul crédit d’impôt. Les dépenses mentionnées au III qui ne sont pas communes à la production de ces deux oeuvres ouvrent droit à un crédit d’impôt dans les conditions prévues au présent article. VII. – Les crédits d’impôt obtenus pour la production d’une même oeuvre cinématographique ou audiovisuelle ne peuvent avoir pour effet de porter à plus de 50 % du budget de production le montant total des aides publiques accordées. Ce seuil est porté à 60 % pour les oeuvres cinématographiques ou audiovisuelles difficiles et à petit budget définies par décret. VIII. – Un décret fixe les conditions d’application du présent article.

Ce que dit l’article 220 sexies du CGI

L’article 220 sexies institue un crédit d’impôt production cinématographique destiné aux entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés qui exercent des fonctions de production déléguée. Ce dispositif fiscal avantageux s’applique aux œuvres cinématographiques de longue durée et aux œuvres audiovisuelles agréées (fiction, documentaire, animation, adaptation de spectacles). Le crédit d’impôt audiovisuel est conditionné au respect de la législation sociale et à l’obtention d’un agrément provisoire délivré par le Centre national du cinéma (CNC).

Application pratique

Pour les TPE/PME

Les petites entreprises de production bénéficient de taux préférentiels selon le type d’œuvre produite. Par exemple, une PME produisant un film d’animation français peut prétendre à un crédit d’impôt de 30% sur ses dépenses éligibles françaises. Pour un budget de production de 2 millions d’euros, avec 80% de dépenses éligibles (1,6 million), le crédit d’impôt atteindrait 480 000 euros, représentant un avantage fiscal considérable pour optimiser la trésorerie.

Pour les professions libérales et avocats

Les avocats spécialisés en droit de l’audiovisuel conseillant des sociétés de production doivent maîtriser ce dispositif. L’article 220 sexies impose des contraintes juridiques strictes : respect du droit du travail, conditions de nationalité du personnel, plafonnement des aides publiques à 50% du budget (60% pour les œuvres difficiles). La structuration juridique des coproductions internationales nécessite une expertise pointue pour optimiser l’éligibilité.

Pour les auto-entrepreneurs

Les auto-entrepreneurs du secteur audiovisuel (réalisateurs, techniciens) ne peuvent directement bénéficier de ce crédit d’impôt, réservé aux entreprises à l’IS. Cependant, ils peuvent être rémunérés par des sociétés de production éligibles, leurs honoraires entrant dans l’assiette des dépenses éligibles. Une évolution vers une structure sociétaire peut être envisagée pour les projets d’envergure.

Points d’attention

Le calcul du crédit d’impôt présente plusieurs subtilités : plafonnement des dépenses éligibles à 80% du budget de production, limites par minute pour l’audiovisuel (exemple : 3 000€/minute pour l’animation), déduction obligatoire des subventions publiques. Les rémunérations du réalisateur sont plafonnées selon un barème progressif : 15% pour la tranche inférieure à 4M€, 8% entre 4M€ et 7M€, 5% au-delà de 7M€. Le crédit d’impôt cinéma est plafonné à 30 millions d’euros par œuvre cinématographique.

Articles du CGI liés

L’article 220 sexies s’articule avec l’article 39 (définition des liens de dépendance), l’article 206 (champ d’application de l’IS), et les articles 44 sexies à 44 septdecies (exonérations diverses). La cohérence avec le régime des déficits reportables (article 209) et des autres crédits d’impôt sectoriels doit être vérifiée.

Conseil AdvizExperts

Notre cabinet d’expertise comptable à Paris 8 accompagne les entreprises de production dans l’optimisation du crédit d’impôt audiovisuel. Nous sécurisons le montage financier, vérifions l’éligibilité des dépenses et gérons les démarches d’agrément auprès du CNC. Notre expertise permet de maximiser l’avantage fiscal tout en respectant les contraintes réglementaires, essentielles pour la viabilité des projets culturels.

Questions fréquentes sur l’article 220 sexies

Quel est le taux du crédit d'impôt pour la production cinématographique ?

Le taux varie selon le type d'œuvre : 30% pour les œuvres cinématographiques françaises, 25% pour l'audiovisuel fiction/animation, 20% pour les autres productions et 10% pour l'adaptation de spectacles.

Quelles dépenses sont éligibles au crédit d'impôt production audiovisuelle ?

Les dépenses éligibles incluent les rémunérations d'auteurs, artistes-interprètes, personnels techniques, frais d'industries techniques, transport, hébergement et restauration liés à la production en France.

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