Texte officiel de l’article 220 terdecies du CGI
I. – Les entreprises de création de jeux vidéo soumises à l’impôt sur les sociétés ou exonérées en application des articles 44 sexies , 44 sexies A , 44 octies A, 44 duodecies , 44 quindecies, 44 quindecies A, 44 sexdecies et 44 septdecies peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt au titre des dépenses mentionnées au IV du présent article engagées jusqu’au 31 décembre 2031 en vue de la création de jeux vidéo agréés. Le bénéfice du crédit d’impôt est subordonné au respect, par les entreprises de création de jeux vidéo, de la législation sociale en vigueur. II. – Est considéré comme un jeu vidéo tout logiciel de loisir mis à la disposition du public sur un support physique ou en ligne intégrant des éléments de création artistique et technologique, proposant à un ou plusieurs utilisateurs une série d’interactions s’appuyant sur une trame scénarisée ou des situations simulées et se traduisant sous forme d’images animées, sonorisées ou non. III. – 1. – Les jeux vidéo ouvrant droit au bénéfice du crédit d’impôt doivent répondre aux conditions suivantes : 1° Avoir un coût de développement supérieur ou égal à 100 000 € ; 2° Etre destinés à une commercialisation effective auprès du public ; 3° Etre réalisés principalement avec le concours d’auteurs et de collaborateurs de création qui sont, soit de nationalité française, soit ressortissants d’un autre Etat membre de l’Union européenne, ou d’un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales. Les étrangers, autres que les ressortissants européens précités, ayant la qualité de résidents français sont assimilés aux citoyens français ; 4° Contribuer au développement de la création française et européenne en matière de jeux vidéo ainsi qu’à sa diversité en se distinguant notamment par la qualité, l’originalité ou le caractère innovant du concept et le niveau des dépenses artistiques. Le respect des conditions de création prévues aux 3° et 4° est vérifié au moyen d’un barème de points dont le contenu est fixé par décret. 2. – N’ouvrent pas droit au bénéfice du crédit d’impôt les jeux vidéo comportant des séquences à caractère pornographique ou de très grande violence, susceptibles de nuire gravement à l’épanouissement physique, mental ou moral des utilisateurs. A l’exception de ceux comportant des séquences à caractère pornographique ou de très grande violence, les jeux vidéo spécifiquement destinés à un public d’adultes et qui sont commercialisés comme tels ouvrent droit au crédit d’impôt dès lors que leur contribution au développement et à la diversité de la création française et européenne en matière de jeux vidéo présente un niveau particulièrement significatif, déterminé au moyen du barème de points mentionné au 4° du 1. IV. – 1. – Pour la création d’un jeu vidéo déterminé, le crédit d’impôt calculé au titre de chaque année est égal à 30 % du montant total des dépenses suivantes, correspondant à des opérations effectuées en France, dans un autre Etat membre de l’Union européenne, ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales, dès lors qu’elles entrent dans la détermination du résultat imposable : 1° Les dotations aux amortissements des immobilisations créées ou acquises à l’état neuf et affectées directement à la création du jeu vidéo dans les conditions prévues au III. Les dotations aux amortissements des immeubles ne sont pas retenues dans la base de calcul du crédit d’impôt ; 2° Les rémunérations versées aux auteurs au sens de l’article L. 113-1 du code de la propriété intellectuelle ayant participé à la création du jeu vidéo, en application d’un contrat de cession de droits d’exploitation ainsi que les charges sociales afférentes ; 3° Les dépenses de personnel relatives aux salariés de l’entreprise affectés directement à la création du jeu vidéo répondant aux conditions prévues au III et les dépenses salariales des personnels techniques et administratifs qui y concourent, ainsi que les charges sociales afférentes ; 4° Les autres dépenses de fonctionnement, pour leur quote-part affectée à l’activité de création du jeu vidéo. Ces dépenses comprennent les achats de matières, fournitures et matériels, les loyers des immeubles, les frais d’entretien et de réparation afférents à ces immeubles, les frais de voyage et de déplacement, les frais de documentation technique et les frais postaux et de communication électronique ; 5° Les dépenses exposées pour la création d’un jeu vidéo répondant aux conditions prévues au III confiées à d’autres entreprises ou organismes. Ces dépenses entrent dans la base de calcul du crédit d’impôt dans la limite de 2 millions d’euros par exercice. 2. – Les dépenses mentionnées au 1 ouvrent droit au bénéfice du crédit d’impôt à compter de la date de réception par le président du Centre national du cinéma et de l’image animée d’une demande d’agrément provisoire. Cet agrément est délivré après sélection par un comité d’experts chargé de vérifier que le jeu vidéo remplit les conditions prévues au III. Seules ouvrent droit au crédit d’impôt les dépenses exposées dans les trente-six mois qui précèdent la date de délivrance de l’agrément définitif mentionnée à l’article 220 X . V. – Les subventions publiques reçues par les entreprises à raison des opérations ouvrant droit au bénéfice du crédit d’impôt sont déduites des bases de calcul de ce crédit d’impôt. VI. – Le crédit d’impôt est plafonné pour chaque entreprise à 6 millions d’euros par exercice. Lorsque l’exercice est d’une durée inférieure ou supérieure à douze mois, le montant du plafond est diminué ou augmenté dans les mêmes proportions que la durée de l’exercice. VII. – Les conditions d’application du présent article, notamment celles relatives à la délivrance de l’agrément provisoire et aux obligations déclaratives incombant aux entreprises, sont fixées par décret.
Questions fréquentes sur l’article 220 terdecies
Quel est le taux du crédit d'impôt jeux vidéo ?
Le crédit d'impôt jeux vidéo s'élève à 30% des dépenses éligibles engagées pour la création de jeux vidéo agréés. Il est plafonné à 6 millions d'euros par entreprise et par exercice.
Quelles sont les conditions pour bénéficier du crédit d'impôt jeux vidéo ?
Le jeu doit avoir un coût de développement d'au moins 100 000€, être destiné à la commercialisation, réalisé principalement avec des créateurs français/européens et contribuer à la diversité créative française.
Ce que dit l’article 220 terdecies du CGI
L’article 220 terdecies institue un crédit impôt jeux vidéo de 30% pour les entreprises de création soumises à l’IS. Ce dispositif fiscal, applicable jusqu’au 31 décembre 2031, vise à soutenir l’industrie française du gaming en favorisant la création de contenus innovants et diversifiés.
Le crédit d’impôt s’applique aux dépenses éligibles engagées pour la création de jeux vidéo agréés par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Les entreprises exonérées d’IS sous certains régimes peuvent également en bénéficier, élargissant ainsi l’accès à ce dispositif incitatif.
Application pratique du crédit d’impôt jeux vidéo
Conditions d’éligibilité des jeux vidéo
Pour bénéficier du crédit impôt jeux vidéo, plusieurs critères cumulatifs s’appliquent. Le coût de développement doit atteindre au minimum 100 000€, excluant ainsi les projets de très petite envergure. Le jeu doit être destiné à une commercialisation effective auprès du public, avec une contribution significative à la création française et européenne.
L’agrément CNC constitue un passage obligé, vérifié selon un barème de points. Les jeux à caractère pornographique ou de très grande violence sont exclus, sauf exceptions pour les contenus adultes présentant un niveau créatif particulièrement significatif.
Dépenses éligibles et calcul du crédit
Le crédit d’impôt couvre 30% des dépenses suivantes : amortissements d’immobilisations neuves (hors immeubles), rémunérations d’auteurs avec charges sociales, salaires du personnel affecté au projet, autres frais de fonctionnement et sous-traitance (plafonnée à 2 millions d’euros par exercice).
Exemple concret : une startup parisienne développant un jeu d’aventure avec 500 000€ de dépenses éligibles pourra bénéficier d’un crédit d’impôt de 150 000€. Les subventions publiques reçues sont déduites de la base de calcul.
Points d’attention pour les entreprises
L’agrément CNC jeux vidéo nécessite une demande d’agrément provisoire, condition sine qua non pour ouvrir droit au crédit d’impôt. Seules les dépenses exposées dans les 36 mois précédant l’agrément définitif sont éligibles, imposant une planification rigoureuse des investissements.
Le plafond de 6 millions d’euros par exercice peut limiter les très gros projets AAA, mais reste largement suffisant pour la majorité des studios français. La localisation géographique des opérations doit respecter le périmètre France/UE/EEE avec convention fiscale.
Articles du CGI liés
L’article 220 X détaille les modalités d’agrément définitif, tandis que les articles 44 sexies à 44 septdecies concernent les régimes d’exonération compatibles. La cohérence avec l’article L. 113-1 du Code de la propriété intellectuelle garantit la reconnaissance des droits d’auteur dans le calcul du crédit.
Conseil AdvizExperts
Chez AdvizExperts, nous accompagnons régulièrement les studios de jeux vidéo parisiens dans l’optimisation de ce crédit d’impôt. Notre expertise nous permet de maximiser l’éligibilité des dépenses tout en sécurisant la procédure d’agrément CNC. Une stratégie fiscale adaptée peut représenter un avantage concurrentiel déterminant dans cette industrie en forte croissance, particulièrement pour les TPE/PME du secteur créatif cherchant à financer leur développement.