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Article 39 duodecies CGI : Plus-values court et long terme

Article 39 duodecies 2 : Détermination des bénéfices imposables Mis à jour le 23 February 2026

Texte officiel de l’article 39 duodecies du CGI

1. Par dérogation aux dispositions de l’article 38 , les plus-values provenant de la cession d’éléments de l’actif immobilisé sont soumises à des régimes distincts suivant qu’elles sont réalisées à court ou à long terme. 2. Le régime des plus-values à court terme est applicable : a. Aux plus-values provenant de la cession d’éléments acquis ou créés depuis moins de deux ans. Le cas échéant, ces plus-values sont majorées du montant des amortissements expressément exclus des charges déductibles ainsi que de ceux qui ont été différés en méconnaissance des dispositions de l’article 39 B ; b. Aux plus-values réalisées à l’occasion de la cession d’éléments détenus depuis deux ans au moins, dans la mesure où elles correspondent à des amortissements déduits pour l’assiette de l’impôt. Le cas échéant, ces plus-values sont majorées du montant des amortissements expressément exclus des charges déductibles ainsi que de ceux qui ont été différés en contravention aux dispositions de l’article 39 B ; c. Aux plus-values réalisées à l’occasion de la cession de titres de sociétés établies dans un Etat ou territoire non coopératif au sens de l’ article 238-0 A autre que ceux mentionnés au 2° du 2 bis du même article 238-0 A détenus depuis deux ans au moins, sauf si la société détentrice de ces titres apporte la preuve que les opérations de la société établie hors de France dans laquelle est prise la participation correspondent à des opérations réelles qui n’ont ni pour objet ni pour effet de permettre, dans un but de fraude fiscale, la localisation de bénéfices dans un tel Etat ou territoire. 3. Le régime des plus-values à long terme est applicable aux plus-values autres que celles définies au 2. 4. Le régime des moins-values à court terme s’applique : a. aux moins-values subies lors de la cession de biens non amortissables détenus depuis moins de deux ans ; b. aux moins-values subies lors de la cession de biens amortissables, quelle que soit la durée de leur détention. Le cas échéant, ces moins-values sont diminuées du montant des amortissements expressément exclus des charges déductibles ainsi que de ceux qui ont été différés en contravention aux dispositions de l’article 39 B. 5. Le régime des moins-values à long terme s’applique aux moins-values autres que celles définies au 4. 6. Pour l’application du présent article, les cessions de titres compris dans le portefeuille sont réputées porter par priorité sur les titres de même nature acquis ou souscrits à la date la plus ancienne. Pour l’application de ces dispositions, les titres inscrits dans une comptabilité auxiliaire d’affectation qui sont soumis aux règles de l’article L. 134-4 , de l’article L. 142-5, de l’ article L. 143-7 , du VII de l’ article L. 144-2 , de l’article L. 381-2 ou de l’ article L. 441-8 du code des assurances, constituent un portefeuille distinct. Pour l’application des dispositions du premier alinéa, les titres reçus en rémunération d’un apport partiel d’actif ou d’une scission soumis au régime prévu à l’article 210 B et ceux qui sont acquis ou souscrits indépendamment de l’opération d’apport ou de scission constituent deux catégories distinctes de titres jusqu’à la fin du délai de trois ans prévu à l’article 210 B. Les cessions de titres intervenues dans ce délai sont réputées porter en priorité sur les titres acquis ou souscrits indépendamment de l’opération d’apport ou de scission. 6 bis. Le régime fiscal des plus et moins-values à long terme prévu par le présent article et les articles suivants n’est pas applicable à la quote-part des profits distribués par un fonds de placement immobilier mentionné à l’article 239 nonies . 6 ter. Le régime fiscal des plus et moins-values prévu au présent article s’applique aux cessions de parts d’un fonds de placement immobilier mentionné à l’article 239 nonies lorsque l’actif du fonds est, au moment de la cession des parts, constitué, pour plus de 50 % de sa valeur, par des immeubles auxquels sont affectés, en vue de leur location, des meubles meublants, biens d’équipement ou biens meubles affectés à ces immeubles et nécessaires au fonctionnement, à l’usage ou à l’exploitation de ces derniers par un tiers, mentionnés à l’article L. 214-34 du code monétaire et financier et si le porteur de parts est considéré comme exerçant à titre professionnel, au sens du IV de l’ article 155 du présent code . Le montant de la plus-value est alors majoré des fractions d’amortissement théorique des immeubles déduites dans les conditions mentionnées au 2 du II de l’article 239 nonies et qui n’ont pas fait l’objet d’une réintégration en application du f du 1 du même II. 7. DISPOSITIONS APPLICABLES AUX CONTRATS CONCLUS JUSQU’AU 31 DECEMBRE 1995. Le régime fiscal des plus-values prévu par le présent article et les articles suivants n’est pas applicable aux plus-values réalisées par les sociétés de crédit-bail ou plus généralement les sociétés qui ont pour objet social la location d’équipements, sur la vente des éléments de l’actif immobilisé faisant l’objet d’une location dans le cadre de leur activité. DISPOSITIONS APPLICABLES AUX CONTRATS CONCLUS A COMPTER DU 1er JANVIER 1996. Le régime fiscal des plus-values prévu par le présent article et les articles suivants n’est pas applicable aux plus-values réalisées : a. par les entreprises effectuant des opérations visées aux 1 et 2 de l’article L. 313-7 du code monétaire et financier lors de la cession des éléments de leur actif immobilisé faisant l’objet d’un contrat de crédit-bail ; b. par les sociétés qui ont pour objet social la location d’équipements lors de la cession des éléments de l’actif immobilisé faisant l’objet d’une location dans le cadre de leur activité. Ces dispositions ne s’appliquent que lorsque l’élément cédé a été préalablement loué avant d’être vendu et que l’acheteur est le locataire lui-même. 8. En cas de cession par le prêteur ou le constituant initial de titres restitués à l’issue d’un prêt mentionné à l’ article L. 211-22 du code monétaire et financier ou d’une remise en garantie réalisée dans les conditions prévues à l’article 38 bis-0 A bis, le délai de deux ans prévu aux 2 et 4 s’apprécie à compter de la date de la première inscription à son bilan des titres restitués. 9. Lorsque la vente d’un élément de l’actif immobilisé est annulée ou résolue pendant un exercice postérieur à celui au cours duquel la vente est intervenue, le cédant inscrit à son bilan cet élément ainsi que les amortissements et provisions de toute nature y afférents tels qu’ils figuraient dans ses comptes annuels à la date de la cession. La somme correspondant au montant de la plus-value à long terme réalisée au titre de la vente de l’élément en cause est admise en déduction directement ou sous forme de provisions, selon le régime applicable aux moins-values à long terme. Il en est de même en cas de réduction du prix de cession postérieurement à la clôture de l’exercice au cours duquel la cession est réalisée. Dans ce cas, la perte correspondante est soumise au régime des moins-values à long terme dans la limite de la plus-value de cession qui a été considérée comme une plus-value à long terme. Lorsque la vente ayant donné lieu à la constatation d’une moins-value à long terme est annulée ou résolue, le profit qui en résulte est imposable selon le régime des plus-values à long terme. Ces dispositions sont applicables pour la détermination des résultats des exercices clos à compter du 31 décembre 1992. 10. Lorsqu’une société ou un organisme qui cesse d’être soumis à l’un des régimes mentionnés au premier alinéa du II de l’article 202 ter cède des éléments de l’actif immobilisé inscrits au bilan d’ouverture du premier exercice ou de la première période d’imposition dont les résultats sont soumis à l’impôt sur les sociétés, le délai de deux ans prévu aux 2 et 4 est apprécié à compter de la date d’ouverture de cet exercice ou de cette période d’imposition. La fraction de la plus-value correspondant aux amortissements visés au deuxième alinéa du II du même article est considérée comme à court terme pour l’application du b du 2. 11. Les plus-values mentionnées au 1 sont minorées du montant résultant de l’engagement de partage dû en application des articles L. 23-11-1 à L. 23-11-4 du code de commerce . 12. Le régime fiscal des plus ou moins-values prévu au présent article s’applique aux cessions de titres d’une société issue d’une opération de fusion ou de scission sans échange de titres au sens des 3° ou 4° du II de l’article L. 236-3 du code de commerce. Lorsque la plus ou moins-value mentionnée au premier alinéa du présent 12 relève du régime des plus ou moins-values à long terme, mais que les titres de la société absorbée ou scindée ont été acquis depuis moins de deux ans à la date de la cession, la plus ou moins-value correspondant à la quote-part de valeur de ces titres ajoutée à celle des titres de la société bénéficiaire des apports réalisés lors de l’opération de fusion ou de scission, est calculée distinctement. La plus ou moins-value ainsi calculée est considérée comme une plus ou moins-value à court terme. Lorsque la plus ou moins-value mentionnée au premier alinéa du présent 12 relève du régime des plus ou moins-values à court terme, mais que les titres de la société absorbée ou scindée, éligibles au régime des plus ou moins-values à long terme, ont été acquis depuis plus de deux ans à la date de la cession, la plus ou moins-value correspondant à la quote-part de valeur de ces titres ajoutée à celle des titres de la société bénéficiaire des apports réalisés lors de l’opération de fusion ou de scission est calculée distinctement. La plus ou moins-value ainsi calculée est considérée comme une plus ou moins-value à long terme. La plus ou moins-value correspondant à la quote-part de valeur des titres de la société absorbée ou scindée mentionnée aux deuxième et troisième alinéas du présent 12 est égale à la différence entre, d’une part, la fraction du prix de cession des titres mentionnés au premier alinéa du présent 12 obtenue après application du rapport entre la valeur vénale des titres de la société absorbée ou scindée et la somme de cette même valeur et de la valeur vénale des titres de la société absorbante ou bénéficiaire au jour de la fusion ou de la scission et, d’autre part, le prix de revient des titres de la société absorbée ou scindée.

Ce que dit l’article 39 duodecies du CGI

L’article 39 duodecies du Code général des impôts établit le régime fiscal des plus-values professionnelles court et long terme pour les entreprises. Ce texte fondamental distingue deux régimes d’imposition selon la durée de détention des éléments de l’actif immobilisé cédés.

Le critère principal repose sur la règle des deux ans : les plus-values réalisées sur des biens détenus depuis moins de deux ans relèvent du régime court terme et sont imposées comme des bénéfices ordinaires. Au-delà de deux ans, elles bénéficient du régime long terme avec un taux d’imposition réduit à 12,80% (plus prélèvements sociaux).

Application pratique des régimes de plus-values

Pour les TPE/PME

Une PME qui cède un matériel industriel acquis 50 000 € il y a 18 mois pour 60 000 € réalisera une plus-value à court terme de 10 000 €. Cette plus-value sera imposée au taux normal de l’impôt sur les sociétés (25% ou 15% selon le CA). En revanche, si la cession intervient après 3 ans de détention, la plus-value de 10 000 € sera imposée au taux réduit de 12,80%.

Pour les professions libérales et avocats

Les professionnels libéraux soumis à l’impôt sur le revenu peuvent également bénéficier de ces régimes. Un avocat qui cède son cabinet après 5 ans verra la plus-value imposée au régime long terme. Attention : la fraction correspondant aux amortissements déduits reste imposable à court terme même après 2 ans de détention.

Pour les auto-entrepreneurs

Les auto-entrepreneurs relevant du régime micro ne sont pas concernés par ces dispositions, leurs plus-values étant intégrées dans leur chiffre d’affaires et soumises au prélèvement libératoire forfaitaire.

Points d’attention particuliers

L’article prévoit plusieurs situations spécifiques : les titres de sociétés établies dans des États non coopératifs restent imposables à court terme même après 2 ans de détention. Les opérations de crédit-bail font l’objet de règles particulières détaillées à l’article 39 duodecies A.

Pour les cessions de portefeuilles de titres, la règle FIFO (premier entré, premier sorti) s’applique automatiquement. Les entreprises doivent donc identifier précisément les dates d’acquisition pour optimiser leur imposition.

Articles du CGI liés

L’article 39 duodecies s’articule avec l’article 38 (bénéfices imposables), l’article 39 B (amortissements), l’article 39 duodecies A (crédit-bail) et l’article 238-0 A (États non coopératifs). Ces textes forment un ensemble cohérent régissant la fiscalité des plus-values professionnelles.

Conseil AdvizExperts

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Questions fréquentes sur l’article 39 duodecies

Comment distinguer une plus-value à court terme d'une plus-value à long terme ?

La plus-value est à court terme si l'élément cédé a été acquis depuis moins de 2 ans, ou si elle correspond à des amortissements déduits. Sinon, elle relève du régime long terme avec un taux d'imposition réduit.

Les plus-values sur titres sont-elles soumises au même régime ?

Oui, les plus-values sur titres suivent la règle des 2 ans de détention. Attention aux titres de sociétés dans des États non coopératifs qui restent imposables à court terme même après 2 ans.

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