Texte officiel de l’article 39 quinquies GC du CGI
I. – Les entreprises d’assurances, les fonds de retraite professionnelle supplémentaire mentionnés à l’article L. 381-1 du code des assurances, les mutuelles ou unions de retraite professionnelle supplémentaire mentionnées à l’article L. 214-1 du code de la mutualité ou les institutions de retraite professionnelle supplémentaire mentionnées à l’article L. 942-1 du code de la sécurité sociale peuvent constituer en franchise d’impôt une provision destinée à faire face à la perte globale de gestion afférente à l’ensemble des contrats d’assurance sur la vie, de nuptialité, de natalité et de capitalisation. II. – Pour chaque ensemble de contrats stipulant une clause de participation aux bénéfices et un taux garanti identiques et au titre de chacun des exercices clos pendant la durée de ceux-ci, il est établi un bilan prévisionnel des produits et des charges futurs de gestion actualisés afférents à cet ensemble de contrats. Cette durée tient compte des opérations futures de rachat et de réduction, dans la limite de 80 % de la moyenne de celles intervenues au cours de l’exercice considéré et des deux exercices précédents. Pour l’établissement de ces bilans, sont pris en compte : a) les produits correspondant aux frais de gestion prévus contractuellement, aux commissions de réassurance perçues pour couvrir de tels frais, ainsi qu’aux produits de placements résiduels après déduction des sommes prélevées sur ces produits pour couvrir les frais de gestion et des charges techniques et financières résultant des clauses contractuelles. Les produits de placements sont calculés en appliquant le taux de rendement pondéré de ces placements à la moyenne annuelle des provisions mathématiques afférentes aux contrats visés au I, calculée au titre des exercices concernés. Pour les obligations et titres assimilés, le taux de rendement pondéré est calculé sur la base de leur rendement hors plus-values jusqu’à la date d’amortissement, et pour le remploi des sommes correspondant au montant de leurs coupons et au prix de remboursement de ces titres, de 75 % du taux moyen semestriel des emprunts d’Etat. Toutefois, ce pourcentage est fixé à 60 % pour les remplois devant intervenir à compter de la sixième année suivant la date de la clôture de l’exercice considéré. Pour les autres actifs, ce taux est calculé sur la base de 70 % du taux de rendement pondéré moyen, hors plus-values, des obligations et titres assimilés constaté au titre de l’exercice considéré et des deux exercices précédents ; b) les charges correspondant aux frais d’administration, aux frais de gestion des sinistres et aux frais internes et externes de gestion des placements retenus pour l’évaluation des produits, dans la limite du montant moyen des mêmes charges engagées au titre de l’exercice considéré et des deux exercices précédents. Le taux d’actualisation des produits et des charges futurs de gestion est le taux défini au a. III. – Le montant de la provision est égal à la somme des soldes débiteurs des bilans prévisionnels visés au II. IV. – La dotation pratiquée à la clôture de l’exercice considéré est, à la date de clôture de l’exercice suivant, comparée à la dotation qui aurait été pratiquée à la clôture de l’exercice considéré si les produits des placements avaient été calculés en retenant le taux de rendement réel de ces placements calculé au titre de ce dernier exercice. Lorsque la dotation effectivement pratiquée est supérieure, une somme égale au produit d’une fraction de l’écart global entre les deux dotations par le taux mentionné au premier alinéa du 3 du II de l’article 238 septies E constaté à la clôture de l’exercice considéré est alors comprise dans le résultat imposable de cet exercice. Cette fraction est égale à la somme des excédents de provisions constatés au titre de chacun des exercices couverts par la dotation en cause, diminués d’un cinquième de leur montant par exercice clos entre le premier jour du second exercice suivant celui au titre duquel la dotation a été pratiquée et la date de clôture de ces exercices, dans la limite des quatre cinquièmes de ces excédents. Pour l’application de la phrase qui précède, l’écart global est affecté en priorité aux excédents constatés au titre des exercices les plus proches (1). (1) Les dispositions de cet article s’appliquent pour la détermination du résultat des exercices clos à compter du 31 décembre 1998.
Questions fréquentes sur l’article 39 quinquies GC
Quelles entreprises peuvent constituer une provision pour perte globale de gestion selon l'article 39 quinquies GC ?
Les entreprises d'assurances, fonds de retraite professionnelle supplémentaire, mutuelles et institutions de retraite peuvent constituer cette provision en franchise d'impôt. Elle concerne spécifiquement les contrats d'assurance vie, de nuptialité, de natalité et de capitalisation.
Comment est calculé le montant de la provision pour perte globale de gestion ?
Le montant correspond à la somme des soldes débiteurs des bilans prévisionnels établis pour chaque ensemble de contrats. Ces bilans intègrent les produits et charges futurs actualisés sur la durée des contrats, avec des taux de rendement spécifiques selon les actifs.
Ce que dit l’article 39 quinquies GC du CGI
L’article 39 quinquies GC du Code général des impôts autorise les entreprises d’assurances et organismes de retraite à constituer une provision pour perte globale de gestion en franchise d’impôt. Cette disposition fiscale spécifique concerne exclusivement les contrats d’assurance sur la vie, de nuptialité, de natalité et de capitalisation. L’objectif est de permettre aux assureurs d’anticiper les pertes futures liées à la gestion de ces contrats long terme.
Le mécanisme repose sur l’établissement d’un bilan prévisionnel des produits et charges futurs actualisés pour chaque ensemble de contrats homogènes. Cette approche prospective permet une gestion prudentielle des risques financiers inhérents aux engagements d’assurance vie.
Application pratique
Calcul de la provision
Pour déterminer le montant de la provision, l’assureur doit établir un bilan prévisionnel intégrant plusieurs éléments. Côté produits : frais de gestion contractuels, commissions de réassurance et produits de placements résiduels. Le taux de rendement des obligations est calculé sur la base de 75% du taux des emprunts d’État (60% au-delà de la 6e année), tandis que les autres actifs sont évalués à 70% du taux moyen des obligations.
Côté charges : frais d’administration, gestion des sinistres et coûts de gestion des placements, plafonnés au montant moyen des trois derniers exercices. Par exemple, un assureur gérant 100 millions d’euros de provisions mathématiques avec un taux de rendement de 2,5% devra intégrer ces paramètres dans son calcul prévisionnel.
Mécanisme de régularisation
L’article 39 quinquies GC prévoit un système de contrôle a posteriori. La dotation effectuée est comparée l’année suivante à celle qui aurait été calculée avec le taux de rendement réel. En cas d’excédent de provision, une fraction de cet écart est réintégrée au résultat imposable selon un mécanisme dégressif sur plusieurs exercices.
Points d’attention
Conditions d’application strictes : La provision ne s’applique qu’aux contrats avec clause de participation aux bénéfices et taux garanti identiques. Les opérations de rachat et réduction sont limitées à 80% de la moyenne des trois derniers exercices. Cette limitation vise à éviter les provisionnements excessifs basés sur des hypothèses trop pessimistes.
Complexité technique : Le calcul nécessite une expertise actuarielle pointue pour déterminer les flux futurs actualisés. Les entreprises doivent disposer d’outils de projection sophistiqués et d’une comptabilité analytique détaillée par ensemble de contrats.
Articles du CGI liés
Cette provision s’inscrit dans l’arsenal fiscal spécifique aux assureurs, aux côtés des articles 39 quinquies GA (provision assurance crédit) et 39 quinquies GB (provision fluctuation sinistralité). L’article 238 septies E, référencé dans le texte, définit les taux applicables au mécanisme de régularisation. Ces dispositions forment un ensemble cohérent de mesures fiscales adaptées aux spécificités du secteur de l’assurance.
Conseil AdvizExperts
Chez AdvizExperts, nous recommandons aux entreprises d’assurance de procéder à une analyse approfondie avant de mettre en œuvre cette provision. Notre expertise en fiscalité des entreprises nous permet d’accompagner nos clients dans l’optimisation de leur stratégie fiscale. Nous proposons une modélisation personnalisée des flux futurs et un suivi rigoureux des mécanismes de régularisation pour maximiser les avantages fiscaux tout en respectant la réglementation. N’hésitez pas à nous consulter pour une étude spécifique à votre situation.