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Article 80 duodecies CGI : Fiscalité indemnités de rupture

Article 80 duodecies 1 : Définition des revenus imposables Mis à jour le 23 February 2026

Texte officiel de l’article 80 duodecies du CGI

1. Toute indemnité versée à l’occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. Ne constituent pas une rémunération imposable : 1° Les indemnités mentionnées aux articles L. 1235-1, L. 1235-2, L. 1235-3, L. 1235-3-1, L. 1235-11 à L. 1235-13, L. 1235-16, au 7° de l’article L. 1237-18-2 et au 5° de l’article L. 1237-19-1 du code du travail ainsi que celles versées dans le cadre des mesures prévues au 7° du même article L. 1237-19-1 ; 2° Les indemnités de licenciement ou de départ volontaire versées dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi au sens des articles L. 1233-32 et L. 1233-61 à L. 1233-64 du code du travail ; 3° La fraction des indemnités de licenciement versées en dehors du cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi au sens des articles L. 1233-32 et L. 1233-61 à L. 1233-64 du code du travail, qui n’excède pas : a) Soit deux fois le montant de la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l’année civile précédant la rupture de son contrat de travail, ou 50 % du montant de l’indemnité si ce seuil est supérieur, dans la limite de six fois le plafond mentionné à l’article L. 241-3 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement des indemnités ; b) Soit le montant de l’indemnité de licenciement prévue par la convention collective de branche, par l’accord professionnel ou interprofessionnel ou, à défaut, par la loi ; 4° La fraction des indemnités de mise à la retraite qui n’excède pas : a) Soit deux fois le montant de la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l’année civile précédant la rupture de son contrat de travail, ou 50 % du montant de l’indemnité si ce seuil est supérieur, dans la limite de cinq fois le plafond mentionné à l’article L. 241-3 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement des indemnités ; b) Soit le montant de l’indemnité de mise à la retraite prévue par la convention collective de branche, par l’accord professionnel ou interprofessionnel ou, à défaut, par la loi ; 5° (Abrogé) 6° La fraction des indemnités prévues à l’article L. 1237-13 du code du travail versées à l’occasion de la rupture conventionnelle du contrat de travail d’un salarié, ainsi que la fraction des indemnités prévues aux articles 3 et 7-2 de l’annexe à l’article 33 du Statut du personnel administratif des chambres de commerce et d’industrie et les indemnités spécifiques de rupture conventionnelle versées en application de l’article 39 bis du statut du personnel administratif des chambres de métiers et de l’artisanat et de son annexe XXVIII, versées à l’occasion de la cessation d’un commun accord de la relation de travail d’un agent, lorsqu’ils ne sont pas en droit de bénéficier d’une pension de retraite d’un régime légalement obligatoire, qui n’excède pas : a) Soit deux fois le montant de la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l’année civile précédant la rupture de son contrat de travail, ou 50 % du montant de l’indemnité si ce seuil est supérieur, dans la limite de six fois le plafond mentionné à l’article L. 241-3 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date de versement des indemnités ; b) Soit le montant de l’indemnité de licenciement prévue par la convention collective de branche, par l’accord professionnel ou interprofessionnel, par le Statut du personnel administratif des chambres de commerce et d’industrie, par le statut du personnel administratif des chambres de métiers et de l’artisanat ou, à défaut, par la loi. Le présent 6° est applicable aux indemnités spécifiques de rupture conventionnelle versées en application du I de l’article 72 de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique et de l’article L. 552-1 du code général de la fonction publique. 2. Constitue également une rémunération imposable toute indemnité versée, à l’occasion de la cessation de leurs fonctions, aux mandataires sociaux, dirigeants et personnes visés à l’article 80 ter . Toutefois, en cas de cessation forcée des fonctions, notamment de révocation, seule la fraction des indemnités qui excède trois fois le plafond mentionné à l’article L. 241-3 du code de la sécurité sociale est imposable.

Ce que dit l’article 80 duodecies du CGI

L’article 80 duodecies du CGI pose le principe fondamental que toute indemnité de rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable. Cependant, ce texte fiscal prévoit des exonérations importantes pour certaines catégories d’indemnités, permettant aux salariés de bénéficier d’un traitement fiscal avantageux lors de la cessation de leur contrat.

L’article distingue plusieurs types d’indemnités totalement exonérées : les indemnités prud’homales, celles versées dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, et applique des règles spécifiques pour les indemnités de licenciement, mise à retraite et rupture conventionnelle.

Application pratique des exonérations

Calcul des seuils d’exonération pour 2024

Pour les indemnités de licenciement hors PSE, l’exonération s’applique dans la limite du plus élevé entre : 2 fois la rémunération annuelle brute de l’année précédente ou 50% de l’indemnité versée, plafonné à 6 fois le plafond sécurité sociale (soit 275 760 € en 2024). Par exemple, un salarié avec 50 000 € de salaire annuel peut recevoir jusqu’à 100 000 € d’indemnité exonérée.

Les indemnités de mise à retraite bénéficient des mêmes règles, mais avec un plafond réduit à 5 fois le plafond sécurité sociale (229 800 € en 2024).

Rupture conventionnelle et article 80 duodecies

Les indemnités de rupture conventionnelle sont soumises aux mêmes règles d’exonération que les indemnités de licenciement. Cette disposition favorable permet aux employeurs et salariés de négocier des ruptures amiables sans pénalité fiscale excessive, dans les limites prévues par l’article 80 duodecies du CGI.

Points d’attention pour les employeurs

Pour les TPE/PME

Les dirigeants de TPE/PME doivent distinguer les indemnités versées aux salariés de celles versées aux dirigeants. L’article 80 duodecies précise que les indemnités des mandataires sociaux sont intégralement imposables, sauf en cas de cessation forcée où seule la fraction excédant 3 fois le plafond sécurité sociale est imposable.

Pour les professions libérales et avocats

Dans les cabinets d’avocats et professions libérales employant des salariés, l’application de l’article 80 duodecies du CGI permet d’optimiser les départs en respectant les seuils d’exonération. La planification des ruptures conventionnelles peut ainsi réduire significativement la charge fiscale.

Pour les auto-entrepreneurs

Les auto-entrepreneurs n’étant pas salariés, l’article 80 duodecies ne s’applique pas à leurs cessations d’activité. Leurs indemnités éventuelles relèvent d’autres régimes fiscaux.

Obligations déclaratives et calcul

L’employeur doit calculer précisément la fraction exonérée et imposable des indemnités. La partie imposable est soumise aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu selon le barème progressif. Une déclaration spécifique sur la DADS ou DSN permet de respecter les obligations de l’article 80 duodecies.

Conseil AdvizExperts

Chez AdvizExperts, cabinet d’expertise comptable spécialisé dans l’accompagnement des TPE/PME et professions libérales, nous recommandons une analyse préalable de chaque situation de rupture. L’optimisation fiscale permise par l’article 80 duodecies du CGI nécessite une approche personnalisée pour maximiser les exonérations tout en respectant les plafonds légaux. Notre expertise permet d’accompagner nos clients parisiens dans ces démarches complexes.

Questions fréquentes sur l’article 80 duodecies

Les indemnités de licenciement sont-elles toujours imposables selon l'article 80 duodecies ?

Non, l'article 80 duodecies du CGI prévoit des exonérations pour les indemnités de licenciement dans certaines limites : soit 2 fois la rémunération annuelle brute ou 50% de l'indemnité si supérieur, plafonné à 6 fois le plafond sécurité sociale. L'indemnité légale ou conventionnelle reste également exonérée.

Comment sont imposées les indemnités de rupture conventionnelle ?

Selon l'article 80 duodecies, les indemnités de rupture conventionnelle bénéficient des mêmes exonérations que les indemnités de licenciement : exonération dans la limite de 2 fois la rémunération annuelle brute ou du montant légal/conventionnel, avec un plafond à 6 fois le plafond de la sécurité sociale.

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