Texte officiel de l’article 1465 du CGI
Dans les zones d’aide à finalité régionale et pour les opérations réalisées à compter du 1er janvier 2007 et jusqu’au 31 décembre 2027, les communes et leurs établissements publics de coopération intercommunale dotés d’une fiscalité propre peuvent, par une délibération de portée générale prise dans les conditions prévues au I de l’article 1639 A bis , exonérer de la cotisation foncière des entreprises en totalité ou en partie les entreprises qui procèdent sur leur territoire, soit à des extensions ou créations d’activités industrielles ou de recherche scientifique et technique, ou de services de direction, d’études, d’ingénierie et d’informatique, soit à une reconversion dans le même type d’activités, soit à la reprise d’établissements en difficulté exerçant le même type d’activités. Pour les entreprises satisfaisant à la définition des petites et moyennes entreprises, au sens de l’annexe I au règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission, du 17 juin 2014, déclarant certaines catégories d’aides compatibles avec le marché intérieur en application des articles 107 et 108 du traité, l’exonération s’applique en cas d’investissement initial. Pour les entreprises ne satisfaisant pas à cette définition, l’exonération s’applique uniquement en cas d’investissement initial en faveur d’une nouvelle activité économique dans la zone concernée. La délibération instaurant l’exonération ne peut avoir pour effet de reporter de plus de cinq ans l’application du régime d’imposition de droit commun. Lorsqu’il s’agit d’extensions ou de créations d’établissements industriels ou de recherche scientifique et technique répondant à des conditions fixées par décret en tenant compte notamment soit du volume des investissements et du nombre des emplois créés, soit du seul volume des investissements, l’exonération est acquise sans autre formalité. Dans les autres cas, elle est soumise à agrément dans les conditions prévues à l’article 1649 nonies . Quand l’agrément est nécessaire pour des entreprises petites ou moyennes, il est accordé par une procédure décentralisée. Quand l’agrément n’est pas nécessaire, l’exonération porte sur l’augmentation nette des bases d’imposition résultant des immobilisations nouvelles appréciée par rapport à la dernière année précédant l’opération ou par rapport à la moyenne des trois dernières années si celle-ci est supérieure. L’entreprise ne peut bénéficier d’une exonération non soumise à agrément qu’à condition de l’avoir indiqué au service des impôts au plus tard lors du dépôt de la première déclaration dans laquelle doivent figurer les éléments nouveaux concernés. L’entreprise déclare chaque année les éléments entrant dans le champ d’application de l’exonération. Deux périodes d’exonération ne peuvent courir simultanément. L’exonération cesse pour la période restant à courir lorsqu’au cours de cette période l’entreprise ne remplit plus les conditions exigées pour l’obtention de cette exonération. Lorsque tout ou partie de la part communale de la cotisation foncière des entreprises acquittée par les entreprises implantées sur une zone d’activités économiques créée ou gérée par un groupement de communes est affectée à ce groupement en vertu de l’article 11 modifié de la loi n° 80-10 du 10 janvier 1980 portant aménagement de la fiscalité directe locale, celui-ci est substitué à la commune pour l’application du présent article. Nonobstant les dispositions de l’article L174 du livre des procédures fiscales, toute entreprise qui cesse volontairement son activité pendant une période d’exonération prévue au présent article, ou dans les cinq années suivant la fin de celle-ci, est tenue de verser les sommes qu’elle n’a pas acquittées au titre de la cotisation foncière des entreprises. Le bénéfice de l’exonération est subordonné au respect de l’article 14 du règlement (UE) n° 651/2014 de la Commission, du 17 juin 2014, précité. Un décret en Conseil d’Etat fixe les conditions d’application du présent article.
Questions fréquentes sur l’article 1465
Quelles entreprises peuvent bénéficier de l'exonération CFE en zones d'aide régionale ?
Les entreprises procédant à des créations, extensions d'activités industrielles, de recherche scientifique, services d'ingénierie ou reprises d'établissements en difficulté dans les zones d'aide à finalité régionale peuvent bénéficier de cette exonération jusqu'au 31 décembre 2027.
L'exonération CFE en zone d'aide régionale nécessite-t-elle un agrément ?
L'agrément n'est pas nécessaire pour les créations d'établissements industriels ou de recherche répondant aux critères de volume d'investissement et d'emplois créés fixés par décret. Dans les autres cas, un agrément selon l'article 1649 nonies est requis.
Ce que dit l’article 1465 du CGI
L’article 1465 du Code général des impôts instaure un dispositif d’exonération CFE zones aide régionale particulièrement avantageux pour les entreprises investissant dans les territoires prioritaires. Cette mesure, applicable jusqu’au 31 décembre 2027, permet aux communes et EPCI de délibérer pour exonérer totalement ou partiellement de cotisation foncière des entreprises les investisseurs réalisant des opérations de développement économique depuis le 1er janvier 2007.
Application pratique de l’exonération
Pour les TPE/PME
Les petites et moyennes entreprises bénéficient d’un régime privilégié : l’investissement initial PME suffit pour déclencher l’exonération, sans condition de nouvelle activité économique. Par exemple, une PME investissant 200 000 € dans une extension de son atelier en zone d’aide régionale peut obtenir une exonération CFE de 5 ans maximum, représentant une économie de 3 000 à 8 000 € annuels selon la valeur locative.
Pour les professions libérales et avocats
Les activités de services d’études, d’ingénierie et d’informatique entrent dans le champ d’application. Un cabinet d’avocats créant une antenne dans une zone éligible ou un consultant développant ses services numériques peut prétendre à cette exonération, sous réserve de respecter les seuils d’investissement.
Pour les auto-entrepreneurs
Bien que soumis au régime micro-fiscal, les auto-entrepreneurs restant assujettis à la CFE peuvent théoriquement bénéficier de cette exonération s’ils développent des activités éligibles et respectent les conditions d’investissement initial.
Points d’attention essentiels
L’agrément exonération fiscale constitue un prérequis crucial dans de nombreux cas. Les entreprises dépassant les seuils automatiques doivent obtenir cet agrément selon l’article 1649 nonies. La déclaration au service des impôts doit intervenir au plus tard lors du dépôt de la première déclaration incluant les nouveaux éléments. Attention : toute cessation volontaire d’activité pendant la période d’exonération ou dans les 5 années suivantes entraîne le reversement intégral des sommes non acquittées.
Articles du CGI liés
L’article 1465 s’articule avec l’article 1639 A bis pour les conditions de délibération, l’article 1649 nonies pour la procédure d’agrément, et respecte le règlement UE n°651/2014 concernant les aides d’État. Cette cohérence juridique garantit la sécurité du dispositif.
Conseil AdvizExperts
Notre cabinet AdvizExperts accompagne régulièrement les entreprises parisiennes dans l’optimisation de leurs implantations territoriales. L’exonération CFE en zones d’aide régionale représente un levier fiscal majeur, mais sa mise en œuvre exige une expertise pointue des critères d’éligibilité et des procédures déclaratives. Nous recommandons d’anticiper ces démarches dès la phase de projet d’investissement pour sécuriser les bénéfices fiscaux et éviter les écueils de procédure.