Texte officiel de l’article 151 septies A du CGI
I. – Les plus-values soumises au régime des articles 39 duodecies à 39 quindecies , autres que celles mentionnées au III, réalisées dans le cadre d’une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, sont exonérées lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° L’activité doit avoir été exercée pendant au moins cinq ans ; 2° La cession est réalisée à titre onéreux et porte sur une entreprise individuelle ou sur l’intégralité des droits ou parts détenus par un contribuable qui exerce son activité professionnelle dans le cadre d’une société ou d’un groupement dont les bénéfices sont, en application des articles 8 et 8 ter , soumis en son nom à l’impôt sur le revenu et qui sont considérés comme des éléments d’actif affectés à l’exercice de la profession au sens du I de l’article 151 nonies ; 3° Le cédant cesse toute fonction dans l’entreprise individuelle cédée ou dans la société ou le groupement dont les droits ou parts sont cédés et fait valoir ses droits à la retraite, dans les deux années suivant ou précédant la cession ; 4° Le cédant ne doit pas détenir, directement ou indirectement, plus de 50 % des droits de vote ou des droits dans les bénéfices sociaux de l’entreprise cessionnaire ; 5° L’entreprise individuelle cédée ou la société ou le groupement dont les droits ou parts sont cédés emploie moins de deux cent cinquante salariés et soit a réalisé un chiffre d’affaires annuel inférieur à 50 millions d’euros au cours de l’exercice, soit a un total de bilan inférieur à 43 millions d’euros ; 6° Le capital ou les droits de vote de la société ou du groupement dont les droits ou parts sont cédés ne sont pas détenus à hauteur de 25 % ou plus par une entreprise ou par plusieurs entreprises ne répondant pas aux conditions du 5°, de manière continue au cours de l’exercice. Pour la détermination de ce pourcentage, les participations de sociétés de capital-risque, des fonds communs de placement à risques, des fonds professionnels spécialisés relevant de l’article L. 214-37 du code monétaire et financier dans sa rédaction antérieure à l’ordonnance n° 2013-676 du 25 juillet 2013 modifiant le cadre juridique de la gestion d’actifs, des fonds professionnels de capital investissement, des sociétés de libre partenariat, des sociétés de développement régional, des sociétés financières d’innovation et des sociétés unipersonnelles d’investissement à risque ne sont pas prises en compte à la condition qu’il n’existe pas de lien de dépendance au sens du 12 de l’article 39 entre la société ou le groupement en cause et ces dernières sociétés ou ces fonds. Cette condition s’apprécie de manière continue au cours de l’exercice. I bis. – L’exonération prévue aux I et I quater s’applique dans les mêmes conditions aux plus-values en report d’imposition sur le fondement du I ter de l’article 93 quater, du a du I de l’article 151 octies , des I et II de l’article 151 octies A , du I de l’article 151 octies B et du premier alinéa du IV de l’article 151 nonies . I ter. – Sont également éligibles au présent dispositif, dans les conditions du I et pour la seule plus-value imposable au nom de l’associé, les cessions d’activité réalisées par les sociétés visées au 2° du I à condition qu’il soit procédé à la dissolution de la société de manière concomitante à la cession et que ledit associé fasse valoir ses droits à la retraite dans les deux années suivant ou précédant la cession. I quater. – A.-Sont également exonérées les plus-values de cession soumises au régime des articles 39 duodecies à 39 quindecies, autres que celles mentionnées au III du présent article, réalisées dans le cadre d’un contrat de cessions échelonnées d’une société ou d’un groupement agricole, lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° Le contrat porte sur l’intégralité des droits ou des parts détenus par un contribuable dans une société ou un groupement dont les bénéfices sont, en application des articles 8 et 8 ter, soumis en son nom à l’impôt sur le revenu et qui sont considérés, au jour de la première cession ou, s’il est antérieur, au jour précédant son départ à la retraite ou la cessation de ses fonctions, comme des éléments d’actif affectés à l’exercice de la profession, au sens du I de l’article 151 nonies ; 2° Le contribuable exerce, au jour de la première cession ou, s’il est antérieur, au jour précédant son départ à la retraite ou la cessation de ses fonctions, son activité professionnelle dans le cadre de la société ou du groupement dont les droits ou les parts sont cédés. Cette activité doit avoir été exercée pendant au moins cinq ans à cette date ; 3° Les cessions sont réalisées à titre onéreux au profit : a) D’une ou de plusieurs personnes physiques justifiant de l’octroi des aides à l’installation des jeunes agriculteurs mentionnées au I de l’article 73 B au titre de la première cession ; b) Ou d’une société ou d’un groupement dont chacun des associés ou des membres justifie de l’octroi des aides mentionnées au a du présent 3° au titre de la première cession ; 4° L’intégralité des droits ou des parts mentionnés au 1° doit être cédée dans un délai de six ans à compter de la première cession ; 5° Le cédant cesse toute fonction dans la société ou le groupement dont les droits ou les parts sont cédés et fait valoir ses droits à la retraite au plus tôt dans les deux années précédant la date de première cession et au plus tard dans les deux années suivant la date de la dernière cession ; 6° Le cédant ne détient ni directement ni indirectement de droits de vote ou de droits dans les bénéfices sociaux après la dernière cession ; 7° Le cédant respecte la condition prévue au 4° du I aux dates de la première et de la dernière cessions et pendant toute la période entre ces deux dates ; 8° Les conditions prévues aux 5° et 6° du même I sont respectées au jour de la première cession. B. – Les plus-values de cession exonérées, mentionnées au A du présent I quater, sont portées sur un état de suivi conforme au modèle fourni par l’administration, qui mentionne la date de chaque cession, la quotité de droits ou de parts transmise et les renseignements nécessaires au calcul des plus-values exonérées. Le cédant doit joindre cet état de suivi à sa déclaration de revenus. II. – L’exonération prévue au I est remise en cause si le cédant relève de la situation mentionnée au 4° du I à un moment quelconque au cours des trois années qui suivent la réalisation de l’opération ayant bénéficié du régime prévu au présent article. Lorsque l’une des conditions prévues aux 2° ou 3° du I n’est pas remplie au terme du délai prévu à ce même 3°, l’exonération prévue au I est remise en cause au titre de l’année au cours de laquelle intervient le terme de ce délai. II bis. – A.-L’exonération prévue au I quater est remise en cause au titre de l’année qui suit celle de la première cession si le cédant n’est pas en mesure de justifier, au plus tard à la date du dépôt de la déclaration de revenus relative à cette année, de l’octroi, aux cessionnaires mentionnés aux a et b du 3° du A du même I quater, des aides mentionnées au I de l’article 73 B. B.-Si le cédant ne remplit plus la condition mentionnée aux 6° ou 7° du A du I quater, l’exonération prévue au même I quater est remise en cause, pour l’ensemble des cessions, au titre de l’année au cours de laquelle cette condition n’est plus remplie. C.-Lorsque l’une des conditions prévues aux 4° ou 5° du A du I quater n’est pas remplie à l’expiration du délai prévu aux mêmes 4° et 5°, l’exonération prévue au même I quater est remise en cause, pour l’ensemble des cessions, au titre de l’année au cours de laquelle intervient l’expiration de ce délai. D.-Par dérogation au B du présent II bis, si le contrat de cessions échelonnées mentionné au premier alinéa du A du I quater fait l’objet d’une résiliation au sens de l’article 1229 du code civil, l’exonération prévue au I quater du présent article est remise en cause, pour l’ensemble des cessions réalisées, au titre de l’année au cours de laquelle intervient cette résiliation. III. – Sont imposées dans les conditions de droit commun les plus-values portant sur : 1° Des biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou des droits ou parts de sociétés dont l’actif est principalement constitué de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits ou parts de sociétés dont l’actif est principalement constitué des mêmes biens, droits ou parts ; 2° Des droits ou parts mentionnés au 2° du I lorsque l’actif de la société ou du groupement est principalement constitué de biens immobiliers bâtis ou non bâtis non affectés par la société ou le groupement à sa propre exploitation ou de droits ou parts de sociétés dont l’actif est principalement constitué des mêmes biens, droits ou parts. IV. – Par dérogation au 2° du I, la cession à titre onéreux d’une activité qui fait l’objet d’un contrat de location-gérance ou d’un contrat comparable peut bénéficier du régime mentionné au I si les conditions suivantes sont simultanément satisfaites : 1° L’activité est exercée depuis au moins cinq ans au moment de la mise en location ; 2° La cession est réalisée au profit du locataire ou, dans le respect du contrat, de toute autre personne, sous réserve que cette cession porte sur l’intégralité des éléments concourant à l’exploitation de l’activité qui a fait l’objet du contrat de location-gérance ou d’un contrat comparable. IV bis. – En cas de cession à titre onéreux de parts ou d’actions de sociétés passibles de l’impôt sur les sociétés ou d’un impôt équivalent ou soumises sur option à cet impôt, rendant imposable une plus-value en report d’imposition sur le fondement du I ter de l’article 93 quater , du a du I de l’article 151 octies, des I et II de l’article 151 octies A, du I de l’article 151 octies B ou du III de l’article 151 nonies, cette plus-value en report est exonérée, lorsque les conditions suivantes sont réunies : 1° Le cédant : a) Doit avoir exercé, de manière continue pendant les cinq années précédant la cession, l’une des fonctions énumérées au 1° du 1 du III de l’article 975 et dans les conditions prévues au même 1° dans la société dont les titres sont cédés ; b) Cesse toute fonction dans la société dont les titres sont cédés et fait valoir ses droits à la retraite, dans les deux années suivant ou précédant la cession ; c) Remplit la condition prévue au 4° du I ; 2° La cession porte sur l’intégralité des titres de la société ; 3° La société dont les titres sont cédés : a) Répond aux conditions prévues aux 5° et 6° du I ; b) A son siège social dans un État membre de l’Union européenne ou dans un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ; c) Doit avoir exercé, de manière continue pendant les cinq années précédant la cession, une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, à l’exception de la gestion de son propre patrimoine mobilier ou immobilier. L’exonération mentionnée au premier alinéa du présent IV bis est remise en cause si le cédant relève de la situation mentionnée au 4° du I à un moment quelconque au cours des trois années qui suivent la réalisation de la cession de l’intégralité des titres. Lorsque l’une des conditions prévues au b du 1° ou au 2° n’est pas remplie au terme du délai prévu à ce même b, l’exonération prévue au présent IV bis est remise en cause au titre de l’année au cours de laquelle intervient le terme de ce délai. V. – 1. L’indemnité compensatrice versée à un agent général d’assurances par la compagnie d’assurances qu’il représente à l’occasion de la cessation du mandat bénéficie du régime mentionné au I si les conditions suivantes sont réunies : a) Le contrat dont la cessation est indemnisée doit avoir été conclu depuis au moins cinq ans au moment de la cessation ; b) L’agent général d’assurances fait valoir ses droits à la retraite dans les deux années suivant la cessation du contrat ; c) L’activité est intégralement poursuivie dans le délai de deux ans. 2. Lorsque le régime de faveur prévu au 1 s’applique, l’agent général d’assurances qui cesse son activité est assujetti, sur le montant de l’indemnité compensatrice, à une taxe exceptionnelle établie selon le tarif prévu à l’article 719 . Cette taxe est établie, contrôlée et recouvrée comme l’impôt sur le revenu et sous les mêmes garanties et sanctions. Un décret détermine les modalités d’application du présent 2 et les obligations déclaratives incombant aux redevables et aux compagnies d’assurances. VI. – L’option pour le bénéfice du régime défini au présent article est exclusive de celui des régimes prévus au I ter de l’article 93 quater et aux articles 151 octies et 151 octies A.
Questions fréquentes sur l’article 151 septies A
Quelles sont les conditions pour bénéficier de l'exonération de plus-value au départ à la retraite ?
L'entreprise doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans, le cédant doit partir à la retraite dans les 2 ans suivant la cession, cesser toute fonction dans l'entreprise et ne pas détenir plus de 50% de l'entreprise cessionnaire. L'entreprise doit aussi employer moins de 250 salariés.
L'exonération s'applique-t-elle aux professions libérales et aux entreprises individuelles ?
Oui, l'article 151 septies A s'applique à toutes les activités commerciales, industrielles, artisanales, libérales ou agricoles, qu'elles soient exercées en entreprise individuelle ou en société de personnes. Les avocats et autres professions libérales peuvent donc en bénéficier.
Ce que dit l’article 151 septies A du CGI
L’exonération plus-value retraite prévue à l’article 151 septies A du Code général des impôts constitue un dispositif fiscal majeur pour les entrepreneurs qui souhaitent céder leur entreprise au moment de leur départ à la retraite. Cette exonération permet d’éviter l’imposition des plus-values professionnelles réalisées lors de la transmission, sous réserve de respecter six conditions cumulatives strictes.
Le dispositif s’applique aux plus-values réalisées dans le cadre d’activités commerciales, industrielles, artisanales, libérales ou agricoles. Il concerne aussi bien la cession d’une entreprise individuelle que celle de parts sociales dans une société de personnes (SARL de famille, SNC, société civile professionnelle).
Les six conditions à respecter pour l’exonération
Condition de durée d’activité
L’activité doit avoir été exercée pendant au moins 5 ans avant la cession. Cette condition se vérifie à la date de cession et s’apprécie de manière continue.
Condition de cessation d’activité et départ à la retraite
Le cédant doit cesser toute fonction dans l’entreprise cédée et faire valoir ses droits à la retraite dans un délai de 2 ans avant ou après la cession. Cette condition est fondamentale : toute participation résiduelle dans la gestion fait perdre le bénéfice de l’exonération.
Condition de non-contrôle du cessionnaire
Le cédant ne doit pas détenir, directement ou indirectement, plus de 50% des droits de vote ou des bénéfices de l’entreprise cessionnaire. Cette règle évite les transmissions fictives au sein d’un même groupe familial.
Application pratique
Pour les TPE/PME
Une entreprise de 180 salariés réalisant 35 millions d’euros de chiffre d’affaires peut bénéficier de l’exonération. En revanche, une PME de 280 salariés en sera exclue, même si son CA est inférieur à 50 millions d’euros. Les seuils sont alternatifs : moins de 250 salariés ET (CA < 50M€ OU bilan < 43M€).
Pour les professions libérales et avocats
Les avocats associés d’une société civile professionnelle (SCP) peuvent céder leurs parts en bénéficiant de l’exonération. Un avocat détenant 30% d’une SCP depuis 8 ans pourra ainsi transmettre ses parts à un confrère sans imposition de la plus-value s’il part à la retraite simultanément.
Pour les auto-entrepreneurs
Les auto-entrepreneurs ne peuvent généralement pas bénéficier de ce dispositif car ils ne réalisent pas de plus-values professionnelles au sens des articles 39 duodecies à 39 quindecies. Leur régime fiscal particulier les exclut de facto de cette exonération.
Dispositions spéciales
L’article prévoit des règles particulières pour les cessions échelonnées en agriculture (I quater), permettant une transmission progressive sur 6 ans maximum. Les agents généraux d’assurances bénéficient également d’un régime spécifique pour leurs indemnités compensatrices.
Points d’attention
L’exonération peut être remise en cause si le cédant reprend un contrôle supérieur à 50% dans les 3 ans suivant la cession. Les biens immobiliers non affectés à l’exploitation restent imposables selon le droit commun. L’option pour ce régime exclut l’application d’autres dispositifs de report d’imposition comme l’article 151 octies.
Articles du CGI liés
Ce dispositif s’articule avec l’article 151 septies B (abattement pour durée de détention sur l’immobilier professionnel) et les articles 151 octies et suivants (reports d’imposition). Il faut également tenir compte de l’article 151 nonies pour la qualification des éléments d’actif professionnel.
Conseil AdvizExperts
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