Texte officiel de l’article 163 quinquies C du CGI
I. (Sans objet) II. – 1) Les distributions par les sociétés de capital-risque qui remplissent les conditions prévues à l’article 1er-1 de la loi n° 85-695 du 11 juillet 1985 portant diverses dispositions d’ordre économique et financier, prélevées sur des plus-values nettes de cessions de titres réalisées par la société au cours des exercices clos à compter du 31 décembre 2001 sont imposées dans les conditions prévues aux 1 ou 2 de l’article 200 A lorsque l’actionnaire est une personne physique fiscalement domiciliée en France au sens de l’ article 4 B , ou soumises à la retenue à la source prévue au 2 de l’article 119 bis lorsqu’elles sont payées dans un Etat ou territoire non coopératif au sens de l’article 238-0 A autre que ceux mentionnés au 2° du 2 bis du même article 238-0 A, ou soumises à cette même retenue à la source au taux de 12,8 % lorsque l’actionnaire est une personne physique fiscalement domiciliée hors de France. Toutefois, lorsque ces distributions sont afférentes à des actions donnant lieu à des droits différents sur l’actif net ou les produits de la société et attribuées en fonction de la qualité de la personne et sont versées aux salariés ou dirigeants mentionnés au premier alinéa du 8 du II de l’article 150-0 A , les modalités d’imposition prévues aux 1 ou 2 de l’article 200 A s’appliquent sous réserve du respect des conditions suivantes : 1° Ces actions ont été souscrites ou acquises, moyennant un prix correspondant à la valeur des actions, par le salarié ou le dirigeant bénéficiaire de la distribution ; 2° L’ensemble des actions d’une même société de capital-risque donnant lieu à des droits différents sur l’actif net ou les produits de la société et attribuées en fonction de la qualité de la personne satisfont aux conditions suivantes : a) Elles constituent une seule et même catégorie d’actions ; b) Elles représentent : – au moins 1 % du montant total des souscriptions dans la société pour sa fraction inférieure ou égale à un milliard d’euros ; – et au moins 0,5 % de la fraction du montant total des souscriptions dans la société qui excède un milliard d’euros. A titre dérogatoire, un pourcentage distinct peut être fixé par décret pour certaines catégories de sociétés, après avis de l’Autorité des marchés financiers ; c) Les distributions auxquelles donnent droit ces actions sont versées au moins cinq ans après la date d’émission de ces actions ; 3° Le salarié ou dirigeant bénéficiaire de la distribution perçoit une rémunération normale au titre du contrat de travail ou du mandat social qui lui a permis de souscrire ou d’acquérir ces actions. 2) Les distributions prélevées sur les bénéfices réalisés dans le cadre de leur objet social défini à l’article 1er-1 de la loi n° 85-695 du 11 juillet 1985 précitée sont exonérées lorsque les conditions suivantes sont remplies : 1° L’actionnaire a son domicile fiscal en France ou dans un pays ou territoire ayant conclu avec la France une convention d’assistance administrative en vue de lutter contre la fraude et l’évasion fiscales ; 2° L’actionnaire conserve ses actions pendant cinq ans au moins à compter de leur souscription ou acquisition ; 3° Les produits sont immédiatement réinvestis pendant la période mentionnée au 2° dans la société soit sous la forme de souscription ou d’achat d’actions, soit sur un compte bloqué ; l’exonération s’étend alors aux intérêts du compte, lesquels sont libérés à la clôture de ce dernier ; 4° L’actionnaire, son conjoint et leurs ascendants et descendants ne détiennent pas ensemble, directement ou indirectement, plus de 25 % des droits dans les bénéfices de sociétés dont les titres figurent à l’actif de la société de capital-risque, ou n’ont pas détenu cette part à un moment quelconque au cours des cinq années précédant la souscription ou l’acquisition des actions de la société de capital-risque. Les dispositions du 2 ne s’appliquent pas aux actions de sociétés de capital-risque donnant lieu à des droits différents sur l’actif net ou sur les produits du fonds et attribuées en fonction de la qualité de la personne, ni aux distributions mentionnées au premier alinéa du 1 du présent II payées dans un Etat ou territoire non coopératif au sens de l’article 238-0 A autre que ceux mentionnés au 2° du 2 bis du même article 238-0 A. III. Les sommes qui ont été exonérées d’impôt sur le revenu sont ajoutées au revenu imposable de l’année au cours de laquelle la société ou le contribuable cesse de remplir les conditions fixées ci-dessus. Toutefois, l’exonération est maintenue en cas de cession des actions par le contribuable lorsque lui-même ou l’un des époux soumis à une imposition commune se trouve dans l’un des cas suivants : invalidité correspondant au classement dans la deuxième ou troisième des catégories prévues à l’article L. 341-4 du code de la sécurité sociale , décès, départ à la retraite ou licenciement.
Questions fréquentes sur l’article 163 quinquies C
Quelles sont les conditions d'exonération des distributions de capital-risque selon l'article 163 quinquies C ?
L'exonération requiert un domicile fiscal en France ou dans un pays conventionné, une détention d'actions de 5 ans minimum, le réinvestissement immédiat des produits, et une participation familiale inférieure à 25% dans les sociétés du portefeuille.
Comment sont imposées les distributions de capital-risque pour les non-résidents français ?
Les non-résidents subissent une retenue à la source de 12,8% sur les distributions de plus-values de cession de titres, sauf si elles sont payées dans un territoire non coopératif où le taux peut être différent.
Ce que dit l’article 163 quinquies C du CGI
L’article 163 quinquies C encadre la fiscalité distributions capital-risque en distinguant deux régimes principaux. Les distributions prélevées sur les plus-values nettes de cession suivent le régime général de l’article 200 A pour les résidents français, tandis que les non-résidents supportent une retenue à la source de 12,8%. Un régime d’exonération spécifique existe pour les distributions prélevées sur les bénéfices d’exploitation sous conditions strictes.
Application pratique du régime fiscal
Pour les dirigeants de TPE/PME investisseurs
Les dirigeants de TPE/PME participant à des fonds de capital-risque peuvent bénéficier d’un traitement fiscal avantageux. Par exemple, un dirigeant détenant 2% d’un fonds de 50 millions d’euros respectant les conditions peut percevoir des distributions exonérées s’il conserve ses parts 5 ans et réinvestit immédiatement les produits. Cette stratégie permet d’optimiser la fiscalité tout en développant son patrimoine professionnel.
Pour les professions libérales et avocats
Les professionnels libéraux peuvent structurer leurs investissements via des sociétés de capital-risque pour bénéficier du régime d’exonération. Un avocat investissant 100 000 euros dans un fonds éligible pourrait recevoir des distributions exonérées après 5 ans, sous réserve de respecter le seuil de 25% de participation dans les sociétés du portefeuille.
Pour les auto-entrepreneurs
Bien que les auto-entrepreneurs soient limités dans leurs possibilités d’investissement direct, ils peuvent envisager une évolution vers une société pour accéder aux dispositifs de capital-risque, notamment dans le cadre d’une stratégie de développement et de diversification de leurs revenus.
Points d’attention essentiels
Le non-respect des conditions entraîne la réintégration des sommes exonérées dans le revenu imposable, sauf exceptions (invalidité, décès, retraite, licenciement). La condition de détention de 5 ans est impérative, et le réinvestissement doit être immédiat. Le seuil de 25% de participation familiale dans les sociétés du portefeuille constitue un critère déterminant souvent méconnu.
Articles du CGI liés
L’article 163 quinquies C s’articule avec l’article 200 A (régime des plus-values mobilières), l’article 119 bis (retenues à la source), et l’article 150-0 A (plus-values des particuliers). La loi n° 85-695 du 11 juillet 1985 définit le statut des sociétés de capital-risque éligibles.
Conseil AdvizExperts
Nos experts d’AdvizExperts accompagnent les dirigeants de TPE/PME et professionnels libéraux parisiens dans l’optimisation de leurs investissements en capital-risque. Nous analysons l’éligibilité aux dispositifs d’exonération, sécurisons le respect des conditions temporelles et structurons les réinvestissements pour maximiser les avantages fiscaux tout en respectant la réglementation.