AccueilCGI Commenté › Article 256 CGI : Champ d’application TVA et livraisons

Article 256 CGI : Champ d’application TVA et livraisons

Article 256 I : Opérations obligatoirement imposables Mis à jour le 23 February 2026

Texte officiel de l’article 256 du CGI

I. – Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. II. – 1° Est considéré comme livraison d’un bien, le transfert du pouvoir de disposer d’un bien corporel comme un propriétaire. 2° Sont notamment considérés comme des biens meubles corporels : l’électricité, le gaz, la chaleur, le froid et les biens similaires. 3° Sont également considérés comme livraisons de biens : a) Le transfert de propriété d’un bien meuble corporel opéré en vertu d’une réquisition de l’autorité publique ; b) (Abrogé à compter du 1er janvier 1996). c) La remise matérielle d’un bien meuble corporel en vertu d’un contrat qui prévoit la location de ce bien pendant une certaine période ou sa vente à tempérament et qui est assorti d’une clause selon laquelle la propriété de ce bien est normalement acquise au détenteur ou à ses ayants droit au plus tard lors du paiement de la dernière échéance ; d) La remise matérielle d’un bien meuble corporel en vertu d’un contrat de vente qui comporte une clause de réserve de propriété. II bis. – 1° Une vente à distance intracommunautaire de biens s’entend d’une livraison de biens expédiés ou transportés par le fournisseur ou pour son compte, y compris lorsque le fournisseur intervient indirectement dans le transport ou l’expédition des biens, à partir d’un Etat membre autre que celui d’arrivée de l’expédition ou du transport à destination de l’acquéreur, lorsque les conditions suivantes sont réunies : a) La livraison de biens est effectuée au profit d’un assujetti ou d’une personne morale non assujettie dont les acquisitions intracommunautaires de biens ne sont pas soumises à la taxe soit en application des 1° bis et 2° du I de l’article 256 bis lorsque ces acquisitions intracommunautaires ont lieu en France, soit en application du paragraphe 1 de l’article 3 de la directive 2006/112/ CE du Conseil du 28 novembre 2006 relative au système commun de taxe sur la valeur ajoutée lorsque ces acquisitions intracommunautaires ont lieu dans un autre Etat membre de l’Union européenne, ou au profit de toute autre personne non assujettie ; b) Les biens livrés ne sont ni des moyens de transport neufs, ni des biens livrés après montage ou installation, avec ou sans essai de mise en service, par le fournisseur ou pour son compte. 2° Une vente à distance de biens importés de territoires tiers ou de pays tiers s’entend d’une livraison de biens expédiés ou transportés par le fournisseur ou pour son compte, y compris lorsque le fournisseur intervient indirectement dans le transport ou l’expédition des biens, à partir d’un territoire tiers ou d’un pays tiers à destination d’un acquéreur dans un Etat membre, lorsque les conditions suivantes sont réunies : a) La livraison de biens est effectuée au profit d’un assujetti ou d’une personne morale non assujettie dont les acquisitions intracommunautaires de biens ne sont pas soumises à la taxe soit en application du 2° du I de l’article 256 bis lorsque ces acquisitions intracommunautaires ont lieu en France, soit en application du paragraphe 1 de l’article 3 de la directive 2006/112/ CE du Conseil du 28 novembre 2006 précitée lorsque ces acquisitions intracommunautaires ont lieu dans un autre Etat membre de l’Union européenne, ou au profit de toute autre personne non assujettie ; b) Les biens livrés ne sont ni des moyens de transport neufs ni des biens livrés après montage ou installation, avec ou sans essai de mise en service, par le fournisseur ou pour son compte. III. – Est assimilé à une livraison de biens, le transfert par un assujetti d’un bien de son entreprise à destination d’un autre Etat membre de l’Union européenne. Est considéré comme un transfert au sens des dispositions qui précèdent l’expédition ou le transport, par un assujetti ou pour son compte, d’un bien meuble corporel pour les besoins de son entreprise, à l’exception de l’expédition ou du transport d’un bien qui, dans l’Etat membre d’arrivée, est destiné : a) A être utilisé temporairement pour les besoins de prestations de services effectuées par l’assujetti ou dans des conditions qui lui ouvriraient droit, si ce bien était importé, au bénéfice de l’admission temporaire en exonération totale de droits ; b) A faire l’objet d’expertises ou de travaux à condition que le bien soit réexpédié ou transporté en France à destination de cet assujetti ; c) A faire l’objet d’une installation ou d’un montage. d) A faire l’objet de livraisons à bord des moyens de transport, effectuées par l’assujetti, dans les conditions mentionnées à l’article 37 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006. Pour l’application du présent III, n’est pas assimilé à une livraison de biens, le transfert, au sens des dispositions du premier alinéa, de gaz naturel, d’électricité, de chaleur ou de froid vers un autre Etat membre pour les besoins d’une livraison dont le lieu y est situé, conformément aux dispositions des articles 38 et 39 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006. III bis. – 1. N’est pas assimilé à une livraison de biens le transfert par un assujetti d’un bien de son entreprise sous un régime de stocks sous contrat de dépôt à destination d’un autre Etat membre de l’Union européenne lorsque les conditions suivantes sont remplies : 1° Les biens sont expédiés ou transportés par l’assujetti ou par un tiers pour le compte de celui-ci, à destination d’un autre Etat membre afin d’y être livrés, à un stade ultérieur et après leur arrivée, à un autre assujetti qui pourra en disposer comme un propriétaire en vertu d’un accord entre les deux assujettis ; 2° L’assujetti qui expédie ou transporte les biens n’est pas établi ou ne dispose pas d’un établissement stable dans l’Etat membre vers lequel les biens sont expédiés ou transportés ; 3° L’assujetti auquel les biens sont destinés à être livrés est identifié aux fins de la taxe sur la valeur ajoutée dans l’Etat membre vers lequel les biens sont expédiés ou transportés et a communiqué à l’assujetti mentionné au 2° son identité et ce numéro d’identification au moment du départ de l’expédition ou du transport ; 4° L’assujetti qui expédie ou transporte les biens inscrit le transfert des biens dans le registre prévu au 2 du I de l’article 286 quater et indique l’identité de l’assujetti qui acquiert les biens et le numéro d’identification aux fins de la taxe sur la valeur ajoutée attribué par l’Etat membre vers lequel les biens sont expédiés ou transportés dans l’état récapitulatif prévu au I de l’article 289 B. 2. Si, dans les douze mois suivant leur arrivée dans l’Etat membre vers lequel ils ont été expédiés ou transportés, les biens n’ont pas été livrés à l’assujetti mentionné au 3° du 1 du présent III bis et qu’aucune des circonstances mentionnées au 4 n’est intervenue, un transfert au sens du III du présent article est réputé avoir lieu le jour suivant celui de l’expiration de la période de douze mois. 3. Aucun transfert au sens du III du présent article n’est réputé avoir lieu lorsque, dans les douze mois suivant leur arrivée dans l’Etat membre vers lequel ils ont été expédiés ou transportés, le droit de disposer des biens n’a pas été transféré, qu’ils sont renvoyés vers la France et que l’assujetti inscrit leur renvoi dans le registre mentionné au 4° du 1 du présent III bis. 4. Aucun transfert au sens du III du présent article n’est réputé avoir lieu lorsque l’assujetti mentionné au 3° du 1 est remplacé, dans le délai de douze mois suivant l’arrivée des biens, par un autre assujetti dès lors que les autres conditions mentionnées au même 1 demeurent satisfaites et que l’assujetti mentionné au 2° dudit 1 inscrit ce remplacement dans le registre prévu au 2 du I de l’article 286 quater. 5. Pendant le délai de douze mois suivant leur arrivée dans l’Etat membre vers lequel ils ont été expédiés ou transportés, un transfert de biens au sens du III du présent article est réputé avoir lieu : 1° Dès que l’une des conditions mentionnées aux 1 et 4 du présent III bis cesse d’être remplie ; 2° Immédiatement avant la livraison lorsque les biens mentionnés au 1° du 1 sont livrés à une personne autre que celle mentionnée au 3° du même 1 sans que les conditions du 4 ne soient remplies ; 3° Immédiatement avant le début de l’expédition ou du transport lorsque les biens mentionnés au 1° du 1 sont expédiés ou transportés vers un pays autre que la France ; 4° Lorsque les biens mentionnés au même 1° sont détruits, perdus ou volés, à la date à laquelle les biens ont effectivement été enlevés ou détruits ou, si cette date est impossible à déterminer, à la date à laquelle il a été constaté que les biens étaient détruits ou manquants. IV. – 1° Les opérations autres que celles qui sont définies au II, notamment la cession ou la concession de biens meubles incorporels, le fait de s’obliger à ne pas faire ou à tolérer un acte ou une situation, les opérations de façon, les travaux immobiliers et l’exécution des obligations du fiduciaire, sont considérés comme des prestations de services ; 2° Sont également considérées comme des prestations de services (Disposition à caractère interprétatif) : a) Les opérations, y compris la négociation, portant sur les devises, les billets de banque et les monnaies qui sont des moyens de paiement légaux à l’exception des monnaies et billets de collection. Le chiffre d’affaires afférent à ces opérations est constitué par le montant des profits et autres rémunérations. Sont considérés comme des monnaies et billets de collection, les pièces en or autres que celles visées au 2 de l’article 298 sexdecies A en argent ou autre métal, ainsi que les billets qui ne sont pas normalement utilisés dans leur fonction comme moyen de paiement légal ou qui présentent un intérêt numismatique ; b) Les opérations portant sur les actions, les parts de sociétés ou d’associations, les obligations et les autres titres, à l’exclusion des titres représentatifs de marchandises et des parts d’intérêt dont la possession assure en droit ou en fait l’attribution en propriété ou en jouissance d’un bien immeuble ou d’une fraction d’un bien immeuble. Le chiffre d’affaires afférent aux opérations, autres que celles de garde et de gestion, mentionnées ci-dessus est constitué par le montant des profits et autres rémunérations. V. – 1° L’assujetti, agissant en son nom propre mais pour le compte d’autrui, qui s’entremet dans une livraison de bien ou une prestation de services, est réputé avoir personnellement acquis et livré le bien, ou reçu et fourni les services considérés ; 2° Sont également réputés avoir acquis et livré les biens : a) L’assujetti qui facilite, par l’utilisation d’une interface électronique telle qu’une place de marché, une plateforme, un portail ou un dispositif similaire, les ventes à distance de biens importés de territoires tiers ou de pays tiers contenus dans des envois d’une valeur intrinsèque ne dépassant pas 150 € ; b) L’assujetti qui facilite, par l’utilisation d’une interface électronique telle qu’une place de marché, une plateforme, un portail ou un dispositif similaire, la livraison d’un bien dans l’Union européenne par un assujetti non établi sur le territoire de l’Union européenne à une personne non assujettie. Lorsqu’un assujetti est réputé avoir acquis et livré des biens dans les conditions prévues aux a et b du présent 2°, l’expédition ou le transport de ces biens est imputé à la livraison effectuée par cet assujetti.

Ce que dit l’article 256 du CGI

L’article 256 CGI TVA constitue la pierre angulaire du système français de taxe sur la valeur ajoutée. Il définit le champ d’application de la TVA en précisant que sont soumises à cette taxe les livraisons de biens et prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. Cette disposition fondamentale détermine quelles opérations entrent dans le scope de la TVA française.

Le texte distingue clairement les livraisons de biens TVA des prestations de services TVA. Une livraison correspond au transfert du pouvoir de disposer d’un bien corporel comme un propriétaire, incluant des éléments moins évidents comme l’électricité ou le gaz. Les prestations de services englobent toutes les autres opérations, notamment les cessions de biens incorporels et les opérations financières.

Application pratique pour les entreprises

Pour les TPE/PME

Les TPE/PME doivent comprendre que l’assujetti TVA selon l’article 256 engage sa responsabilité dès qu’il effectue des opérations à titre onéreux. Par exemple, une SARL vendant des équipements informatiques à 50 000 € HT devra facturer la TVA à 20%, soit 10 000 €, peu importe que la livraison soit immédiate ou différée avec clause de réserve de propriété.

Pour les professions libérales et avocats

Les professions libérales relèvent principalement des prestations de services définies au IV de l’article 256. Un avocat facturant 15 000 € d’honoraires doit appliquer la TVA à 20%, soit 3 000 €. L’article précise que même les obligations de ne pas faire (clause de non-concurrence) constituent des prestations de services taxables.

Pour les auto-entrepreneurs

Bien que bénéficiant souvent de la franchise en base, les auto-entrepreneurs restent concernés par les définitions de l’article 256. Lorsqu’ils dépassent les seuils de franchise (36 800 € pour les services, 91 900 € pour les ventes), ils deviennent pleinement assujettis TVA selon ces dispositions.

Points d’attention spécifiques

L’article 256 introduit des complexités particulières avec les ventes à distance intracommunautaires. Depuis 2021, ces opérations sont soumises à des règles strictes : une entreprise française vendant en ligne à des particuliers allemands doit considérer les seuils de 10 000 € par État membre. Au-delà, elle doit s’immatriculer à la TVA dans l’État de destination.

Le régime des stocks sous contrat de dépôt (III bis) permet aux entreprises d’optimiser leur logistique européenne sans déclencher immédiatement la TVA, sous réserve de respecter scrupuleusement les obligations déclaratives et les délais de 12 mois.

Articles du CGI liés

L’article 256 s’articule étroitement avec l’article 256 bis (acquisitions intracommunautaires), l’article 256 A (définition des assujettis) et l’article 256 ter (régime des bons). Cette cohérence d’ensemble garantit une approche complète du champ d’application TVA.

Conseil AdvizExperts

Chez AdvizExperts, nous accompagnons nos clients TPE/PME, professions libérales et avocats dans la maîtrise de ces dispositions complexes. Notre expertise nous permet d’optimiser votre gestion TVA tout en sécurisant vos déclarations. N’hésitez pas à nous consulter pour une analyse personnalisée de votre situation au regard de l’article 256 du CGI.

Questions fréquentes sur l’article 256

Qu'est-ce qui définit une livraison de biens selon l'article 256 du CGI ?

Une livraison de biens est le transfert du pouvoir de disposer d'un bien corporel comme un propriétaire. Cela inclut l'électricité, le gaz, la chaleur, le froid et même les contrats de location-vente ou de vente à tempérament avec clause de réserve de propriété.

Les ventes à distance intracommunautaires sont-elles concernées par l'article 256 ?

Oui, l'article 256 définit précisément les ventes à distance intracommunautaires comme des livraisons expédiées d'un État membre vers un autre, avec des règles spécifiques selon le statut de l'acquéreur (assujetti ou non assujetti à la TVA).

CGI Article 256 I : Opérations obligatoirement imposables Fiscalité Expert-comptable Paris
← Retour au sommaire CGI

Besoin d'aide sur cet article du CGI ?

Premier rendez-vous gratuit · Sans engagement · Réponse sous 24h

Prendre RDV gratuitement →

350+ clients accompagnés · Paris 8 & Les Lilas

Scroll to Top