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Article 39 decies C bis CGI : déduction navires verts

Article 39 decies C bis 2 : Détermination des bénéfices imposables Mis à jour le 23 February 2026

Texte officiel de l’article 39 decies C bis du CGI

I. – Les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés ou à l’impôt sur le revenu selon un régime réel d’imposition peuvent déduire de leur résultat imposable : 1° Une somme égale à 125 % des coûts supplémentaires immobilisés, hors frais financiers, directement liés à l’installation d’équipements, acquis à l’état neuf, qui permettent l’utilisation d’hydrogène ou de toute autre propulsion décarbonée comme énergie propulsive principale ou pour la production d’énergie électrique destinée à la propulsion principale des navires de transport de marchandises ou de passagers et qui sont affectés à leur activité, lorsque le contrat d’acquisition de ces équipements ou de construction du navire est conclu à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024 et jusqu’au 31 décembre 2027 ; 2° Une somme égale à 105 % des coûts supplémentaires immobilisés, hors frais financiers, directement liés à l’installation d’équipements, acquis à l’état neuf, qui permettent l’utilisation du gaz naturel liquéfié comme énergie propulsive principale ou pour la production d’énergie électrique destinée à la propulsion principale des navires de transport de marchandises ou de passagers et qui sont affectés à leur activité, lorsque le contrat d’acquisition de ces équipements ou de construction du navire est conclu à compter de la date prévue par le décret mentionné au même V et jusqu’au 31 décembre 2027. Le présent 2° s’applique également, dans les mêmes conditions, aux équipements acquis à l’état neuf permettant l’utilisation du gaz de pétrole liquéfié, du gaz naturel comprimé, de l’ammoniac, du méthanol, de l’éthanol ou du diméthyl éther comme énergie propulsive principale ou pour la production d’énergie électrique destinée à la propulsion principale des navires de transport de marchandises ou de passagers et qui sont affectés à leur activité, lorsque le contrat d’acquisition de ces équipements ou de construction du navire est conclu à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 précitée et jusqu’au 31 décembre 2027 ; 3° Une somme égale à 85 % des coûts supplémentaires immobilisés, hors frais financiers, directement liés à l’installation des biens destinés au traitement des oxydes de soufre, oxydes d’azote et particules fines contenus dans les gaz d’échappement qu’elles acquièrent à l’état neuf, à compter de la date prévue par le décret mentionné au même V et jusqu’au 31 décembre 2027, en vue de les installer sur un navire en service pour améliorer le niveau d’exigence environnementale au regard d’au moins un des deux critères suivants : a) Un niveau d’émission d’oxydes de soufre inférieur à celui fixé à la règle 14 de l’annexe 6 de la convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires ou, lorsque le navire y est soumis, par la directive (UE) 2016/802 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 concernant une réduction de la teneur en soufre de certains combustibles liquides ; b) Un niveau d’émission d’oxydes d’azote inférieur à celui correspondant au niveau III défini au paragraphe 5.1 de la règle 13 de l’annexe 6 de la convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires ; 4° Une somme égale à 20 % de la valeur d’origine, hors frais financiers, des biens destinés à l’alimentation électrique durant l’escale par le réseau terrestre ou au moyen de moteurs auxiliaires utilisant le gaz naturel liquéfié ou une énergie décarbonée, qu’elles acquièrent à l’état neuf à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 précitée et jusqu’au 31 décembre 2027, en vue de les installer sur un navire en service. Le présent 4° s’applique également aux biens destinés à compléter la propulsion principale du navire par une propulsion décarbonée, acquis à l’état neuf à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 précitée et jusqu’au 31 décembre 2027. Pour ces biens, le taux de la déduction est porté à 85 % de leur valeur d’origine, hors frais financiers. Les 1° à 4° du présent I s’appliquent aux navires armés au commerce battant pavillon d’un des Etats membres de l’Union européenne ou d’un autre Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen. Les coûts supplémentaires, hors frais financiers, directement liés à l’installation des équipements mentionnés aux 1° et 2° du présent I sont déterminés par différence entre la valeur d’origine, hors frais financiers, de ces équipements et la valeur d’origine, hors frais financiers, des équipements similaires qui auraient permis l’utilisation du fuel lourd ou du diesel marin comme mode de propulsion principale ou pour la production d’électricité destinée à la propulsion principale du navire de transport de marchandises et de passagers considéré. Les coûts supplémentaires, hors frais financiers, directement liés à l’installation des biens mentionnés au 3° du présent I sont déterminés par différence entre la valeur d’origine, hors frais financiers, de ces équipements et la valeur d’origine, hors frais financiers, des équipements similaires qui auraient dû être installés sur le navire considéré pour satisfaire à la règle 14 de l’annexe 6 de la convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires ou, lorsque le navire y est soumis, aux dispositions de la directive (UE) 2016/802 du Parlement européen et du Conseil du 11 mai 2016 précitée ou au niveau III d’émission d’oxydes d’azote selon les stipulations du paragraphe 5.1 de la règle 13 de l’annexe 6 de la convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires. Pour le calcul de la déduction prévue au présent I, le montant des coûts supplémentaires immobilisés mentionnés au 2° est retenu dans la limite de 15 millions d’euros par navire et le montant des coûts supplémentaires immobilisés mentionnés au 3° ainsi que la valeur d’origine des biens mentionnés au second alinéa du 4° sont retenus dans la limite de 10 millions d’euros par navire. II. – La déduction est répartie linéairement à compter de la mise en service des biens, sur leur durée normale d’utilisation. En cas de cession ou de remplacement du bien avant le terme de cette période, elle n’est acquise à l’entreprise qu’à hauteur des montants déjà déduits du résultat à la date de la cession ou du remplacement, qui sont calculés pro rata temporis. III. – L’entreprise qui prend en location un bien neuf mentionné au I, dans les conditions prévues au 1 de l’article L. 313-7 du code monétaire et financier dans le cadre d’un contrat de crédit-bail ou de location avec option d’achat conclu à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 précitée et jusqu’au 31 décembre 2027, peut déduire une somme égale à 125 % des coûts d’investissement supplémentaires s’il s’agit d’équipements mentionnés au 1° du I du présent article, à 105 % des coûts d’investissement supplémentaires s’il s’agit d’équipements mentionnés au premier alinéa du 2° du même I, à 85 % des coûts d’investissement supplémentaires s’il s’agit d’un bien mentionné au premier alinéa du 3° dudit I ou à 20 % de la valeur d’origine, hors frais financiers, s’il s’agit d’un bien mentionné au 4° du même I, au moment de la signature du contrat. Elle peut également déduire une somme égale à 105 % des coûts d’investissement supplémentaires s’il s’agit d’équipements mentionnés au second alinéa du 2° du même I, lorsqu’elle prend en location un bien neuf mentionné au même I dans les conditions prévues au 1 de l’article L. 313-7 du code monétaire et financier, dans le cadre d’un contrat de crédit-bail ou de location avec option d’achat conclu à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 précitée et jusqu’au 31 décembre 2027. L’entreprise peut déduire une somme égale à 85 % de la valeur d’origine, hors frais financiers, des biens mentionnés au second alinéa du 4° du I du présent article lorsqu’elle prend en location un bien neuf mentionné au même I dans les conditions prévues au 1 de l’article L. 313-7 du code monétaire et financier, dans le cadre d’un contrat de crédit-bail ou de location avec option d’achat conclu à compter de la date prévue par le décret mentionné au V de l’article 42 de la loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 précitée et jusqu’au 31 décembre 2027. Cette déduction est répartie pro rata temporis sur la durée normale d’utilisation du bien à compter de l’entrée en location. Si l’entreprise crédit-preneuse ou locataire acquiert le bien et en remplit les conditions, elle peut continuer à appliquer la déduction. En cas de cession ou de cessation du contrat de crédit-bail ou de location avec option d’achat ou de cession du bien, la déduction n’est acquise à l’entreprise qu’à hauteur des montants déjà déduits du résultat à la date de la cession ou de la cessation, qui sont calculés pro rata temporis. Les coûts d’investissement supplémentaires des équipements mentionnés aux 1° à 3° du I du présent article ainsi que la valeur d’origine des biens mentionnés au second alinéa du 4° du même I pris en location dans le cadre d’un contrat de crédit-bail ou de location avec option d’achat sont déterminés dans les conditions prévues aux trois derniers alinéas dudit I. L’entreprise qui donne le bien en crédit-bail ou en location avec option d’achat peut pratiquer les déductions mentionnées au même I, sous réserve du respect des conditions suivantes : 1° Le locataire ou le crédit-preneur a opté pour le régime prévu à l’article 209-0 B ; 2° L’avantage en impôt procuré par les déductions pratiquées en application du présent article est intégralement rétrocédé à l’entreprise locataire ou crédit-preneuse sous forme de diminution de loyers accordée en même temps et au même rythme que celui auquel la déduction est pratiquée. IV.-Sur demande de l’administration, le contribuable présente tout document, visé par l’administration chargée du transport maritime, certifiant que la condition prévue au dixième alinéa du I est respectée. V.-Si l’une des conditions prévues aux I à IV cesse d’être respectée pendant la durée normale d’utilisation du navire prévue aux II et III, le contribuable perd le droit à la déduction prévue aux I et III et les sommes déduites au cours de l’exercice et des exercices antérieurs sont rapportées au résultat imposable de l’entreprise qui en a bénéficié au titre de l’exercice au cours duquel cet événement se réalise. VI.-L’application du dispositif prévu au présent article est, au titre d’un même bien, exclusive du bénéfice de la déduction prévue à l’article 39 decies C.

Ce que dit l’article 39 decies C bis du CGI

L’article 39 decies C bis du Code général des impôts constitue un dispositif fiscal incitatif majeur pour la transition écologique du transport maritime. Ce texte permet aux entreprises soumises à l’IS ou à l’IR selon un régime réel de déduire de leur résultat imposable des sommes substantielles pour l’acquisition d’équipements de propulsion décarbonée destinés aux navires de transport.

Le dispositif prévoit quatre niveaux de déduction : 125% des coûts supplémentaires pour les équipements hydrogène et propulsion décarbonée, 105% pour le gaz naturel liquéfié et carburants alternatifs, 85% pour les systèmes de traitement des gaz d’échappement, et 20% (voire 85%) pour l’alimentation électrique à quai et propulsion complémentaire.

Application pratique

Pour les TPE/PME

Une PME de transport maritime investissant 2 millions d’euros dans des équipements hydrogène peut déduire 2,5 millions d’euros (125% × 2M€), générant une économie d’impôt de 625 000 € au taux de 25%. Cette déduction se répartit linéairement sur la durée d’utilisation du bien, optimisant ainsi la trésorerie sur plusieurs exercices.

Pour les professions libérales et avocats

Bien que l’article 39 decies C bis vise spécifiquement le secteur maritime, les cabinets d’avocats spécialisés en droit maritime peuvent conseiller leurs clients armateurs sur l’optimisation de ces dispositifs. La connaissance de ces mécanismes constitue une expertise valorisante pour le développement commercial.

Pour les auto-entrepreneurs

Les auto-entrepreneurs du secteur maritime restent exclus de ce dispositif, celui-ci étant réservé aux entreprises soumises à un régime réel d’imposition. Une évolution vers le statut de société pourrait s’avérer pertinente pour les activités en croissance.

Points d’attention

L’article 39 decies C bis impose plusieurs conditions strictes : acquisition à l’état neuf, contrats conclus dans la période 2024-2027, navires battant pavillon UE/EEE, et respect des critères environnementaux européens. La perte des conditions entraîne la reprise intégrale des déductions antérieures. Le dispositif est exclusif de l’article 39 decies C pour un même bien, nécessitant un choix stratégique optimal.

Articles du CGI liés

L’article 39 decies C bis s’articule avec l’article 39 decies C (navires et bateaux décarbonés), l’article 209-0 B (tonnage), et les dispositions générales sur l’amortissement dégressif. Cette cohérence législative facilite l’optimisation fiscale globale des investissements maritimes verts.

Conseil AdvizExperts

Chez AdvizExperts, nous recommandons une analyse prévisionnelle avant tout investissement maritime. Notre expertise en fiscalité d’entreprise permet d’optimiser le choix entre les différents régimes de déduction disponibles, de sécuriser le respect des conditions légales, et d’anticiper les impacts sur la trésorerie. Nous accompagnons nos clients parisiens dans la structuration juridique et fiscale de leurs projets de transition écologique maritime.

Questions fréquentes sur l’article 39 decies C bis

Quel est le taux de déduction pour les équipements à hydrogène selon l'article 39 decies C bis ?

L'article 39 decies C bis prévoit une déduction de 125% des coûts supplémentaires pour les équipements permettant l'utilisation d'hydrogène ou autre propulsion décarbonée. Cette déduction s'applique aux contrats conclus jusqu'au 31 décembre 2027.

Quelles sont les limites de déduction par navire prévues par l'article 39 decies C bis ?

L'article 39 decies C bis fixe un plafond de 15 millions d'euros par navire pour les équipements GNL et carburants alternatifs, et 10 millions d'euros pour les systèmes de traitement des gaz d'échappement et propulsion complémentaire.

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