Présentation de la convention collective des industries de la chaussure
La convention collective des industries de la chaussure et articles chaussants (IDCC 1580) régit les relations de travail dans un secteur traditionnel français. Signée le 15 février 2006, elle s’applique aux entreprises de fabrication de chaussures, articles chaussants, maroquinerie de luxe et sellerie.
Cette convention concerne environ 25 000 salariés répartis dans plus de 800 entreprises, principalement des TPE et PME familiales. Le champ d’application couvre les activités de conception, fabrication, réparation et commercialisation de chaussures et accessoires similaires.
Les entreprises concernées incluent les cordonniers, fabricants de chaussures sur mesure, ateliers de maroquinerie et sellerie, ainsi que les entreprises de réparation d’articles chaussants.
Salaires minimums et grille de rémunération
La convention établit une grille de classification en 8 niveaux (I à VIII) avec plusieurs échelons par niveau :
- Niveau I (ouvrier débutant) : 1 398 € minimum
- Niveau III (ouvrier qualifié) : 1 520 € minimum
- Niveau V (technicien) : 1 850 € minimum
- Niveau VIII (cadre technique) : 2 800 € minimum
Ces minima, revalorisés annuellement, restent supérieurs au SMIC (1 398,69 € en 2026) dès le niveau I. La progression entre échelons se fait selon l’ancienneté et les compétences acquises.
Durée du travail et congés
La durée légale est fixée à 35 heures hebdomadaires avec possibilité d’heures supplémentaires. Les entreprises peuvent mettre en place des horaires variables selon les saisons de production.
Concernant les congés payés :
- 2,5 jours ouvrables par mois travaillé (base légale)
- Congés supplémentaires d’ancienneté : 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans
- Fermeture possible de l’entreprise pendant 3 semaines consécutives
Les jours fériés suivent le régime légal, avec une majoration de 25% pour le travail dominical dans le respect des dérogations sectorielles.
Période d’essai et préavis
Les périodes d’essai respectent les durées maximales légales :
- Ouvriers/employés : 2 mois renouvelable une fois
- Agents de maîtrise : 3 mois renouvelable une fois
- Cadres : 4 mois renouvelable une fois
Les préavis de démission ou licenciement sont identiques au Code du travail :
- Moins de 6 mois d’ancienneté : aucun préavis
- 6 mois à 2 ans : 1 mois de préavis
- Plus de 2 ans : 2 mois de préavis
Indemnités de licenciement
La convention prévoit des indemnités conventionnelles plus favorables que le régime légal :
- À partir de 1 an d’ancienneté (vs 8 mois légalement)
- 1/4 de mois par année d’ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois par année au-delà de 10 ans
Pour un salarié ayant 15 ans d’ancienneté, l’indemnité conventionnelle représente environ 4,17 mois de salaire contre 3,75 mois selon le calcul légal.
Primes et avantages
La convention collective prévoit plusieurs avantages financiers :
- Prime d’ancienneté : 2% du salaire après 3 ans, 4% après 6 ans, 6% après 9 ans
- Prime de fin d’année : équivalent à 1/12e de la rémunération annuelle pour les salariés présents au 31 décembre
- Indemnité de panier : 4,20 € par jour travaillé si absence de restaurant d’entreprise
Ces primes représentent un complément significatif de rémunération, particulièrement appréciable dans un secteur où les salaires de base restent modérés.
Prévoyance et mutuelle
L’employeur doit mettre en place :
- Mutuelle d’entreprise : participation minimale de 50% du coût
- Prévoyance décès-invalidité : garantie 100% financée par l’employeur
- Maintien de salaire en cas d’arrêt maladie selon l’ancienneté
Ces garanties complètent efficacement la protection sociale légale, particulièrement importante dans un secteur exposé aux risques professionnels (troubles musculo-squelettiques, accidents de manipulation).
Ce que cela implique pour les employeurs TPE/PME
Les obligations spécifiques pour les employeurs incluent :
- Respect des minima salariaux conventionnels supérieurs au SMIC
- Mise en place obligatoire de la prévoyance collective
- Calcul précis des primes d’ancienneté et de fin d’année
- Gestion des congés supplémentaires d’ancienneté
Erreurs fréquentes à éviter :
- Oublier la revalorisation annuelle des salaires minimums
- Mal calculer la prime de fin d’année au prorata
- Ne pas appliquer les majorations pour ancienneté
Chez AdvizExperts, notre équipe accompagne les TPE/PME du secteur dans l’application de cette convention. Nous conseillons une veille régulière des avenants et une révision annuelle des bulletins de paie pour garantir la conformité. Notre expertise en droit social permet d’optimiser les coûts tout en respectant scrupuleusement les obligations conventionnelles, enjeu crucial pour la pérennité des entreprises artisanales de la chaussure.
Questions fréquentes
Quelles entreprises sont concernées par la convention collective de la chaussure IDCC 1580 ?
Cette convention s'applique aux entreprises de fabrication de chaussures, articles chaussants, maroquinerie et sellerie. Elle concerne les TPE/PME du secteur ainsi que leurs salariés de production, commerciaux et administratifs.
Quels sont les salaires minimums dans la convention collective chaussure ?
Les salaires minimums varient selon les niveaux (I à VIII) et échelons. En 2026, ils s'échelonnent de 1 398 € pour les ouvriers débutants à plus de 2 800 € pour les techniciens confirmés, soit au-dessus du SMIC.
Quelle est la durée légale des congés payés dans cette convention ?
La convention accorde 2,5 jours ouvrables par mois travaillé, soit 30 jours ouvrables annuels. Des congés supplémentaires sont prévus selon l'ancienneté : 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans.