Présentation de la convention collective cordonnerie
La convention collective nationale de la cordonnerie (IDCC 1561) régit les relations de travail dans le secteur de la réparation et fabrication de chaussures. Elle s’applique aux entreprises dont l’activité principale concerne la cordonnerie, la réparation de chaussures, maroquinerie et articles en cuir.
Cette convention couvre environ 15 000 salariés répartis dans plus de 3 000 entreprises, principalement des TPE et PME familiales. Elle concerne tous les salariés travaillant dans les ateliers de cordonnerie, magasins de réparation, ainsi que les apprentis du secteur.
Le code IDCC 1561 doit obligatoirement figurer sur les bulletins de paie et contrats de travail des entreprises relevant de cette convention collective.
Salaires minimums et grille de rémunération
La convention collective cordonnerie établit une grille salariale structurée en plusieurs niveaux :
- Niveau I (débutant) : 1 650 € bruts mensuels minimum
- Niveau II (ouvrier qualifié) : 1 750 € bruts mensuels
- Niveau III (ouvrier hautement qualifié) : 1 900 € bruts mensuels
- Niveau IV (maître-cordonnier) : 2 100 € bruts mensuels
Ces minima conventionnels sont supérieurs au SMIC (1 678,95 € en 2024) dès le niveau II. La convention prévoit également des coefficients spécifiques pour les apprentis, évoluant de 50% à 90% du salaire minimum conventionnel selon l’année de formation.
Durée du travail et congés
La durée légale de travail est fixée à 35 heures hebdomadaires, avec possibilité d’effectuer des heures supplémentaires dans les limites légales. Les entreprises peuvent mettre en place des horaires flexibles pour s’adapter à la demande client.
En matière de congés payés, la convention prévoit :
- 5 semaines de congés payés légaux
- Congés d’ancienneté : 1 jour supplémentaire après 10 ans, 2 jours après 20 ans
- Congés pour événements familiaux majorés par rapport au Code du travail
Les jours fériés suivent la réglementation légale, avec des dispositions spécifiques pour le 1er mai chômé et payé.
Période d’essai et préavis
Les périodes d’essai respectent les durées maximales du Code du travail :
- Ouvriers : 2 mois renouvelable une fois
- Employés/Techniciens : 3 mois renouvelable une fois
- Cadres : 4 mois renouvelable une fois
Pour les préavis de licenciement, la convention prévoit :
- Moins de 6 mois d’ancienneté : 1 semaine
- 6 mois à 2 ans : 1 mois
- Plus de 2 ans : 2 mois
Ces durées sont identiques à celles du Code du travail, sans amélioration conventionnelle spécifique.
Indemnités de licenciement
L’indemnité de licenciement conventionnelle est plus favorable que l’indemnité légale :
- 1/4 de mois par année d’ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois par année au-delà de 10 ans
- Minimum de 2 mois de salaire après 5 ans d’ancienneté
Cette indemnisation conventionnelle représente un avantage significatif par rapport au calcul légal, particulièrement pour les salariés ayant une ancienneté importante.
Primes et avantages
La convention collective cordonnerie prévoit plusieurs primes obligatoires :
- Prime d’ancienneté : 3% du salaire après 3 ans, 6% après 8 ans, 9% après 15 ans
- Prime d’outillage : indemnité forfaitaire pour l’entretien des outils personnels
- Indemnités vestimentaires : prise en charge des équipements de protection
Aucune 13ème mois n’est prévue de manière obligatoire, mais certaines entreprises peuvent l’accorder par usage ou accord d’entreprise.
Prévoyance et mutuelle
Les obligations de prévoyance comprennent :
- Mutuelle obligatoire : prise en charge minimum 50% par l’employeur
- Prévoyance décès-invalidité : garanties minimales définies par accord de branche
- Maintien de salaire en cas d’arrêt maladie selon l’ancienneté
Les garanties prévoyance couvrent notamment le décès (3 fois le salaire annuel brut), l’invalidité permanente et l’incapacité temporaire avec des taux de remboursement progressifs.
Ce que cela implique pour les employeurs TPE/PME
Pour les employeurs du secteur cordonnerie, cette convention impose plusieurs obligations spécifiques souvent méconnues :
Obligations principales
- Respect des minima salariaux conventionnels supérieurs au SMIC
- Mise en place obligatoire de la prévoyance et mutuelle collective
- Application des primes d’ancienneté automatiques
- Gestion spécifique des apprentis avec coefficients évolutifs
Erreurs fréquentes à éviter
Les erreurs les plus courantes observées par nos experts AdvizExperts chez les TPE/PME :
- Application du SMIC au lieu des minima conventionnels
- Oubli du calcul et versement des primes d’ancienneté
- Non-respect des durées de préavis spécifiques
- Absence de mise en place de la prévoyance obligatoire
Conseils AdvizExperts
AdvizExperts, cabinet d’expertise comptable spécialisé TPE/PME à Paris 8, recommande aux employeurs du secteur cordonnerie :
- Audit annuel de conformité conventionnelle
- Mise en place d’outils de suivi des minima salariaux
- Formation des responsables RH aux spécificités de la convention
- Révision régulière des contrats de travail et bulletins de paie
Notre expertise dans l’accompagnement des professions libérales et TPE/PME nous permet d’identifier rapidement les non-conformités et de proposer des solutions adaptées à votre structure. N’hésitez pas à nous consulter pour un diagnostic personnalisé de votre situation conventionnelle.
Questions fréquentes
Quel est le salaire minimum dans la convention collective cordonnerie ?
La convention collective cordonnerie prévoit des salaires minimaux par niveau, généralement supérieurs au SMIC. Les apprentis bénéficient de grilles spécifiques progressives selon leur année de formation.
Quelle est la durée du préavis de licenciement en cordonnerie ?
Le préavis de licenciement varie selon l'ancienneté : généralement 1 semaine pour moins de 6 mois d'ancienneté, 1 mois entre 6 mois et 2 ans, et 2 mois au-delà de 2 ans d'ancienneté.
Y a-t-il des congés supplémentaires dans la convention cordonnerie ?
Oui, la convention prévoit des jours de congés supplémentaires liés à l'ancienneté, ainsi que des dispositions spécifiques pour certains événements familiaux au-delà des obligations légales.