Présentation de la convention collective nettoyage et manutention aéroports
La convention collective du nettoyage et de la manutention dans les aéroports de la région parisienne (IDCC 1391) s’applique spécifiquement aux entreprises exerçant des activités de nettoyage, d’entretien et de manutention dans les aéroports parisiens (Charles de Gaulle, Orly, Le Bourget). Cette convention couvre environ 8 500 salariés répartis dans une cinquantaine d’entreprises spécialisées.
Le champ d’application concerne les entreprises intervenant dans les zones aéroportuaires pour des prestations de nettoyage des terminaux, bureaux, commerces, ainsi que la manutention légère et les services annexes. Les salariés concernés incluent les agents de nettoyage, agents qualifiés, chefs d’équipe, et personnel d’encadrement.
Salaires minimums et grille de rémunération
La grille salariale 2026 de la convention collective établit des minima conventionnels supérieurs au SMIC :
- Niveau I (agent de nettoyage) : 1 747,20 € brut mensuel
- Niveau II (agent qualifié) : 1 824,70 € brut mensuel
- Niveau III (chef d’équipe) : 1 902,20 € brut mensuel
- Niveau IV (agent de maîtrise) : 2 156,40 € brut mensuel
Ces montants représentent une majoration de 2,5% par rapport au SMIC pour le niveau I, garantissant une rémunération attractive dans le secteur aéroportuaire. La convention prévoit également des échelons d’ancienneté avec augmentations automatiques tous les 3 ans.
Durée du travail et congés
La durée légale du travail est fixée à 35 heures hebdomadaires. Cependant, compte tenu des contraintes aéroportuaires, la convention organise le temps de travail par cycles et équipes successives, avec possibilité d’horaires décalés et de travail de nuit majoré de 15%.
Congés payés
Au-delà des 25 jours légaux, la convention accorde :
- 2 jours supplémentaires d’ancienneté (1 jour après 10 ans, 1 jour après 20 ans)
- Fractionnement facilité des congés selon les contraintes de service
- Majoration de 10% pour congés pris hors période estivale
Jours fériés
Tous les jours fériés légaux sont chômés et payés. Le travail un jour férié donne lieu à une majoration de 100% et récupération d’une journée.
Période d’essai et préavis
Les durées de période d’essai sont alignées sur les maxima légaux :
- Agents (niveaux I et II) : 2 mois, renouvelable 1 fois
- Agents de maîtrise : 3 mois, renouvelable 1 fois
- Cadres : 4 mois, renouvelable 1 fois
Durées de préavis
La convention prévoit des préavis renforcés par rapport au Code du travail :
- Moins de 6 mois d’ancienneté : 48 heures
- 6 mois à 2 ans : 1 mois
- Plus de 2 ans : 2 mois
- Cadres : 3 mois quel que soit l’ancienneté
Indemnités de licenciement
Le calcul conventionnel améliore l’indemnisation légale :
- 1/5ème de mois par année d’ancienneté pour les 10 premières années
- 1/3 de mois par année au-delà de 10 ans d’ancienneté
- Majoration de 15% après 15 ans d’ancienneté
Ces montants sont calculés sur la moyenne des 12 derniers mois, primes incluses, soit généralement 20% supérieurs aux indemnités légales.
Primes et avantages
13ème mois
Tous les salariés bénéficient d’une prime de 13ème mois versée en décembre, calculée au prorata du temps de présence. Elle représente 1/12ème de la rémunération annuelle brute.
Prime d’ancienneté
- 3 ans : 2% du salaire de base
- 6 ans : 4% du salaire de base
- 9 ans : 6% du salaire de base
- 15 ans et plus : 8% du salaire de base
Avantages spécifiques
La convention prévoit également une prime de transport de 50 € mensuel pour compenser les contraintes d’accès aux zones aéroportuaires, ainsi qu’une prime de nuit de 0,76 € par heure travaillée entre 21h et 6h.
Prévoyance et mutuelle
L’employeur doit souscrire obligatoirement :
- Mutuelle santé : participation employeur à hauteur de 60% minimum
- Prévoyance décès/invalidité : 1,5% de la masse salariale
- Garantie incapacité temporaire : maintien de salaire à 90% pendant 90 jours
Ces garanties s’appliquent dès l’embauche pour la mutuelle et après 3 mois pour la prévoyance.
Ce que cela implique pour l’employeur TPE/PME
Les entreprises soumises à cette convention doivent respecter des obligations strictes souvent méconnues. Les erreurs fréquentes incluent l’application incorrecte des majorations de nuit, le non-respect des minima salariaux conventionnels et l’oubli des primes d’ancienneté.
Conseils AdvizExperts
AdvizExperts, cabinet d’expertise comptable parisien spécialisé dans l’accompagnement des TPE/PME, recommande :
- Audit social annuel pour vérifier la conformité conventionnelle
- Paramétrage spécifique de la paie pour intégrer automatiquement les spécificités
- Formation des équipes RH aux particularités de cette convention
- Veille juridique sur les évolutions conventionnelles et avenants
Le non-respect de ces dispositions peut entraîner des rappels de salaire importants et des sanctions prudhommales. L’accompagnement d’experts permet de sécuriser votre gestion sociale tout en optimisant vos coûts salariaux dans le respect du droit social.
Questions fréquentes
Quels sont les salaires minimums dans la convention collective nettoyage aéroports ?
Les salaires minimums varient selon les niveaux de qualification : niveau I (agent de nettoyage) : 1 747,20 €, niveau II (agent qualifié) : 1 824,70 €, niveau III (chef d'équipe) : 1 902,20 €. Ces montants sont supérieurs au SMIC.
Combien de jours de congés supplémentaires prévoit cette convention ?
La convention accorde 2 jours de congés supplémentaires pour ancienneté : 1 jour après 10 ans d'ancienneté et 1 jour supplémentaire après 20 ans, s'ajoutant aux 25 jours légaux.
Quelle est la période d'essai pour un agent de nettoyage ?
Pour les agents de nettoyage (niveau I), la période d'essai est de 2 mois, renouvelable une fois. Pour les niveaux supérieurs, elle peut aller jusqu'à 4 mois selon la fonction.