Présentation de la convention collective de la restauration ferroviaire
La convention collective de la restauration ferroviaire (IDCC 1311) régit les relations de travail dans un secteur spécifique alliant restauration et transport. Cette convention s’applique aux entreprises exploitant des services de restauration dans l’enceinte des gares et à bord des trains.
Champ d’application et entreprises concernées
Le champ d’application couvre :
- Les restaurants et bars situés dans les gares SNCF
- Les services de restauration à bord des trains
- Les activités de vente ambulante dans les trains
- Les services traiteur ferroviaire
- Les cafétérias et espaces de restauration rapide en gare
Environ 8 500 salariés sont couverts par cette convention, travaillant dans des entreprises souvent de petite taille mais opérant dans un environnement ferroviaire spécifique nécessitant des adaptations particulières.
Salaires minimums et grille de rémunération
La convention collective établit une grille de salaires minimums hiérarchisée en fonction des qualifications et responsabilités.
Grille des salaires minimums 2026
- Niveau I – Employé : 1 766€ bruts mensuels
- Niveau II – Employé qualifié : 1 820€ bruts mensuels
- Niveau III – Agent de maîtrise : 2 050€ bruts mensuels
- Niveau IV – Cadre : 2 400€ bruts mensuels minimum
Ces montants sont légèrement supérieurs au SMIC (1 766,92€ en 2026), offrant une valorisation des métiers de la restauration ferroviaire. La progression entre niveaux récompense l’acquisition de compétences spécifiques au secteur ferroviaire.
Durée du travail et congés
Organisation du temps de travail
La durée légale de travail est fixée à 35 heures par semaine, avec des spécificités liées aux contraintes ferroviaires :
- Possibilité de répartition sur 6 jours selon les horaires de trains
- Majoration de 25% des heures supplémentaires dès la 36ème heure
- Repos compensateur obligatoire pour les horaires décalés
Congés payés et jours fériés
Les salariés bénéficient de congés avantageux :
- Congés payés : 25 jours légaux + 1 à 3 jours supplémentaires selon l’ancienneté
- Jours fériés : chômés et payés, avec majoration si travaillés
- Congés ancienneté : 1 jour après 3 ans, 2 jours après 8 ans, 3 jours après 15 ans
Période d’essai et préavis
Durées de période d’essai
La convention prévoit des périodes d’essai adaptées :
- Employés : 2 mois (identique au Code du travail)
- Agents de maîtrise : 3 mois (identique au Code du travail)
- Cadres : 4 mois (identique au Code du travail)
Préavis de démission et licenciement
Les durées de préavis sont identiques aux dispositions légales :
- Employés : 1 mois après 6 mois d’ancienneté
- Agents de maîtrise : 2 mois
- Cadres : 3 mois
Indemnités de licenciement
La convention collective améliore les indemnités légales de licenciement :
Barème conventionnel vs légal
- Moins de 10 ans : 1/4 de mois par année (vs 1/4 légal)
- Plus de 10 ans : 1/3 de mois par année (vs 1/3 légal pour les années au-delà de 10 ans)
Bien que alignée sur le minimum légal, la convention garantit le respect de ces indemnités et précise les modalités de calcul sur la base du salaire moyen des 12 derniers mois.
Primes et avantages
Primes obligatoires
Les salariés bénéficient de plusieurs primes spécifiques :
- Prime d’ancienneté : 3% du salaire après 3 ans, 6% après 6 ans, 9% après 9 ans
- Prime de transport : remboursement intégral des frais de transport
- Prime de repas : avantage en nature ou indemnité repas
13ème mois et avantages
Aucun 13ème mois n’est prévu par la convention, mais les entreprises peuvent l’accorder par usage ou accord d’entreprise. Les avantages en nature incluent souvent la restauration gratuite ou à prix réduit.
Prévoyance et mutuelle
Obligations de l’employeur
La convention impose :
- Mutuelle santé : participation employeur de 50% minimum
- Prévoyance : garanties décès, incapacité, invalidité
- Couverture des risques professionnels spécifiques au secteur ferroviaire
Les garanties couvrent les risques liés aux déplacements fréquents et aux horaires atypiques du secteur.
Ce que cela implique pour l’employeur TPE/PME
Obligations spécifiques
Les employeurs du secteur doivent respecter des contraintes particulières :
- Application rigoureuse des grilles de salaires minimums
- Gestion complexe des plannings selon les horaires ferroviaires
- Mise en place obligatoire de la prévoyance collective
- Respect des majorations pour horaires atypiques
Erreurs fréquentes à éviter
Les principales erreurs observées concernent :
- Non-application des primes d’ancienneté automatiques
- Mauvais calcul des majorations d’heures supplémentaires
- Oubli des congés supplémentaires liés à l’ancienneté
- Non-respect des obligations de prévoyance
Conseils AdvizExperts
AdvizExperts, cabinet d’expertise comptable parisien spécialisé dans l’accompagnement des TPE/PME, recommande :
- Mise en place d’un logiciel de paie spécialisé pour gérer les spécificités conventionnelles
- Audit annuel de conformité conventionnelle
- Formation des managers aux obligations spécifiques du secteur
- Veille juridique permanente sur les évolutions de la convention
L’expertise d’AdvizExperts permet aux employeurs de sécuriser leurs pratiques RH et d’optimiser la gestion sociale dans ce secteur aux contraintes particulières.
Questions fréquentes
Quelles entreprises sont concernées par la convention collective de la restauration ferroviaire ?
Cette convention s'applique aux entreprises exploitant des services de restauration dans les gares et trains, incluant les bars, restaurants et services de vente ambulante dans l'enceinte ferroviaire.
Quels sont les salaires minimums dans la restauration ferroviaire en 2026 ?
Les salaires minimums varient selon les niveaux : employé niveau I à 1 766€, employé qualifié niveau II à 1 820€, et agent de maîtrise niveau III à 2 050€ bruts mensuels.
Combien de jours de congés supplémentaires prévoient cette convention ?
La convention accorde 1 à 3 jours de congés supplémentaires selon l'ancienneté, en plus des 25 jours légaux, soit jusqu'à 28 jours au total.