Présentation de la convention collective du travail mécanique du bois
La convention collective du travail mécanique du bois, des scieries, du négoce et de l’importation des bois (IDCC 0158) encadre les relations de travail dans l’industrie du bois en France. Signée le 25 octobre 1988, elle couvre environ 120 000 salariés répartis dans plus de 15 000 entreprises.
Champ d’application et entreprises concernées
Cette convention s’applique aux entreprises dont l’activité principale relève de :
- La transformation mécanique du bois et ses dérivés
- Les scieries et débitage du bois
- Le négoce et l’importation de bois
- La fabrication de parquets, lambris et moulures
- Les menuiseries industrielles et charpentes
- La fabrication d’emballages en bois
Sont couverts les ouvriers, employés, agents de maîtrise et cadres des établissements de métropole et d’outre-mer.
Salaires minimums et grille de rémunération
La convention établit une classification professionnelle en 5 niveaux avec des coefficients hiérarchiques :
Grille des salaires minimums conventionnels
- Niveau I (coefficient 100) : Ouvrier spécialisé – 1 580 € brut/mois
- Niveau II (coefficient 120) : Ouvrier qualifié – 1 685 € brut/mois
- Niveau III (coefficient 150) : Ouvrier hautement qualifié – 1 890 € brut/mois
- Niveau IV (coefficient 200) : Agent de maîtrise – 2 280 € brut/mois
- Niveau V (coefficient 300) : Cadre – 3 150 € brut/mois
Ces minima conventionnels sont systématiquement supérieurs au SMIC (1 554,58 € en 2024), offrant une meilleure protection aux salariés du secteur.
Durée du travail et congés
Organisation du temps de travail
La durée hebdomadaire de travail est fixée à 35 heures, réparties sur 5 jours. Des aménagements sont possibles :
- Horaires modulés selon la saisonnalité
- Travail de nuit avec majoration de 25%
- Travail du samedi avec majoration de 25%
Congés payés et jours fériés
Au-delà des 25 jours ouvrables légaux, la convention prévoit :
- 1 jour supplémentaire après 20 ans d’ancienneté
- 2 jours supplémentaires après 25 ans d’ancienneté
- Fermeture d’entreprise possible 3 semaines consécutives en été
- Pont de l’Ascension généralement accordé
Période d’essai et préavis
Durées de période d’essai
La convention fixe des périodes d’essai identiques au Code du travail :
- Ouvriers et employés : 2 mois renouvelables une fois
- Agents de maîtrise : 3 mois renouvelables une fois
- Cadres : 4 mois renouvelables une fois
Préavis de licenciement et démission
Les préavis conventionnels sont plus favorables que la loi :
- Moins de 6 mois d’ancienneté : 1 semaine
- 6 mois à 2 ans : 1 mois
- Plus de 2 ans : 2 mois
- Cadres : 3 mois quel que soit l’ancienneté
Indemnités de licenciement
Le calcul conventionnel dépasse largement les minima légaux :
Barème conventionnel
- 1 à 10 ans d’ancienneté : 1/4 de mois par année
- Au-delà de 10 ans : 1/3 de mois par année supplémentaire
- Licenciement économique : majoration de 20% de l’indemnité
À titre de comparaison, le Code du travail prévoit seulement 1/4 de mois jusqu’à 10 ans et 1/3 au-delà, sans majoration économique.
Primes et avantages
Prime d’ancienneté
Une prime mensuelle s’applique dès 3 ans d’ancienneté :
- 3 à 7 ans : 2% du salaire de base
- 8 à 12 ans : 4% du salaire de base
- 13 à 17 ans : 6% du salaire de base
- Plus de 18 ans : 8% du salaire de base
Autres avantages
- Prime d’assiduité : bonus pour absence de congés maladie
- Indemnités de déplacement : remboursement kilométrique majoré
- Prime de pénibilité : pour certains postes exposés
- Participation aux bénéfices dans les entreprises de plus de 50 salariés
Prévoyance et mutuelle
Couverture santé obligatoire
L’employeur doit souscrire une mutuelle collective avec participation minimale de 60%. Les garanties incluent :
- Remboursement à 125% des tarifs de base sécurité sociale
- Forfait optique : 120 € par bénéficiaire
- Forfait dentaire : 300 € par an
Prévoyance décès-invalidité
Couverture obligatoire financée à 100% par l’employeur :
- Capital décès : 3 fois le salaire annuel brut
- Rente invalidité : 60% du salaire en cas d’incapacité
- Rente éducation : 25% du salaire par enfant à charge
Ce que cela implique pour l’employeur TPE/PME
Obligations principales
Les dirigeants de TPE/PME du secteur doivent impérativement respecter :
- Application des salaires minimums conventionnels supérieurs au SMIC
- Versement de la prime d’ancienneté dès 3 ans
- Respect des préavis majorés par rapport au Code du travail
- Souscription obligatoire mutuelle et prévoyance
Erreurs fréquentes à éviter
- Sous-estimation des indemnités de licenciement conventionnelles
- Oubli de la prime d’ancienneté dans le calcul des charges
- Mauvaise classification des salariés selon les niveaux
- Non-respect des majorations pour travail de nuit ou samedi
Conseils AdvizExperts
Chez AdvizExperts, cabinet d’expertise comptable spécialisé TPE/PME à Paris 8, nous recommandons à nos clients du secteur bois :
- Audit social annuel pour vérifier la conformité conventionnelle
- Mise en place d’outils de suivi des primes et anciennetés
- Négociation groupée des contrats mutuelle/prévoyance
- Formation RH sur les spécificités conventionnelles
Nos experts accompagnent les entreprises du travail mécanique du bois dans l’application rigoureuse de cette convention collective complexe, évitant ainsi les contentieux prud’homaux coûteux.
Questions fréquentes
Quelles entreprises sont concernées par la convention collective du travail mécanique du bois ?
Cette convention s'applique aux scieries, entreprises de négoce et importation de bois, menuiseries industrielles, fabrication de parquets et tous les établissements travaillant mécaniquement le bois.
Quels sont les salaires minimums dans la convention collective IDCC 0158 ?
Les salaires varient selon 5 niveaux de qualification, allant de l'ouvrier spécialisé (niveau I) au cadre (niveau V), avec des minima conventionnels généralement supérieurs au SMIC.
Quelle est la durée légale du préavis de licenciement dans cette convention ?
Le préavis varie de 1 semaine pour les ouvriers avec moins de 6 mois d'ancienneté à 3 mois pour les cadres, dépassant souvent les durées légales du Code du travail.