Texte officiel de l’article 150 VH bis du CGI
I. – Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices professionnels, les plus-values réalisées par les personnes physiques domiciliées fiscalement en France au sens de l’article 4 B , directement ou par personne interposée, lors d’une cession à titre onéreux d’actifs numériques mentionnés à l’article L. 54-10-1 du code monétaire et financier ou de droits s’y rapportant sont passibles de l’impôt sur le revenu dans les conditions prévues au présent article. II. – A. – Les dispositions du I du présent article ne sont pas applicables, au titre de l’année d’échange, aux opérations d’échange sans soulte entre actifs numériques définis au même I ou droits s’y rapportant. B. – Les personnes réalisant des cessions dont la somme des prix, tels que définis au A du III, n’excède pas 305 € au cours de l’année d’imposition hors opérations mentionnées au A du présent II, sont exonérées. III. – La plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés au I est égale à la différence entre, d’une part, le prix de cession et, d’autre part, le produit du prix total d’acquisition de l’ensemble du portefeuille d’actifs numériques par le quotient du prix de cession sur la valeur globale de ce portefeuille. A. – Le prix de cession à retenir est le prix réel perçu ou la valeur de la contrepartie obtenue par le cédant, le cas échéant comprenant la soulte qu’il a reçue ou minoré de la soulte qu’il a versée lors de cette cession. Le prix de cession est réduit, sur justificatifs, des frais supportés par le cédant à l’occasion de cette cession. B. – Le prix total d’acquisition du portefeuille d’actifs numériques est égal à la somme des prix effectivement acquittés en monnaie ayant cours légal à l’occasion de l’ensemble des acquisitions d’actifs numériques ou de droits s’y rapportant réalisées avant la cession et de la valeur de chacun des services et des biens, autres que des actifs numériques ou droits s’y rapportant remis lors d’échanges ayant bénéficié du sursis d’imposition prévu au A du II, comprenant le cas échéant les soultes versées, remis en contrepartie d’actifs numériques ou de droits s’y rapportant avant cette même cession. En cas d’acquisition à titre gratuit, le prix d’acquisition à retenir s’entend de la valeur retenue pour la détermination des droits de mutation à titre gratuit ou, à défaut, de la valeur réelle des actifs numériques ou des droits s’y rapportant déterminée au moment de leur entrée dans le patrimoine du cédant. Le prix total d’acquisition déterminé par application des deux premiers alinéas du présent B est réduit de la somme des fractions de capital initial contenues dans la valeur ou le prix de chacune des différentes cessions d’actifs numériques ou droits s’y rapportant, à titre gratuit ou onéreux hors échanges ayant bénéficié du sursis d’imposition prévu au A du II, antérieurement réalisées. Lorsqu’un ou plusieurs échanges avec soulte reçue par le cédant ont été réalisés antérieurement à la cession imposable, le prix total d’acquisition est minoré du montant des soultes. C. – La valeur globale du portefeuille d’actifs numériques est égale à la somme des valeurs, évaluées au moment de la cession imposable, des différents actifs numériques et droits s’y rapportant détenus par le cédant avant de procéder à la cession. IV. – Les moins-values brutes subies au cours d’une année d’imposition au titre des cessions de biens ou droits mentionnés au I, autres que celles entrant dans le champ du II, sont imputées exclusivement sur les plus-values brutes de même nature, réalisées au titre de cette même année. V. – A. – L’impôt sur le revenu correspondant à la plus-value mentionnée au présent article est versé par la personne physique qui réalise, directement ou par personne interposée, la cession. Les redevables portent sur la déclaration annuelle prévue à l’article 170 le montant global de la plus ou moins-value réalisée au titre des cessions imposables de l’année. Ils joignent à cette déclaration une annexe conforme à un modèle établi par l’administration, sur laquelle ils mentionnent et évaluent l’ensemble des plus ou moins-values réalisées à l’occasion de chacune des cessions imposables effectuées au cours de l’année ou les prix de chacune des cessions exonérées en application du B du II. B. – Un décret détermine les obligations déclaratives incombant aux redevables et aux personnes interposées mentionnées au I. VI. – (Abrogé).
Questions fréquentes sur l’article 150 VH bis
Quel est le seuil d'exonération pour les cryptomonnaies en 2024 ?
Le seuil d'exonération est fixé à 305€ par année d'imposition. Si vos cessions totales de cryptomonnaies n'excèdent pas ce montant, vous êtes exonéré d'impôt sur les plus-values.
Comment calculer la plus-value sur les cryptomonnaies ?
La plus-value se calcule selon la méthode du portefeuille global : différence entre le prix de cession et une quote-part du prix d'acquisition total du portefeuille. Cette méthode évite le suivi individuel de chaque actif numérique.
Ce que dit l’article 150 VH bis du CGI
L’article 150 VH bis constitue le fondement de la fiscalité cryptomonnaies particuliers en France. Ce texte soumet à l’impôt sur le revenu les plus-values réalisées par les personnes physiques domiciliées fiscalement en France lors de la cession d’actifs numériques (Bitcoin, Ethereum, etc.). Contrairement aux bénéfices professionnels, ces gains relèvent du régime des plus-values mobilières avec des règles spécifiques.
Application pratique
Seuil d’exonération de 305€
L’imposition bitcoin et autres cryptomonnaies bénéficie d’un seuil de tolérance. Si le total de vos cessions annuelles n’excède pas 305€, vous êtes totalement exonéré. Par exemple : si vous vendez 200€ de Bitcoin et 80€ d’Ethereum dans l’année, soit 280€ au total, aucune déclaration n’est requise.
Méthode du portefeuille global
Pour calculer la plus-value crypto, la loi impose une méthode particulière. Supposons un portefeuille de 10 000€ (prix d’acquisition total) valant 15 000€ au moment de la vente. Si vous cédez 3 000€ de cryptomonnaies, votre plus-value sera : 3 000€ – (10 000€ × 3 000€ / 15 000€) = 3 000€ – 2 000€ = 1 000€.
Pour les TPE/PME
Les dirigeants d’entreprise détenant des cryptomonnaies à titre personnel doivent distinguer leurs investissements privés de l’activité professionnelle. Les gains relèvent alors de l’article 150 VH bis, avec une imposition au barème progressif majorée de 17,2% de prélèvements sociaux.
Pour les professions libérales et avocats
Les professionnels libéraux investissant en cryptomonnaies dans leur patrimoine privé appliquent le régime de l’article 150 VH bis. Attention : si l’activité crypto devient habituelle et spéculative, elle pourrait basculer en bénéfices professionnels (BNC), avec une fiscalité différente.
Pour les auto-entrepreneurs
Un auto-entrepreneur peut détenir des cryptomonnaies en parallèle de son activité. Les plus-values restent soumises à l’article 150 VH bis, distinctement du chiffre d’affaires déclaré sous le régime micro. Le seuil exonération 305 euros s’applique normalement.
Points d’attention
L’échange crypto-crypto sans soulte bénéficie d’un sursis d’imposition. Cependant, dès qu’une conversion en euros intervient, l’imposition se déclenche. La déclaration crypto impôts s’effectue via l’annexe spécialisée jointe à la déclaration 2042, avec un détail de chaque cession imposable. Les moins-values ne s’imputent que sur les plus-values crypto de même nature, pas sur d’autres revenus.
Articles du CGI liés
L’article 150 VH bis renvoie à l’article 4 B (domicile fiscal), à l’article L. 54-10-1 du Code monétaire et financier (définition des actifs numériques) et à l’article 170 (déclaration annuelle). Ces références croisées permettent une application cohérente du dispositif fiscal.
Conseil AdvizExperts
Notre cabinet AdvizExperts, spécialisé dans l’accompagnement des TPE/PME et professions libérales à Paris 8, recommande une tenue rigoureuse des registres crypto. Documentez chaque transaction avec dates, montants et contreparties. Pour les portefeuilles complexes, un suivi informatisé devient indispensable. N’hésitez pas à nous consulter pour optimiser votre fiscalité crypto dans le respect de la réglementation.