Texte officiel de l’article 1649 AC ter du CGI
I.-Le prestataire de services mentionné au I de l’ article 1649 AC bis est tenu de souscrire la déclaration prévue au même article lorsque : 1° Il a été agréé par les autorités françaises conformément à l’article 63 du règlement (UE) 2023/1114 du Parlement européen et du Conseil du 31 mai 2023 précité ou autorisé à fournir des services sur crypto-actifs à la suite d’une notification adressée à ces autorités conformément à l’article 60 du même règlement ; 2° Il ne remplit pas la condition prévue au 1° du présent I mais remplit l’une des conditions suivantes : a) Il a sa résidence fiscale en France ; b) Il est, d’une part, constitué en société conformément à la législation française et, d’autre part, soit doté de la personnalité morale en France, soit tenu de déposer une déclaration auprès de l’administration fiscale au titre des revenus qu’il y perçoit ; c) Il est géré depuis la France ; d) Il a son siège d’activité habituel en France ; 3° Une transaction mentionnée au D du II de l’article 1649 AC bis est réalisée par l’intermédiaire de l’une de ses succursales établie en France. II.-Toutefois, le prestataire de services n’est pas tenu de souscrire la déclaration prévue à l’article 1649 AC bis lorsque : 1° Il est soumis à l’obligation déclarative en application des b, c ou d du 2° du I du présent article mais a sa résidence fiscale dans un Etat ou un territoire partenaire défini au III et y remplit des obligations équivalentes à celles prévues à l’article 1649 AC bis ; 2° Soit il est soumis à l’obligation déclarative en application des c ou d du 2° du I du présent article mais est constitué en société conformément à la législation d’un Etat ou d’un territoire partenaire et est doté de la personnalité morale dans cet Etat ou ce territoire, soit il est tenu de déposer une déclaration auprès de l’administration de cet Etat ou de ce territoire au titre des revenus qu’il y perçoit et y remplit des obligations équivalentes à celles prévues à l’article 1649 AC bis ; 3° Il est soumis à l’obligation déclarative en application du d du 2° du I du présent article mais est géré depuis un Etat ou un territoire partenaire et y remplit des obligations équivalentes à celles prévues à l’article 1649 AC bis ; 4° Il est soumis à l’obligation déclarative en application du d du 2° du I du présent article mais a sa résidence fiscale dans un Etat ou territoire partenaire et y remplit des obligations équivalentes à celles prévues à l’article 1649 AC bis ; 5° Il a adressé une notification à l’administration fiscale, dans un format déterminé par cette dernière, confirmant qu’il remplit ses obligations dans un Etat ou un territoire partenaire en application de critères substantiellement similaires à ceux prévus au même article 1649 AC bis ; 6° Il est soumis à l’obligation déclarative en application du I du présent article en raison de transactions effectuées par l’intermédiaire d’une succursale établie dans un Etat ou un territoire partenaire mais ses obligations sont remplies par cette succursale dans cet Etat ou ce territoire partenaire. III.-Un Etat ou un territoire partenaire est un Etat membre de l’Union européenne autre que la France ou un Etat ou un territoire qui a conclu un accord lui imposant de mettre à la disposition de l’administration fiscale française les informations mentionnées au II de l’article 1649 AC bis et remplissant l’une des deux conditions suivantes : 1° Il est reconnu, par un acte d’exécution de la Commission européenne, comme étant d’effet équivalent à l’obligation prévue au même article 1649 AC bis ; 2° Il a pour objet d’appliquer une norme internationale relative à la déclaration et à l’échange de renseignements sur les crypto-actifs considérée comme une norme minimale ou équivalente.
Questions fréquentes sur l’article 1649 AC ter
Quels prestataires de crypto-actifs sont soumis aux obligations déclaratives en France ?
Les prestataires agréés par les autorités françaises, ceux ayant leur résidence fiscale en France, constitués en société française, gérés depuis la France ou ayant leur siège d'activité habituel en France sont concernés.
Un prestataire crypto européen peut-il être dispensé de déclaration en France ?
Oui, s'il remplit déjà des obligations équivalentes dans un État partenaire de l'UE et notifie cette situation à l'administration fiscale française.
Ce que dit l’article 1649 AC ter du CGI
L’article 1649 AC ter du Code général des impôts précise les obligations déclaratives crypto-actifs en définissant quels prestataires de services sont tenus de souscrire la déclaration prévue à l’article 1649 AC bis. Ce texte établit un cadre précis pour identifier les acteurs soumis à ces nouvelles obligations fiscales liées aux crypto-monnaies.
Le texte distingue trois situations principales : les prestataires agréés par les autorités françaises, ceux ayant un lien de rattachement avec la France (résidence fiscale, constitution en société française, gestion depuis la France), et ceux opérant via des succursales françaises.
Application pratique selon votre statut
Pour les TPE/PME prestataires de crypto-actifs
Une TPE constituée en société française et proposant des services d’échange de Bitcoin doit obligatoirement souscrire la déclaration, même si son chiffre d’affaires annuel ne dépasse que 50 000 €. Cette obligation s’applique dès la première transaction client, sans seuil minimum.
Exemple concret : une SARL parisienne développant une application mobile d’achat/vente de crypto-monnaies doit déclarer toutes les transactions de ses utilisateurs français, incluant les montants, dates et types d’opérations.
Pour les professions libérales et avocats
Les avocats conseillant des clients sur les crypto-actifs ne sont généralement pas concernés car ils ne fournissent pas de services directs sur crypto-actifs au sens du règlement européen. En revanche, un cabinet proposant des services de custody (conservation) de crypto-monnaies entrerait dans le champ d’application.
Pour les auto-entrepreneurs
Un auto-entrepreneur français proposant des services de courtage en crypto-actifs, même à titre accessoire, est soumis aux obligations déclaratives. Il doit s’enregistrer auprès de l’administration fiscale et collecter toutes les informations requises sur ses clients.
Points d’attention essentiels
L’article prévoit des exemptions importantes pour éviter les doubles déclarations. Un prestataire services crypto France peut être dispensé s’il remplit déjà des obligations équivalentes dans un État partenaire de l’UE. Cette dispense nécessite une notification formelle à l’administration fiscale française.
Les sanctions en cas de non-respect sont prévues à l’article 1649 AC sexies : mise en demeure, puis retrait du numéro d’enregistrement en cas de persistance du manquement. La période de conservation des données s’étend de 5 à 10 ans minimum.
Articles du CGI liés
L’article 1649 AC ter s’articule avec l’article 1649 AC bis (contenu de la déclaration), l’article 1649 AC quater (utilisateurs concernés), l’article 1649 AC quinquies (diligences d’identification) et l’article 1649 AC sexies (enregistrement et sanctions). Ensemble, ces textes forment le cadre complet de la réglementation crypto entreprise.
Conseil AdvizExperts
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