Présentation de la convention collective des salariés du particulier employeur
La convention collective des salariés du particulier employeur (IDCC 2111) s’applique depuis le 1er janvier 2022 aux relations de travail entre les particuliers employeurs et leurs salariés à domicile. Cette convention remplace l’ancien accord du 29 mars 2014 et couvre environ 1,4 million de salariés en France.
Le champ d’application concerne tous les particuliers employeurs qui recourent aux services d’employés de maison, assistantes maternelles, gardes d’enfants, auxiliaires de vie, jardiniers, chauffeurs particuliers ou tout autre salarié travaillant au domicile d’un particulier. Sont exclus les salariés relevant d’autres conventions spécifiques comme les assistants maternels du particulier employeur.
Cette convention s’applique sur l’ensemble du territoire français, y compris les départements d’outre-mer, et concerne les contrats de travail conclus avec des particuliers employeurs, qu’ils soient à temps plein ou temps partiel, en CDI ou CDD.
Salaires minimums et grille de rémunération
La convention collective établit une grille de salaires minimums structurée en trois niveaux principaux, revalorisée au 1er janvier 2024 :
- Niveau 1 (emplois non qualifiés) : 10,57 € de l’heure
- Niveau 2 (emplois qualifiés) : 11,27 € de l’heure
- Niveau 3 (emplois hautement qualifiés) : 12,54 € de l’heure
Ces minima sont supérieurs au SMIC (11,27 € en 2024) pour les niveaux 2 et 3, garantissant une revalorisation des métiers qualifiés du secteur. Le niveau 1 correspond exactement au SMIC horaire, offrant une protection minimale aux salariés non qualifiés.
La classification dépend des compétences, de l’autonomie et des responsabilités du salarié. Un garde d’enfant avec formation spécialisée relève du niveau 2, tandis qu’une gouvernante expérimentée peut prétendre au niveau 3.
Durée du travail et congés
La durée légale du travail reste fixée à 35 heures hebdomadaires. Les heures supplémentaires sont majorées de 25% de la 36ème à la 43ème heure, puis de 50% au-delà. Pour les salariés logés, le temps de présence responsable est décompté forfaitairement.
Concernant les congés payés, la convention accorde des avantages supplémentaires :
- Congés légaux : 2,5 jours ouvrables par mois travaillé
- Congés d’ancienneté : 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans, 3 jours après 20 ans
- Fractionnement : indemnité de 2 jours si plus de 12 jours pris hors période principale
Les jours fériés sont chômés et payés s’ils tombent un jour habituel de travail. Le 1er mai est obligatoirement chômé et payé double si travaillé.
Période d’essai et préavis
La période d’essai est encadrée selon le type de contrat :
- CDI temps plein : 2 mois maximum, renouvelable une fois
- CDI temps partiel (+ de 20h/semaine) : 1 mois maximum
- CDI temps partiel (- de 20h/semaine) : proportionnelle à la durée hebdomadaire
- CDD : 1 jour par semaine de contrat, dans la limite de 2 semaines
Les préavis de licenciement dépassent les minima légaux :
- Moins de 6 mois d’ancienneté : 1 semaine (contre aucun préavis légal)
- 6 mois à 2 ans : 1 mois (identique au Code du travail)
- Plus de 2 ans : 2 mois (identique au Code du travail)
Cette protection renforcée en début de contrat constitue un avantage notable par rapport à la législation générale.
Indemnités de licenciement
L’indemnité de licenciement conventionnelle est plus favorable que l’indemnité légale à partir de 3 ans d’ancienneté :
- 8 mois à 1 an : 1/10ème de mois par mois d’ancienneté
- 1 à 3 ans : 1/8ème de mois par mois d’ancienneté
- 3 à 10 ans : 1/4 de mois par mois (contre 1/5ème légal)
- Plus de 10 ans : 1/3 de mois par mois (contre 1/3 + 1/15ème légal)
Cette indemnisation conventionnelle représente un coût supplémentaire significatif pour l’employeur particulier en cas de rupture du contrat de travail.
Primes et avantages
La convention collective prévoit plusieurs primes obligatoires :
- Prime d’ancienneté : 3% après 3 ans, 6% après 5 ans, 9% après 10 ans, 12% après 15 ans
- Indemnité de sujétions particulières : pour travail de nuit, dimanche, jours fériés
- Prime de précarité en CDD : 10% de la rémunération brute totale
Les avantages en nature (logement, nourriture, véhicule) sont évalués selon les barèmes URSSAF et constituent un complément de rémunération non négligeable. Le logement est valorisé à 3,51 € par jour en 2024.
Contrairement à de nombreux secteurs, aucune prime de 13ème mois n’est prévue par la convention, sauf accord particulier entre les parties.
Prévoyance et mutuelle
L’employeur particulier a des obligations en matière de protection sociale :
- Mutuelle d’entreprise : pas d’obligation spécifique, mais possibilité d’adhésion volontaire
- Prévoyance : couverture des risques incapacité, invalidité et décès recommandée
- Médecine du travail : suivi médical assuré par les services de santé au travail
Les organismes paritaires du secteur proposent des solutions adaptées aux particuliers employeurs, avec des tarifs préférentiels et des garanties spécifiques aux métiers du domicile.
Ce que cela implique pour l’employeur TPE/PME
Bien que cette convention s’adresse aux particuliers employeurs, les TPE/PME du secteur des services à la personne doivent connaître ses dispositions pour conseiller leurs clients particuliers employeurs.
Obligations principales :
- Respecter les salaires minimaux conventionnels supérieurs au SMIC
- Appliquer les majorations d’heures supplémentaires dès la 36ème heure
- Verser les primes d’ancienneté selon le barème conventionnel
- Respecter les durées de préavis renforcées
Erreurs fréquentes à éviter :
- Omettre le paiement des congés d’ancienneté
- Calculer incorrectement l’indemnité de licenciement
- Ne pas majorer les heures supplémentaires au bon taux
- Négliger les sujétions particulières (nuit, dimanche)
AdvizExperts accompagne les entreprises du secteur des services à la personne dans la mise en conformité de leurs pratiques sociales et la formation de leurs équipes aux spécificités de cette convention collective. Notre expertise permet d’optimiser les coûts salariaux tout en respectant scrupuleusement les droits des salariés.
Questions fréquentes
Quels sont les salaires minimums dans la convention collective des salariés du particulier employeur ?
La convention collective IDCC 2111 prévoit des salaires minimums par niveau : Niveau 1 (10,57€/h), Niveau 2 (11,27€/h), Niveau 3 (12,54€/h). Ces minima sont supérieurs au SMIC pour les niveaux qualifiés.
Quelle est la durée de la période d'essai pour un salarié du particulier employeur ?
La période d'essai varie selon le contrat : 2 mois maximum pour un CDI à temps plein, 1 mois pour un temps partiel de plus de 20h/semaine, et proportionnelle pour les autres cas.
Les salariés du particulier employeur ont-ils droit à des congés payés supplémentaires ?
Oui, la convention prévoit des congés d'ancienneté : 1 jour supplémentaire après 10 ans, 2 jours après 15 ans, et 3 jours après 20 ans d'ancienneté chez le même employeur.