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EURL : IS ou IR, rester à l’impôt sur le revenu ou opter pour l’impôt sur les sociétés

Une EURL dont l’associé unique est une personne physique est imposée à l’impôt sur le revenu : tout le bénéfice est taxé chez vous et soumis à vos cotisations, que vous le preniez ou non. L’option pour l’impôt sur les sociétés ne taxe chez vous que ce que vous vous versez ; le reste paie 15 % ou 25 % dans la société. Elle se justifie quand une partie du bénéfice reste dans l’entreprise.

Rédigé par le cabinet, sources officielles Publié le Mis à jour le

Registres reliés de toile noire à coins de laiton, l’un ouvert sur des colonnes vides

En bref

À l’impôt sur le revenu, le bénéfice entier de l’EURL s’ajoute à vos revenus et sert d’assiette à vos cotisations d’indépendant. Un déficit s’impute sur le revenu global de votre foyer, puis sur celui des six années suivantes.

À l’impôt sur les sociétés, votre rémunération est déductible et taxée chez vous ; le bénéfice restant paie 15 % jusqu’à 42 500 € puis 25 %. Vos dividendes au-delà de 10 % du capital supportent vos cotisations. L’option se notifie avant la fin du troisième mois de l’exercice et peut être révoquée jusqu’au cinquième exercice.

Taux réduit d’impôt sur les sociétés

15 %

Plafond du taux réduit
42 500 €
Taux normal au-delà
25 %
Option révocable jusqu’au
5e exercice

Le comparatif

EURL à l’impôt sur le revenu EURL à l’impôt sur les sociétés
Ce qui est imposé chez vous Tout le bénéfice, prélevé ou non, au barème de l’impôt sur le revenu Votre rémunération de gérant et vos dividendes
Bénéfice laissé dans l’EURL Déjà imposé chez vous 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà
Assiette de vos cotisations Tout le bénéfice Votre rémunération, plus les dividendes au-delà de 10 % du capital
Déficit Imputé sur le revenu global du foyer, puis reporté six ans Reporté sur les bénéfices futurs de l’EURL
Comptabilité et déclaration Déclaration de résultat de l’EURL, report sur votre déclaration de revenus Comptes annuels, déclaration n° 2065, acomptes d’impôt sur les sociétés
Entrée et sortie Régime par défaut Option avant la fin du troisième mois de l’exercice, révocable jusqu’au cinquième exercice

service-public.gouv.fr : F36212, F37777, F23575 (17 février 2026), F23628, F36065. CGI, art. 8, 62, 206, 219 et 239.

Exemple : 20 000 € de bénéfice que vous ne prélevez pas

Une gérante d’EURL a besoin de 40 000 € par an pour vivre. Son EURL dégage 20 000 € de plus, qu’elle veut garder pour financer un local. Sa tranche marginale d’impôt sur le revenu est de 30 %.

À l’impôt sur le revenu : 30 % sur 20 000 €6 000 €
À l’impôt sur les sociétés : 15 % sur 20 000 €3 000 €
Écart d’impôt sur l’année3 000 €

À l’impôt sur le revenu, ces 20 000 € entrent aussi dans l’assiette de ses cotisations d’indépendante. À l’impôt sur les sociétés, ils n’y entrent pas tant qu’ils restent dans l’EURL. Le jour où elle les sortira en dividendes, ils seront imposés et, au-delà de 10 % du capital, soumis à cotisations.

Tranche à 30 % : barème de l’impôt sur le revenu des revenus de 2025. Taux de 15 % : CGI, art. 219. Exemple établi par le cabinet, hors cotisations sociales.

IR ou IS : comment trancher

Restez à l’impôt sur le revenu si vous prélevez la quasi-totalité du bénéfice, si votre tranche marginale est basse, ou si vous démarrez avec un déficit à imputer sur les autres revenus de votre foyer. Optez pour l’impôt sur les sociétés si une part durable du bénéfice reste dans l’EURL et que votre tranche marginale dépasse 15 %.

Avant d’opter, regardez aussi le statut : si vous comptez vous rémunérer surtout en dividendes, une SASU les soumet au seul prélèvement forfaitaire. Les conditions du taux de 15 % sont détaillées dans IS taux réduit ou normal.

Vos questions

Quand l’option pour l’impôt sur les sociétés est-elle intéressante ?

Quand une partie du bénéfice reste dans l’EURL pour financer un investissement, constituer une trésorerie ou rembourser un emprunt. Si vous prélevez tout le bénéfice pour vivre, l’option change peu de chose et ajoute des obligations.

Peut-on revenir à l’impôt sur le revenu ?

Oui, tant que l’option n’est pas devenue définitive : la renonciation est possible jusqu’à la fin du mois qui précède la date limite du premier acompte d’impôt sur les sociétés du cinquième exercice suivant celui de l’option. Après, l’option est irrévocable.

Que deviennent les déficits ?

À l’impôt sur le revenu, le déficit s’impute sur le revenu global du foyer de l’année, puis sur celui des six années suivantes. À l’impôt sur les sociétés, il reste dans l’EURL et se reporte sur ses bénéfices futurs.

Ma rémunération de gérant est-elle déductible ?

À l’impôt sur les sociétés, oui : elle est une charge de l’EURL et vous êtes imposé dessus comme rémunération de gérant. À l’impôt sur le revenu, votre prélèvement n’est pas une charge : c’est le bénéfice entier qui est imposé.

Les dividendes d’une EURL à l’IS sont-ils intéressants ?

Rarement avec un petit capital : la part des dividendes qui dépasse 10 % du capital supporte les mêmes cotisations qu’une rémunération. Les dividendes ne deviennent intéressants qu’avec un capital élevé, ou en SASU.

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

Faut-il opter pour l’impôt sur les sociétés ?

Nous chiffrons avec vous les deux régimes sur vos comptes, avec la rémunération que vous voulez vous verser, avant la date limite de l’option.