Aller au contenu

Article 1388 quinquies A du CGI : l’abattement de taxe foncière pour un local en résidence temporaire

Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 1er janvier 2014

En bref

Sur délibération de la commune ou de l’établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre, la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties des locaux couverts par une convention ou un contrat de résidence temporaire pouvait être réduite de 25 %. Le propriétaire devait déclarer le local avant le 1er janvier de l’année qui suit la signature.

Le texte précise que cet abattement s’applique aux impositions établies au titre des années 2014 à 2018. Il ne joue donc plus pour les années récentes. La fiche reste utile pour comprendre une imposition passée ou une réclamation.

Abattement sur la base de la taxe foncière

25 %

Décidé par
la commune ou l’EPCI à fiscalité propre
Impositions concernées
celles établies au titre de 2014 à 2018
Déclaration
avant le 1er janvier de l’année qui suit la signature

Le texte officiel

Code général des impôts, article 1388 quinquies A Version en vigueur depuis le 1er janvier 2014 Lire sur Légifrance

Sur délibération de la collectivité territoriale ou de l'établissement public de coopération intercommunale doté d'une fiscalité propre, prise dans les conditions prévues au I de l'article 1639 A bis, la base d'imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties des locaux faisant l'objet d'une convention ou d'un contrat de résidence temporaire passé en application de l'article 101 de la loi n° 2009-323 du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion peut faire l'objet d'un abattement de 25 %. Pour bénéficier de cet abattement, le redevable de la taxe adresse au service des impôts du lieu de situation des biens, avant le 1er janvier de l'année suivant celle de la signature de la convention ou du contrat, une déclaration conforme au modèle établi par l'administration comportant tous les éléments d'identification. Elle doit être accompagnée d'une copie de la convention ou du contrat de résidence temporaire. Lorsque la déclaration est souscrite hors délai, l'abattement s'applique pour la durée restant à courir après le 31 décembre de l'année de la souscription. Cet abattement s'applique aux impositions établies au titre des années 2014 à 2018.

Ce que dit l’article 1388 quinquies A

L’article ouvrait une faculté aux collectivités locales. La commune ou l’EPCI à fiscalité propre pouvait, par une délibération prise dans les conditions de l’article 1639 A bis, accorder un abattement de 25 % sur la base d’imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties. L’abattement visait les locaux couverts par une convention ou un contrat de résidence temporaire, passé en application de l’article 101 de la loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion.

Le dernier alinéa fixe sa limite dans le temps : l’abattement s’applique aux impositions établies au titre des années 2014 à 2018. Le texte est donc épuisé pour les années récentes, même s’il reste publié dans le code.

À qui il s’appliquait

Au propriétaire, redevable de la taxe foncière, d’un local faisant l’objet d’une convention ou d’un contrat de résidence temporaire. L’avantage dépendait entièrement de la décision de la commune ou de l’EPCI. Chaque collectivité fixait son choix pour sa propre part de taxe. Une commune qui n’avait pas délibéré n’accordait aucun abattement, quelle que soit la situation du propriétaire.

Nous n’avons pas trouvé de commentaire du BOFiP consacré à cet article. Nous nous en tenons donc au texte de la loi, sans lui ajouter de condition que la doctrine ne confirme pas.

Notre commentaire : un exemple chiffré

Prenons l’année 2016. Un propriétaire dispose d’un local sous convention de résidence temporaire. La base d’imposition est de 4 000 €. Le taux voté par la commune est de 35 %. La commune a délibéré pour l’abattement.

Base avant abattement4 000 €
Abattement de 25 %1 000 €
Base après abattement3 000 €
Taxe communale avant abattement (35 %)1 400 €
Taxe communale après abattement (35 %)1 050 €

L’économie atteint 350 € pour l’année. Elle ne porte que sur la part de la collectivité qui a délibéré, puisque le texte lie l’abattement à la délibération de chaque collectivité.

Article 1388 quinquies A du CGI. Base et taux donnés à titre d’illustration, sans lien avec un local réel.

Ce qu’il faut savoir

  • La déclaration conditionnait l’avantage. Elle devait parvenir au service des impôts du lieu des biens avant le 1er janvier de l’année qui suit la signature de la convention ou du contrat, accompagnée de la copie du document.
  • Le retard ne faisait pas tout perdre. Une déclaration hors délai donnait droit à l’abattement pour la durée restant à courir après le 31 décembre de l’année de la souscription.
  • La première année avait un calendrier spécial. Pour 2014, les collectivités pouvaient délibérer jusqu’au 21 janvier 2014 et les redevables déclaraient avant le 31 mars 2014.
  • L’avantage est clos. Pour une imposition postérieure à 2018, le texte ne donne plus aucun abattement : il est inutile de le réclamer pour les années récentes.

Pour comprendre l’architecture générale de la base d’imposition, reportez-vous à l’article 1388. Les autres abattements votés par les collectivités suivent le même circuit de délibération avant le 1er octobre (article 1639 A bis).

Pour aller plus loin

Une dernière précision utile en pratique : les dispositifs qui subsistent, comme l’abattement des logements en bail réel solidaire, reposent sur le même mécanisme de délibération. Avant de les inscrire dans un plan de financement, vérifiez auprès de la commune qu’elle a bien voté l’abattement et à quel taux. Sans délibération, rien n’est dû à ce titre.

Articles liés

Article 1639 A bis Le calendrier des délibérations locales, avant le 1er octobre
Article 1388 Le calcul de la base de la taxe foncière sur les propriétés bâties
Article 1388 quinquies L’abattement des immeubles des zones franches d’activités outre-mer
Article 1388 octies L’abattement des logements en bail réel solidaire, toujours ouvert aux collectivités

Vos questions

L’abattement de l’article 1388 quinquies A existe-t-il encore ?

Non pour les années récentes. Le dernier alinéa de l’article précise qu’il s’applique aux impositions établies au titre des années 2014 à 2018. L’article figure toujours dans le code, mais il ne produit plus d’effet pour une imposition ultérieure.

Quel était le montant de l’abattement ?

Vingt-cinq pour cent de la base d’imposition à la taxe foncière sur les propriétés bâties, pour les locaux faisant l’objet d’une convention ou d’un contrat de résidence temporaire. Il n’était ouvert que si la commune ou l’EPCI avait délibéré, et seulement pour sa part de taxe.

Comment fallait-il le demander ?

Le redevable adressait au service des impôts du lieu des biens, avant le 1er janvier de l’année qui suit celle de la signature, une déclaration au modèle de l’administration, accompagnée de la copie de la convention ou du contrat. Déposée en retard, elle ne valait que pour la durée restant à courir après le 31 décembre de l’année du dépôt.

Quelles dates valaient pour l’année 2014 ?

Les collectivités pouvaient délibérer jusqu’au 21 janvier 2014, et le redevable devait déposer sa déclaration, avec les pièces justificatives, avant le 31 mars 2014. Ces délais dérogatoires valaient pour la première année d’application seulement.

Quels abattements de taxe foncière restent ouverts aujourd’hui ?

Selon les collectivités, notamment l’abattement des logements en bail réel solidaire (article 1388 octies) ou celui des petites boutiques et magasins (article 1388 quinquies C). Chacun suppose une délibération locale : renseignez-vous auprès de la commune avant d’y compter.

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

Vous possédez des locaux et voulez vérifier votre taxe foncière ?

Nous contrôlons avec vous la base d’imposition, les abattements votés par votre commune et les délais pour réclamer.