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Article 1636 B undecies du CGI : le vote du taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères

Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 31 décembre 2018

En bref

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) est votée par la commune ou par le groupement qui l’a instituée, selon les règles de l’article 1639 A. L’article 1636 B undecies ajoute des règles propres : zones de perception à taux différents, taux différents pendant une période de transition de dix ans au plus, vote des tarifs de la part incitative.

Contrairement aux autres impôts locaux, le taux de TEOM n’est pas soumis aux règles de lien ni aux plafonds. Il doit toutefois rester proportionné au coût du service : le Conseil d’État juge illégal un taux qui procure plus de 15 % de recettes de plus que les dépenses prévisionnelles du service.

Période de taux différents

10 ans au plus

Zone autour d’une installation de traitement
rayon d’un kilomètre au maximum
Première année de la part incitative
produit limité à + 10 % de l’année précédente
Disproportion jugée illégale par le Conseil d’État
plus de 15 %

Le texte officiel

Code général des impôts, article 1636 B undecies Version en vigueur depuis le 31 décembre 2018 Lire sur Légifrance

1. Les communes et leurs établissements publics de coopération intercommunale ayant institué la taxe d'enlèvement des ordures ménagères conformément aux articles 1379-0 bis, 1520 et 1609 quater votent le taux de cette taxe dans les conditions fixées à l'article 1639 A. 2. Ils peuvent définir, dans les conditions prévues au 1 du II de l'article 1639 A bis, des zones de perception de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères sur lesquelles ils votent des taux différents en vue de proportionner le montant de la taxe à l'importance du service rendu apprécié en fonction des conditions de réalisation du service et de son coût. Les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale sur le territoire desquels est située une installation de transfert ou de traitement des déchets prévue par un plan régional de prévention et de gestion des déchets peuvent également définir une zone, d'un rayon d'un kilomètre au maximum, sur laquelle ils votent un taux différent ; dans ce cas, la commune ou l'établissement public de coopération intercommunale ne peut définir sur ce périmètre des zones en fonction de l'importance du service rendu. Toutefois, à titre dérogatoire, l'établissement public de coopération intercommunale ayant institué la taxe peut, pour une période qui ne peut excéder dix ans, voter des taux différents sur son périmètre, afin de limiter les hausses de cotisations liées à l'harmonisation du mode de financement. Cette dérogation peut également être mise en œuvre en cas de rattachement d'une ou plusieurs communes. L'établissement public de coopération intercommunale décide, dans les conditions prévues au 1 du II de l'article 1639 A bis, de l'application de ce dispositif et de la délimitation des zones sur lesquelles des taux différents sont votés. 3. Pour l'application du 2 : a) Pour les établissements publics de coopération intercommunale qui perçoivent la taxe dans les conditions prévues au b du 2 du VI de l'article 1379-0 bis, le syndicat mixte définit, dans les conditions prévues au 1 du II de l'article 1639 A bis, les zones de perception de la taxe en fonction de l'importance du service rendu. Il décide, dans les mêmes conditions, de l'application du second alinéa du 2 et du périmètre sur lequel ce dispositif est mis en œuvre ; b) La période durant laquelle des taux différents peuvent être votés en application du second alinéa du 2 s'applique à compter du 1er janvier 2005 pour tous les syndicats de communes et syndicats mixtes qui perçoivent la taxe à cette date et à compter de la première année au titre de laquelle l'établissement public de coopération intercommunale perçoit la taxe pour ceux qui se mettent en conformité avec la loi n° 99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale ainsi que pour les groupements nouvellement constitués. Elle s'applique à compter de l'année qui suit celle du rattachement en cas de rattachement de communes ; c) Les premier et second alinéas du 2 peuvent être appliqués simultanément. 4. Par exception au 2, les communautés de communes instituant la taxe d'enlèvement des ordures ménagères dans les conditions prévues au second alinéa du 2° du 1 du VI de l'article 1379-0 bis ne peuvent, la première année, voter que le taux de cette taxe, à l'exclusion de toute modification de ses règles d'établissement. Toutefois, lorsque la transformation est intervenue postérieurement au 15 octobre, les zones de perception en fonction de l'importance du service rendu instituées par le syndicat avant sa transformation en communauté de communes restent applicables l'année qui suit cette transformation. 5. Les communes et les établissements publics de coopération intercommunale ayant institué la part incitative de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères conformément à l'article 1522 bis votent les tarifs de cette part dans les conditions prévues à l'article 1639 A. 6. La première année d'application des dispositions de l'article 1522 bis, le produit de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères ne peut excéder de plus de 10 % le produit total de cette taxe tel qu'issu des rôles généraux au titre de l'année précédente.

Ce que dit l’article

L’article 1636 B undecies du CGI régit le vote du taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM). Les communes et leurs groupements qui ont institué la taxe en application des articles 1379-0 bis, 1520 et 1609 quater votent son taux dans les conditions de l’article 1639 A (1). Ceux qui ont institué la part incitative votent ses tarifs de la même façon (5).

Il leur permet aussi de définir des zones de perception à taux différents pour proportionner la taxe à l’importance du service rendu (2), avec une zone d’un kilomètre au plus autour d’une installation de transfert ou de traitement des déchets prévue par un plan régional. Un groupement peut enfin, pour dix ans au plus, voter des taux différents sur son périmètre afin de limiter les hausses liées à l’harmonisation du mode de financement, par exemple après un rattachement de communes.

À qui il s’applique

Aux collectivités qui lèvent la TEOM. Pour vous, propriétaire ou entreprise, c’est ce vote qui fixe le taux appliqué à la base de votre taxe foncière : deux voisins situés dans des zones de perception différentes peuvent payer des taux différents.

Ce qu’il faut savoir

  • Quand un groupement perçoit la taxe à la place d’un syndicat mixte, c’est le syndicat qui définit les zones de perception et décide d’appliquer le dispositif de taux différents (3, a).
  • Une communauté de communes qui institue la TEOM dans les conditions prévues ne peut, la première année, voter que le taux, sans changer les règles d’établissement de la taxe (4).
  • La première année d’application de la part incitative, le produit de la TEOM ne peut excéder de plus de 10 % le produit de l’année précédente (6).
  • Le taux n’est pas soumis aux règles de lien ni de plafonnement des impôts directs locaux, mais il reste encadré par le principe de proportionnalité avec le coût du service.

Notre commentaire : exemple chiffré

Un groupement a prévu 10 000 000 € de dépenses de collecte et de traitement des ordures ménagères. Il perçoit 1 500 000 € de recettes non fiscales affectées à ce service (hypothèses). Le coût à couvrir par la taxe est donc de 8 500 000 €.

Recettes de TEOM attendues avec le taux A9 500 000 €
Écart avec le coût net : (9 500 000 − 8 500 000) ÷ 8 500 00011,76 %
Recettes de TEOM attendues avec le taux B10 000 000 €
Écart avec le coût net pour le taux B17,65 %

Le taux A reste sous 15 % d’excédent : il n’est pas illégal pour ce seul motif. Le taux B dépasse 15 % : la délibération est exposée à l’annulation.

Article 1636 B undecies du CGI ; BOFiP, BOI-IF-AUT-90-30-10, § 20 à 28 (version du 20 décembre 2021) ; Conseil d’État, décisions du 14 février 2018, n° 413567, et du 5 mai 2021, n° 438897. Dépenses et recettes de l’exemple : hypothèses.

La doctrine

Le BOFiP rappelle que les dépenses à prendre en compte comprennent les dépenses réelles de fonctionnement, les dotations aux amortissements et les dépenses d’investissement non encore couvertes par la taxe, et que la quote-part des services transversaux de la collectivité peut y figurer si une comptabilité analytique la justifie. Il précise aussi que la date limite de vote suit l’article 1639 A.

Articles liés

Article 1520 L’institution de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères
Article 1522 bis La part incitative de la taxe
Article 1639 A Les délais de vote et de notification des taux
Article 1639 A bis Les délibérations sur les zones et les exonérations
Article 1379-0 bis La fiscalité des groupements, dont la perception de la TEOM
Article 1609 quater Les syndicats de communes et la TEOM

Vos questions

Qui vote le taux de la TEOM ?

La commune ou le groupement qui a institué la taxe. Par exception, quand un syndicat mixte l’a instituée et qu’un groupement à fiscalité propre la perçoit à sa place, ce groupement vote le taux. Les syndicats de communes et les syndicats mixtes peuvent aussi être substitués aux communes (article 1609 quater).

Le taux de TEOM est-il plafonné ou lié aux autres taux ?

Non. Le vote du taux, la première année comme les suivantes, n’est pas soumis aux règles de lien et de plafonnement des impôts directs locaux. En revanche, le taux doit être fixé de façon que les recettes ne soient pas manifestement disproportionnées par rapport au coût du service.

À partir de quel écart le taux est-il illégal ?

Le Conseil d’État a jugé qu’une disproportion supérieure à 15 % entre les recettes de TEOM et les dépenses prévisionnelles du service, nettes des recettes non fiscales, entache la délibération d’illégalité (décision du 14 février 2018, n° 413567). Un excédent inférieur à 15 % n’est pas illégal en soi (décision du 5 mai 2021, n° 438897).

Peut-on voter des taux différents sur le territoire d’un même groupement ?

Oui, de deux façons. En définissant des zones de perception pour proportionner la taxe au service rendu, ou, à titre dérogatoire, en votant des taux différents pendant dix ans au plus pour lisser l’harmonisation du mode de financement. Les deux mécanismes peuvent s’appliquer ensemble.

La TEOM peut-elle financer le traitement des déchets des entreprises ?

Non. Le coût de traitement des déchets non ménagers ne peut pas être couvert par la TEOM : s’il est inclus dans le calcul du taux, la délibération peut être annulée pour erreur manifeste d’appréciation (Conseil d’État, 31 mars 2014).

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

Votre taxe d’ordures ménagères vous paraît trop élevée ?

Nous examinons la délibération de votre collectivité, la base retenue et vos possibilités d’exonération ou de réclamation.