Article 194 du CGI : le nombre de parts du quotient familial
Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 1er janvier 2018
En bref
L’impôt sur le revenu se calcule en divisant le revenu imposable par un nombre de parts. L’article 194 fixe ce nombre selon la situation de famille : une part pour une personne seule, deux pour un couple marié ou pacsé, puis une demi-part ou une part par enfant à charge.
Il règle aussi la résidence alternée, où chaque parent reçoit une majoration réduite, et la majoration des parents qui vivent seuls. L’avantage obtenu par les parts supplémentaires est plafonné par l’article 197.
Couple marié ou pacsé avec deux enfants à charge
3 parts
- Personne seule sans enfant
- 1 part
- Couple sans enfant
- 2 parts
- Avantage maximal par demi-part (revenus de 2025)
- 1 807 €
Le texte officiel
I. Le nombre de parts à prendre en considération pour la division du revenu imposable prévue à l'article 193 est déterminé conformément aux dispositions suivantes : SITUATION DE FAMILLE NOMBRE DE PARTS Célibataire, divorcé ou veuf sans enfant à charge 1 Marié sans enfant à charge 2 Célibataire ou divorcé ayant un enfant à charge 1,5 Marié ou veuf ayant un enfant à charge 2,5 Célibataire ou divorcé ayant deux enfants à charge 2 Marié ou veuf ayant deux enfants à charge 3 Célibataire ou divorcé ayant trois enfants à charge 3 Marié ou veuf ayant trois enfants à charge 4 Célibataire ou divorcé ayant quatre enfants à charge 4 Marié ou veuf ayant quatre enfants à charge 5 Célibataire ou divorcé ayant cinq enfants à charge 5 Marié ou veuf ayant cinq enfants à charge 6 Célibataire ou divorcé ayant six enfants à charge 6 et ainsi de suite, en augmentant d'une part par enfant à charge du contribuable. Lorsque les époux font l'objet d'une imposition séparée en application du 4 de l'article 6, chacun d'eux est considéré comme un célibataire ayant à sa charge les enfants dont il assume à titre principal l'entretien. Dans cette situation, ainsi qu'en cas de divorce, de rupture du pacte civil de solidarité ou de toute séparation de fait de parents non mariés, l'enfant est considéré, jusqu'à preuve du contraire, comme étant à la charge du parent chez lequel il réside à titre principal. En cas de résidence alternée au domicile de chacun des parents et sauf disposition contraire dans la convention de divorce mentionnée à l'article 229-1 du code civil, la convention homologuée par le juge, la décision judiciaire ou, le cas échéant, l'accord entre les parents, les enfants mineurs sont réputés être à la charge égale de l'un et de l'autre parent. Cette présomption peut être écartée s'il est justifié que l'un d'entre eux assume la charge principale des enfants. Lorsque les enfants sont réputés être à la charge égale de chacun des parents, ils ouvrent droit à une majoration de : a) 0,25 part pour chacun des deux premiers et 0,5 part à compter du troisième, lorsque par ailleurs le contribuable n'assume la charge exclusive ou principale d'aucun enfant ; b) 0,25 part pour le premier et 0,5 part à compter du deuxième, lorsque par ailleurs le contribuable assume la charge exclusive ou principale d'un enfant ; c) 0,5 part pour chacun des enfants, lorsque par ailleurs le contribuable assume la charge exclusive ou principale d'au moins deux enfants. Pour l'application des dispositions du premier alinéa, sont assimilées à des enfants à charge les personnes considérées comme étant à la charge du contribuable en vertu de l'article 196 A bis. II. Pour l'imposition des contribuables célibataires ou divorcés qui vivent seuls, le nombre de parts prévu au I est augmenté de 0,5 lorsqu'ils supportent à titre exclusif ou principal la charge d'au moins un enfant. Lorsqu'ils entretiennent uniquement des enfants dont la charge est réputée également partagée avec l'autre parent, la majoration est de 0,25 pour un seul enfant et de 0,5 si les enfants sont au moins deux. Ces dispositions s'appliquent nonobstant la perception éventuelle d'une pension alimentaire versée en vertu d'une convention de divorce par consentement mutuel déposée au rang des minutes d'un notaire ou d'une décision de justice pour l'entretien desdits enfants.
Notre commentaire : ce que dit l’article
L’article 194 donne le nombre de parts à retenir pour diviser le revenu imposable, prévu à l’article 193. Il part de la situation de famille.
| Situation de famille | Nombre de parts |
|---|---|
| Célibataire, divorcé ou veuf sans enfant à charge | 1 |
| Marié sans enfant à charge | 2 |
| Célibataire ou divorcé avec un enfant | 1,5 |
| Marié ou veuf avec un enfant | 2,5 |
| Célibataire ou divorcé avec deux enfants | 2 |
| Marié ou veuf avec deux enfants | 3 |
| Célibataire ou divorcé avec trois enfants | 3 |
| Marié ou veuf avec trois enfants | 4 |
| Célibataire ou divorcé avec quatre enfants | 4 |
| Marié ou veuf avec quatre enfants | 5 |
Le texte poursuit « et ainsi de suite », en ajoutant une part par enfant à charge supplémentaire.
Les cas particuliers
- Imposition séparée : lorsque les époux sont imposés séparément en application du 4 de l’article 6, chacun est un célibataire qui a à sa charge les enfants dont il assume l’entretien à titre principal. Après un divorce, une rupture de Pacs ou une séparation de parents non mariés, l’enfant est à la charge du parent chez lequel il réside principalement, jusqu’à preuve du contraire.
- Résidence alternée : sauf stipulation contraire, les enfants mineurs sont réputés à la charge égale de chaque parent. Ils ouvrent droit à 0,25 part pour chacun des deux premiers et 0,5 part à compter du troisième si le parent n’a la charge principale d’aucun autre enfant. Avec un enfant à charge principale, c’est 0,25 part pour le premier et 0,5 part à compter du deuxième. Avec au moins deux enfants à charge principale, c’est 0,5 part par enfant.
- Parent qui vit seul : le célibataire ou divorcé qui supporte seul ou principalement la charge d’au moins un enfant gagne 0,5 part (0,25 pour un seul enfant en charge partagée, 0,5 pour au moins deux).
Ce qu’il faut savoir
- Les parts ne divisent pas l’impôt : le plafonnement de l’article 197 limite l’avantage à 1 807 € par demi-part supplémentaire pour les revenus de 2025, et à 4 262 € pour la première part d’un parent seul.
- Date d’application : la rédaction actuelle s’applique depuis l’imposition des revenus de 2017.
- Qui est à charge : les enfants mineurs, de moins de 18 ans, et les personnes assimilées (article 196).
Exemple chiffré
Un couple marié a 90 000 € de revenu net imposable, avec ou sans deux enfants à charge. Barème 2026, revenus de 2025.
Le quotient familial seul donnerait 6 312 €, mais l’avantage est plafonné : l’impôt réel est de 9 594 €.
Articles 194 et 197 du CGI, barème 2026 (BOI-IR-LIQ-20-10). Calcul du cabinet, impôt arrondi à l’euro.
Ce qu’en dit l’administration
Le BOFiP rappelle que les contribuables mariés ou pacsés ont deux parts, et qu’en cas d’imposition séparée chacun compte pour un. Il précise que les enfants mineurs ouvrent droit au quotient familial sous réserve du plafonnement, et que la charge des enfants dont les parents se séparent suit leur charge effective d’entretien et d’éducation.
BOFiP, BOI-IR-LIQ-10-20-10, version du 31 mars 2014, § 10 et 20 ; BOI-IR-LIQ-10-10-10-10, version du 7 mai 2014, § 1 et 30 à 60.
Articles liés
| Article 193 | La division du revenu en parts |
|---|---|
| Article 195 | Les majorations pour célibataires, veufs et anciens combattants |
| Article 196 | Les enfants et personnes à charge |
| Article 196 A bis | La charge d’une personne handicapée |
| Article 197 | Le barème et le plafonnement du quotient familial |
Vos questions
Combien de parts pour un couple marié avec deux enfants ?
Trois parts : deux pour le couple, plus une demi-part pour chacun des deux premiers enfants. Avec trois enfants, le couple a quatre parts, car le troisième ouvre une part entière.
Un couple pacsé a-t-il deux parts comme un couple marié ?
Oui. Le BOFiP précise que les contribuables mariés ou liés par un pacte civil de solidarité bénéficient de deux parts. En cas d’imposition séparée l’année du mariage ou du Pacs, chacun est traité comme un célibataire.
Comment fonctionne la résidence alternée ?
Les enfants en résidence alternée sont réputés à la charge égale de chaque parent, sauf accord ou décision contraire. Ils ouvrent droit à une majoration de 0,25 ou 0,5 part selon le nombre d’enfants et selon que le parent assume déjà la charge principale d’autres enfants.
Un parent seul a-t-il une majoration ?
Oui. Le célibataire ou divorcé qui vit seul et assume à titre exclusif ou principal la charge d’au moins un enfant voit son nombre de parts augmenté de 0,5. Si la charge est partagée, la majoration est de 0,25 part pour un enfant et de 0,5 part à partir de deux.
Plus de parts veut-il dire un impôt divisé d’autant ?
Non. L’avantage procuré par les demi-parts supplémentaires est plafonné par l’article 197 : 1 807 € par demi-part pour les revenus de 2025. Quand le plafond joue, l’impôt est supérieur à celui que donnerait le quotient familial seul.
Sources
- Code général des impôts, article 194, version en vigueur depuis le 1er janvier 2018 (base LEGI de la DILA, état du 7 octobre 2026), LEGIARTI000033817781, consulté le 8 octobre 2026.
- BOFiP, impôt sur le revenu : calcul du quotient familial de base, version du 31 mars 2014, BOI-IR-LIQ-10-20-10, consulté le 31 mars 2014.
- BOFiP, quotient familial : personnes à charge, enfants mineurs, version du 7 mai 2014, BOI-IR-LIQ-10-10-10-10, consulté le 7 mai 2014.
- BOFiP, impôt sur le revenu : détermination de l’impôt brut et plafonnement, version du 7 avril 2026, BOI-IR-LIQ-20-10, consulté le 7 avril 2026.
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