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Article 199 septies du CGI : la réduction d’impôt pour les contrats d’assurance rente-survie et épargne-handicap

Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 1er janvier 2024

En bref

L’article 199 septies accorde une réduction d’impôt sur le revenu de 25 % sur les primes de deux types de contrats d’assurance : la rente-survie, qui garantit un capital ou une rente à un proche handicapé après le décès du souscripteur, et l’épargne-handicap, souscrite par une personne handicapée pour elle-même.

Les primes sont retenues dans la limite de 1 525 € par foyer fiscal, plus 300 € par personne à charge. Le gain maximal est donc de 381,25 € pour un célibataire sans enfant. La réduction est réservée aux contribuables domiciliés fiscalement en France.

Taux de la réduction d’impôt

25 %

Plafond annuel des primes, par foyer fiscal
1 525 €
Majoration par personne à charge
300 €
Durée minimale des contrats d’épargne-handicap
6 ans

Le texte officiel

Code général des impôts, article 199 septies Version en vigueur depuis le 1er janvier 2024 Lire sur Légifrance

I. – Lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories, ouvrent droit à une réduction d'impôt sur le revenu de 25 % dans la limite d'un plafond global de versements annuels égal à 1 525 € majoré de 300 € par personne à charge : 1° Les primes afférentes à des contrats d'assurance en cas de décès, lorsque ces contrats garantissent le versement d'un capital ou d'une rente viagère à un enfant ou à tout autre parent en ligne directe ou collatérale jusqu'au troisième degré de l'assuré, ou à une personne réputée à charge de celui-ci en application de l'article 196 A bis, et lorsque ces bénéficiaires sont atteints d'une infirmité qui les empêche soit de se livrer, dans des conditions normales de rentabilité, à une activité professionnelle, soit d'acquérir une instruction ou une formation professionnelle d'un niveau normal ; 2° Les primes afférentes aux contrats d'assurance d'une durée effective au moins égale à six ans dont l'exécution dépend de la durée de la vie humaine lorsque les contrats sont destinés à garantir le versement d'un capital en cas de vie ou d'une rente viagère avec jouissance effectivement différée d'au moins six ans, quelle que soit la date de la souscription, à l'assuré atteint, lors de leur conclusion, d'une infirmité qui l'empêche de se livrer, dans des conditions normales de rentabilité, à une activité professionnelle ; 3° Un arrêté du ministre de l'économie et des finances définit les justifications auxquelles est subordonné le bénéfice de la réduction d'impôt. II. – Les personnes qui n'ont pas leur domicile fiscal en France au sens de l'article 4 B ne bénéficient pas de la réduction d'impôt prévue au I. Les dispositions du 5 du I de l'article 197 sont applicables.

Ce que dit l’article 199 septies

Les primes de certains contrats d’assurance ouvrent droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 25 %, dans la limite d’un plafond global de versements annuels de 1 525 €, majoré de 300 € par personne à charge. Cette réduction s’applique aux primes qui n’entrent pas en compte pour l’évaluation des revenus des différentes catégories. Le texte vise deux contrats.

Le premier est le contrat d’assurance en cas de décès, dit de rente-survie. Il garantit le versement d’un capital ou d’une rente viagère à un enfant, à un parent en ligne directe ou collatérale jusqu’au troisième degré de l’assuré, ou à une personne réputée à charge de celui-ci (article 196 A bis). Le bénéficiaire doit être atteint d’une infirmité qui l’empêche de se livrer à une activité professionnelle dans des conditions normales de rentabilité, ou d’acquérir une instruction ou une formation professionnelle d’un niveau normal.

Le second est le contrat d’épargne-handicap : un contrat d’assurance d’une durée effective d’au moins six ans, qui garantit un capital en cas de vie ou une rente viagère à l’assuré atteint, lors de la conclusion, d’une infirmité qui l’empêche d’exercer une activité professionnelle dans des conditions normales de rentabilité.

À qui il s’applique

La réduction profite aux contribuables domiciliés fiscalement en France (article 4 B). Les contrats peuvent être souscrits par le contribuable, son conjoint ou son partenaire de Pacs, ses enfants ou les personnes à sa charge. Lorsque le contrat de rente-survie est souscrit au profit d’un parent, la condition de parenté suffit : le bénéficiaire n’a pas à être à la charge du souscripteur. Entre cousins, le quatrième degré dépasse la limite ; la réduction n’est alors possible que si le bénéficiaire est à la charge du foyer.

Ce qu’il faut savoir

Le plafond s’apprécie par foyer fiscal et s’applique à l’ensemble des contrats de rente-survie et d’épargne-handicap du foyer. La réduction se calcule sur les primes versées au cours de l’année. Si les primes d’une année dépassent le plafond, l’excédent est perdu : il ne se reporte pas.

La réduction s’impute sur l’impôt résultant du barème progressif, après plafonnement du quotient familial et décote, mais avant les crédits d’impôt. Elle ne peut pas donner lieu à remboursement. Elle n’entre pas dans le plafonnement global des avantages fiscaux de l’article 200-0 A.

En cas de résidence alternée d’un enfant, la majoration de 300 € est divisée par deux lorsque l’enfant est réputé à charge de chacun de ses parents.

L’assureur délivre chaque année un certificat. À défaut de justificatif, l’administration peut remettre en cause la réduction, avec intérêts de retard et, le cas échéant, majorations.

Exemple chiffré

Un couple marié a deux enfants à charge. L’un des deux est handicapé et bénéficie d’un contrat de rente-survie, pour lequel les parents versent 2 400 € de primes dans l’année.

Plafond de base1 525 €
Majoration, 2 × 300 €600 €
Plafond du foyer2 125 €
Primes retenues, plafonnées2 125 €
Réduction d’impôt, 25 % de 2 125 €531,25 €

Les 275 € de primes au-delà du plafond ne donnent pas droit à réduction et ne se reportent pas sur l’année suivante.

Ce que dit la doctrine

Le BOFiP détaille les conditions de parenté et d’infirmité, le plafond, le taux, l’imputation et les justificatifs (BOI-IR-RICI-40). Il précise que la majoration de 300 € du plafond concerne les personnes à charge au sens du quotient familial ou de l’abattement de l’article 196 B, et que les contrats d’épargne-handicap peuvent aussi être collectifs. Une actualité du BOFiP du 18 juin 2024 signale l’extension de la majoration de 300 € et l’élargissement de la rente-survie aux bénéficiaires majeurs dans l’impossibilité d’acquérir une formation d’un niveau normal, à compter des revenus de 2023.

Textes : articles 4 B, 196 A bis, 197, 199 septies et 200-0 A du CGI. Doctrine : BOI-IR-RICI-40, § 10 à 310. Exemple simplifié : montants choisis pour l’illustration.

Articles liés

Article 196 A bis Les personnes réputées à charge du contribuable, notamment les invalides
Article 197 Le barème de l’impôt et l’imputation des réductions d’impôt
Article 4 B Le domicile fiscal en France, condition de la réduction
Article 200-0 A Le plafonnement global des avantages fiscaux

Vos questions

Quels contrats ouvrent droit à la réduction d’impôt de l’article 199 septies ?

Deux types de contrats. D’abord les contrats d’assurance en cas de décès, dits de rente-survie, qui garantissent un capital ou une rente viagère à un enfant, un parent en ligne directe ou collatérale jusqu’au troisième degré, ou une personne à charge, atteint d’une infirmité. Ensuite les contrats d’épargne-handicap, contrats d’assurance en cas de vie d’au moins six ans souscrits par une personne handicapée.

Quel est le montant maximal de la réduction ?

25 % des primes, retenues dans la limite de 1 525 € par foyer fiscal, majorée de 300 € par personne à charge. Pour un célibataire sans enfant à charge, la réduction maximale est de 381,25 €. Chaque personne à charge relève ce plafond de 300 €, soit 75 € de réduction supplémentaire.

Comment prouver l’infirmité du bénéficiaire ?

Par tous éléments de preuve. Le BOFiP cite notamment une décision de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) et la carte mobilité inclusion portant la mention invalidité, sauf si l’invalidité n’empêche pas une activité professionnelle dans des conditions normales de rentabilité.

Quel justificatif faut-il conserver ?

Le certificat annuel délivré par l’assureur, conforme à l’article 17 E de l’annexe IV au CGI. À défaut, la copie des conditions particulières du contrat et un duplicata des quittances de paiement des primes. Le justificatif se conserve en principe pendant les trois années qui suivent celle au titre de laquelle l’impôt est dû.

L’excédent de primes peut-il être reporté sur l’année suivante ?

Non. Si les primes versées au cours d’une année dépassent le plafond, l’excédent ne peut pas être retenu pour la réduction d’une année ultérieure.

Un contribuable non résident peut-il en bénéficier ?

Non, sauf s’il est assimilé à un résident au sens de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne (dits non-résidents Schumacker). Le II de l’article 199 septies exclut les personnes sans domicile fiscal en France au sens de l’article 4 B.

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

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