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Article 208 du CGI : les exonérations d’impôt sur les sociétés

Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 30 décembre 2014

En bref

L’article 208 exonère d’impôt sur les sociétés des catégories précises de sociétés et d’organismes, presque toutes à vocation financière ou immobilière : sociétés d’investissement à capital fixe ou variable, sociétés dont l’objet exclusif est la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières, sociétés de capital-risque, fonds communs de créances, sociétés de placement à prépondérance immobilière à capital variable, organismes de jardins familiaux.

L’exonération porte souvent sur une partie seulement des résultats : les produits et plus-values du portefeuille, ou la fraction de bénéfice issue d’une activité donnée. Elle est subordonnée aux conditions de l’article 208 A, dont la distribution des bénéfices. Une PME ordinaire n’y a pas droit.

Délai pour coter une société d’investissement après sa création

3 ans

Part de la fraction exonérée à distribuer pour les sociétés du 3° quater
85 %

Le texte officiel

Code général des impôts, article 208 Version en vigueur depuis le 30 décembre 2014 Lire sur Légifrance

Sont également exonérés de l'impôt sous réserve des dispositions de l'article 208 A : 1° (Abrogé à compter du 1er janvier 1993) ; 1° bis-Les sociétés d'investissement qui sont régies par les articles L. 214-127 et suivants du code monétaire et financier, pour la partie des bénéfices provenant des produits nets de leur portefeuille ou des plus-values qu'elles réalisent sur la vente des titres ou parts sociales faisant partie de ce portefeuille. Ces sociétés cesseront de bénéficier des dispositions du présent alinéa trois ans après leur création, si leurs actions ne sont pas admises aux négociations sur un marché réglementé avant ce délai ; 1° bis A-Les sociétés d'investissement à capital variable pour les bénéfices réalisés dans le cadre de leur objet légal ; 1° ter (Abrogé) ; 1° quater et 1° quinquies (Abrogés à compter du 1er janvier 1993) ; 2° Les sociétés ayant pour objet exclusif la gestion d'un portefeuille de valeurs mobilières qui sont régies par les articles L. 214-127 et suivants du code monétaire et financier, pour les plus-values qu'elles réalisent sur la cession de titres ou de parts sociales faisant partie de ce portefeuille ; 3° et 3° bis (Abrogés) ; 3° ter-Les sociétés immobilières de gestion visées à l'article 1er du décret n° 63-683 du 13 juillet 1963, pour la fraction de leur bénéfice net qui provient de la location de leurs immeubles ; 3° quater-Les sociétés qui, à la date du 1er janvier 1991 étaient autorisées à porter la dénomination de société immobilière pour le commerce et l'industrie visée à l'article 5 de l'ordonnance n° 67-837 du 28 septembre 1967 relative aux opérations de crédit-bail et aux sociétés immobilières pour le commerce et l'industrie, pour la fraction de leur bénéfice net provenant d'opérations de crédit-bail réalisées en France et conclues avant le 1er janvier 1991 ainsi que pour les plus-values dégagées par la cession d'immeubles dans le cadre de ces opérations. Par dérogation aux dispositions du premier alinéa, les sociétés immobilières pour le commerce et l'industrie sont, sur option de leur part exercée avant le 1er juillet 1991, exonérées d'impôt sur les sociétés pour la fraction de leur bénéfice net provenant d'opérations de crédit-bail réalisées en France, conclues avant le 1er janvier 1996 et portant sur des immeubles affectés à une activité industrielle ou commerciale ou sur des locaux à usage de bureaux neufs et vacants au 1er octobre 1992, ainsi que pour les plus-values dégagées par la cession d'immeubles dans le cadre de ces opérations. Le bénéfice net des sociétés visées aux premier et deuxième alinéas provenant de la location simple de leurs immeubles, par contrat conclu avant le 1er janvier 1991, à des personnes physiques ou morales qui y exercent une activité industrielle ou commerciale, est retenu pour le calcul de l'impôt sur les sociétés à concurrence de : 20 % de son montant pour l'exercice clos en 1991 ; 40 % pour l'exercice clos en 1992 ; 60 % pour l'exercice clos en 1993 ; 80 % pour l'exercice clos en 1994 ; 100 % pour les exercices clos en 1995 et ultérieurement. Les bénéfices qui proviennent des opérations totalement ou partiellement exonérées en application des premier à huitième alinéas sont obligatoirement distribués à hauteur de 85 p. 100 de la fraction exonérée de leur montant avant la fin de l'exercice qui suit celui de leur réalisation. Les sommes qui sont investies, soit directement, soit par l'intermédiaire de filiales, dans des immobilisations à l'étranger sont soumises à l'impôt sur les sociétés en proportion des bénéfices et réserves exonérés par rapport au montant total des bénéfices, des réserves et du capital. Toutefois, elles sont exonérées lorsqu'elles proviennent de fonds d'emprunt ; 3° quinquies-Les sociétés agréées pour le financement des télécommunications qui ont pour objet exclusif l'activité mentionnée au I de l'article 1er de la loi n° 69-1160 du 24 décembre 1969 pour la partie des bénéfices provenant des contrats de crédit-bail conclus avec l'exploitant public avant le 1er janvier 1993 et pour les plus-values qu'elles réalisent à l'occasion des ces opérations ainsi que pour la partie des bénéfices et des plus-values qu'elles réalisent en tant que société immobilière pour le commerce et l'industrie. Les sociétés agréées pour le financement des télécommunications qui n'ont pas pour objet exclusif l'activité mentionnée au I de l'article 1er de la loi n° 69-1160 du 24 décembre 1969 pour la partie des bénéfices provenant des contrats de crédit-bail conclus avec l'exploitant public avant le 1er janvier 1993, si elles apportent à une société immobilière pour le commerce et l'industrie la branche d'activité exercée au titre du e du I de l'article 1er de la loi n° 69-1160 du 24 décembre 1969. Les dividendes reçus de la société immobilière pour le commerce et l'industrie mentionnée au deuxième alinéa par la société apporteuse sont exonérés d'impôt sur les sociétés jusqu'au 31 décembre 1993. Ils sont retenus pour le calcul de cet impôt à concurrence de : 25 % de leur montant en 1994 ; 50 % de leur montant en 1995 ; 75 % de leur montant en 1996 ; 100 % de leur montant en 1997 et ultérieurement. L'exonération totale ou partielle est subordonnée à la condition que les dividendes non soumis à l'impôt sur les sociétés provenant de la société immobilière pour le commerce et l'industrie soient redistribués par la société apporteuse avant la fin de l'exercice qui suit celui de leur encaissement ; 3° sexies (abrogé pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2000) ; 3° septies-Les sociétés de capital-risque qui fonctionnent dans les conditions prévues à l'article 1er-1 de la loi n° 85-695 du 11 juillet 1985 précitée, sur les produits et plus-values nets provenant de leur portefeuille autres que ceux afférents aux titres rémunérant l'apport de leurs activités qui ne relèvent pas de leur objet social ainsi que, pour les sociétés de capital-risque mentionnées à la deuxième phrase du 1° de l'article 1er-1 précité, sur les prestations de services accessoires qu'elles réalisent ; 3° octies-Les fonds communs de créances pour les bénéfices réalisés dans le cadre de leur objet légal ; 3° nonies-Les sociétés de placement à prépondérance immobilière à capital variable régies par les articles L. 214-33 et suivants du code monétaire et financier ; 4° (abrogé) ; 5° Les organismes de jardins familiaux définis à l'article L 561-2 du code rural et de la pêche maritime, lorsque leur activité, considérée dans son ensemble, s'exerce dans des conditions telles qu'elle peut être tenue pour désintéressée. Toutefois, ces organismes demeurent éventuellement soumis à l'impôt dans les conditions prévues au 5 de l'article 206 ; 6° Les établissements publics pour leurs opérations de lotissement et de vente de terrains leur appartenant.

Ce que dit l’article 208 du CGI

L’article 208 énumère les sociétés et organismes « également exonérés » d’impôt sur les sociétés, après ceux de l’article 207. L’exonération est toujours donnée sous réserve de l’article 208 A. La liste est numérotée de 1° à 6°, avec de nombreux alinéas abrogés.

Retenez deux idées. L’exonération porte presque toujours sur une fraction du résultat, pas sur tout. Et elle est réservée à une catégorie juridique précise, souvent régie par le code monétaire et financier.

Les exonérations en vigueur

  • Sociétés d’investissement à capital fixe (1° bis). Régies par les articles L. 214-127 et suivants du code monétaire et financier, elles sont exonérées pour les produits nets de leur portefeuille et les plus-values de vente de titres de ce portefeuille.
  • Sociétés d’investissement à capital variable (1° bis A). Elles sont exonérées pour les bénéfices réalisés dans le cadre de leur objet légal.
  • Sociétés à objet exclusif de gestion de portefeuille (2°). Celles qui ont pour objet exclusif la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières sont exonérées pour les plus-values de cession de titres du portefeuille.
  • Sociétés immobilières de gestion (3° ter). Exonération de la fraction du bénéfice net issue de la location de leurs immeubles.
  • Sociétés immobilières pour le commerce et l’industrie (3° quater). Exonération limitée aux opérations de crédit-bail conclues avant le 1er janvier 1991, avec un régime dérogatoire sur option pour certains contrats conclus avant le 1er janvier 1996.
  • Sociétés agréées pour le financement des télécommunications (3° quinquies), pour les contrats de crédit-bail conclus avec l’exploitant public avant le 1er janvier 1993.
  • Sociétés de capital-risque (3° septies). Exonération des produits et plus-values nets de leur portefeuille, hors titres rémunérant l’apport de leurs activités étrangères à leur objet social.
  • Fonds communs de créances (3° octies), pour les bénéfices réalisés dans le cadre de leur objet légal.
  • Sociétés de placement à prépondérance immobilière à capital variable (3° nonies).
  • Organismes de jardins familiaux (5°), lorsque leur activité, dans son ensemble, est désintéressée.
  • Établissements publics (6°), pour leurs opérations de lotissement et de vente de terrains leur appartenant.

Les 1°, 1° ter, 1° quater, 1° quinquies, 3°, 3° bis, 3° sexies et 4° sont abrogés. Les sociétés d’investissement ont leur propre fiche.

Les conditions qui encadrent l’exonération

La première est celle de l’article 208 A : les sociétés d’investissement doivent répartir au titre de chaque exercice la totalité de leurs bénéfices distribuables. Le BOFiP la justifie par la logique du régime, qui évite la double imposition des revenus du portefeuille, à l’encaissement puis à la distribution.

La deuxième tient à la cotation. Une société d’investissement à capital fixe non cotée cesse de bénéficier du 1° bis trois ans après sa création si ses actions ne sont pas admises aux négociations sur un marché réglementé avant ce délai. Les SICAF dont l’objet est exclusivement la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières restent, elles, exonérées de leurs plus-values de cession, cotées ou non.

La troisième concerne le 3° quater : les bénéfices exonérés doivent être distribués à hauteur de 85 % de la fraction exonérée avant la fin de l’exercice qui suit. Les sommes investies à l’étranger, directement ou par l’intermédiaire de filiales, sont soumises à l’impôt en proportion des bénéfices et réserves exonérés, sauf si elles proviennent de fonds d’emprunt.

Exemple chiffré : la distribution obligatoire du 3° quater

Une société immobilière pour le commerce et l’industrie réalise 100 000 € de bénéfices provenant d’opérations de crédit-bail exonérées. Le texte l’oblige à distribuer 85 % de cette fraction exonérée avant la fin de l’exercice qui suit celui de leur réalisation.

Bénéfices exonérés de l’exercice100 000 €
Taux de distribution obligatoire85 %
Montant à distribuer avant la fin de l’exercice suivant85 000 €

Les 15 000 € restants ne sont pas concernés par cette obligation de distribution.

Article 208 du CGI, 3° quater. Calcul refait par le cabinet.

Ce qu’il faut savoir

  • L’exonération est partielle. La partie du résultat qui n’entre pas dans le champ de l’exonération reste imposée dans les conditions de droit commun.
  • Les jardins familiaux restent imposables sur leurs revenus patrimoniaux. Le BOFiP précise qu’ils demeurent soumis à l’impôt aux taux réduits du 5 de l’article 206 pour leurs revenus fonciers, leurs bénéfices agricoles et certains revenus mobiliers.
  • Lisez la version en vigueur. Plusieurs alinéas portent sur des exercices clos depuis longtemps, et ne s’appliquent plus qu’à des opérations anciennes.

Pour un dirigeant ou un investisseur

Un avocat ou un chef d’entreprise rencontre rarement l’article 208 dans son quotidien. Il intervient quand vous placez une partie de votre épargne dans un véhicule d’investissement, que vous participez à une société de capital-risque, ou que vous créez une structure destinée à porter un portefeuille de titres. Dans ce dernier cas, la forme juridique compte : une holding ordinaire, soumise au droit commun de l’impôt sur les sociétés, ne profite d’aucune exonération de l’article 208.

Ce qu’en dit l’administration

Le BOFiP consacre aux sociétés d’investissement un commentaire détaillé : statut juridique des SICAF et des SICAV, obligation de répartition intégrale des bénéfices distribuables, régime applicable en matière d’impôt sur les sociétés. Il précise que les SICAF cotées sont exonérées, que les non cotées perdent le bénéfice du régime à l’expiration du délai de trois ans, et il rappelle que les SICAV, société anonyme ou société par actions simplifiée ayant pour seul objet la gestion d’un portefeuille d’instruments financiers, bénéficient du 1° bis A.

BOFiP, BOI-IS-CHAMP-30-40 (§ 1 à 160), BOI-IS-CHAMP-30-70 (§ 160 et 170).

Articles liés

Article 206 Les sociétés et organismes passibles de l’impôt
Article 207 Les exonérations d’impôt sur les sociétés
Article 208 A L’exonération des sociétés d’investissement et ses conditions
Article 208 B Les sociétés immobilières d’investissement
Article 208 D Les sociétés unipersonnelles d’investissement
Article 209 Le calcul du bénéfice imposable

Vos questions

Quelles sociétés sont exonérées d’impôt sur les sociétés par l’article 208 ?

Les sociétés d’investissement à capital fixe et à capital variable, les sociétés ayant pour objet exclusif la gestion d’un portefeuille de valeurs mobilières, les sociétés immobilières de gestion, les sociétés immobilières pour le commerce et l’industrie, les sociétés agréées pour le financement des télécommunications, les sociétés de capital-risque, les fonds communs de créances, les sociétés de placement à prépondérance immobilière à capital variable, les organismes de jardins familiaux et les établissements publics pour leurs opérations de lotissement et de vente de terrains. Chaque exonération a son périmètre.

L’exonération couvre-t-elle tous les résultats de la société ?

Non. Pour les sociétés d’investissement, elle ne porte que sur la partie des bénéfices provenant des produits nets du portefeuille et des plus-values de cession de titres du portefeuille. Pour les sociétés immobilières de gestion, c’est la fraction du bénéfice net tirée de la location de leurs immeubles. Le reste du résultat reste imposable.

Une société d’investissement non cotée est-elle exonérée sans limite de durée ?

Non. Pour une société d’investissement du 1° bis, l’exonération cesse trois ans après la création de la société si ses actions ne sont pas admises aux négociations sur un marché réglementé avant ce délai. Le BOFiP le précise pour les SICAF non cotées, dont les produits de portefeuille deviennent alors imposables dans les conditions de droit commun.

Quelle condition s’ajoute pour les sociétés d’investissement ?

Le bénéfice de l’exonération est subordonné à l’article 208 A : la société doit répartir chaque exercice la totalité de ses bénéfices distribuables. Le BOFiP voit dans cette obligation le corollaire du régime, qui place les actionnaires dans une situation voisine de celle d’un investisseur gérant directement son portefeuille.

Une PME classique peut-elle bénéficier de l’article 208 ?

En principe non. Les exonérations visent des structures financières ou immobilières précises et des organismes particuliers. Une PME peut seulement être concernée à travers ses placements, par exemple une participation dans une société de capital-risque.

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

Vous montez un véhicule d’investissement ou une holding patrimoniale ?

Nous vérifions avec vous si un régime d’exonération existe pour votre structure, et ce que l’impôt sur les sociétés coûte dans le cas contraire.