Article 235 ter XB du CGI : la taxe de 8 % sur les réductions de capital par annulation de titres rachetés
Cette version de l’article 235 ter XB s’applique jusqu’au 31 décembre 2026. Au 1er janvier 2027, deux de ses paragraphes sont réécrits : le V renvoie à l’article L. 161-1 du code des impositions sur les biens et services pour la constatation de la taxe, et le VII vise les règles des taxes sur les biens et services. Le taux et l’assiette ne changent pas.
Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 16 février 2025
En bref
L’article 235 ter XB taxe à 8 % les réductions de capital faites par annulation de titres que la société a rachetés. Seules les sociétés dont le siège est en France et dont le chiffre d’affaires hors taxes du dernier exercice clos dépasse un milliard d’euros sont redevables.
La taxe s’applique aux réductions de capital réalisées à compter du 1er mars 2025. Les opérations liées à l’actionnariat salarié et les petites réductions qui préparent une fusion ou une scission en sont exonérées.
Taux de la taxe
8 %
- Seuil de chiffre d’affaires
- plus d’un milliard d’euros
- Assiette
- réduction de capital plus fraction des primes liées au capital
- Déduction du résultat
- impossible
Le texte officiel
I. - A. - Il est institué une taxe sur les réductions de capital par annulation de titres résultant d'un rachat par les sociétés de leurs propres titres. B. - Sont redevables de la taxe mentionnée au A les sociétés ayant leur siège en France et ayant réalisé au cours du dernier exercice clos un chiffre d'affaires hors taxes, ramené s'il y a lieu à douze mois, supérieur à 1 milliard d'euros. C. - Pour les sociétés comprises dans un périmètre de consolidation ou de combinaison des comptes en application de l'article L. 233-16 du code de commerce, de l'article L. 345-2 du code des assurances, de l'article L. 212-7 du code de la mutualité, de l'article L. 931-34 du code de la sécurité sociale, de l'article L. 511-36 du code monétaire et financier ou des articles L. 524-6-1 ou L. 524-6-2 du code rural et de la pêche maritime, le chiffre d'affaires s'entend de celui figurant dans les états financiers consolidés ou combinés établis en application de ces articles. Les réductions de capital des sociétés mentionnées au premier alinéa du présent C ne sont soumises à la taxe mentionnée au A que lorsque leurs comptes sont consolidés ou combinés par intégration globale ou proportionnelle. D. - Ne sont pas redevables de la taxe mentionnée au A lorsqu'ils sont constitués avec un capital variable : 1° Les organismes de placement collectif mentionnés au II de l'article L. 214-1 du code monétaire et financier prenant la forme de sociétés ; 2° Les sociétés de capital-risque qui remplissent les conditions prévues à l'article 1er-1 de la loi n° 85-695 du 11 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre économique et financier. II. - La taxe n'est pas applicable : 1° Lorsque des titres ont été attribués, après leur émission ou leur rachat, dans les conditions mentionnées aux articles L. 225-177 à L. 225-184, L. 225-197-1 à L. 225-197-5, L. 22-10-56 ou L. 22-10-59 du code de commerce ou aux articles L. 3332-18 à L. 3332-24 ou L. 3344-1 du code du travail ou dans les conditions prévues par une réglementation étrangère équivalente : a) Aux réductions de capital par annulation de titres réalisées aux fins de compenser une augmentation de capital résultant des émissions de titres attribués dans les conditions mentionnées au premier alinéa du présent 1° ; b) Aux réductions de capital par annulation de titres qui ne sont pas admis aux négociations sur un marché réglementé ou sur un système multilatéral de négociation et qui sont rachetés : - aux termes d'un contrat conclu avec les salariés ou, le cas échéant, les dirigeants ou les mandataires sociaux dans le cadre d'un dispositif d'émission ou d'attribution de titres mentionné au même premier alinéa ; - ou auprès d'un fonds commun de placement d'entreprise mentionné à l'article L. 214-164 du code monétaire et financier ou d'un organisme de placement collectif présentant des caractéristiques similaires constitué sur le fondement d'un droit étranger, en application d'un mécanisme garantissant la liquidité des titres prévu au 1° de l'article L. 3332-17 du code du travail ou d'un mécanisme similaire prévu par une réglementation étrangère équivalente ; - ou auprès d'une entité qui assure le mécanisme garantissant la liquidité des titres mentionné au troisième alinéa du présent b ; 2° Aux réductions de capital réalisées aux fins de faciliter une fusion ou une scission par rachat et annulation de titres représentant au plus 0,25 % du montant du capital social ou par rachat et annulation de titres réalisés dans des conditions prévues par une réglementation étrangère équivalente. III. - A. - La taxe est assise sur la somme constituée par le montant de la réduction de capital et une fraction des sommes qui revêtent sur le plan comptable le caractère de primes liées au capital. Cette fraction est calculée en retenant les sommes qui revêtent sur le plan comptable le caractère de primes liées au capital dans la proportion existant entre le montant de la réduction de capital et le montant du capital avant cette réduction. Le montant de ces primes s'entend avant la réalisation de la réduction de capital. B. - Pour l'application du A : 1° Lors des réductions de capital successives soumises à la présente taxe, le montant des primes liées au capital est réduit de la fraction des primes déjà retenue dans la base de la taxe ou déjà retenue dans l'assiette de la taxe prévue au II de l'article 95 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025. Il n'est pas tenu compte des réductions des primes liées au capital résultant de la comptabilisation de l'opération soumise à la taxe ; 2° Les sommes incorporées aux réserves à l'occasion d'une réduction du capital non motivée par des pertes ou à l'occasion d'une affectation de primes liées au capital sont considérées comme n'ayant pas été soustraites, respectivement, au capital ou aux primes liées au capital ; 3° Les réserves ayant fait l'objet d'une incorporation au capital ou aux primes liées au capital restent considérées comme des réserves. IV. - La taxe est calculée au taux de 8 %. V. - La taxe est déclarée et liquidée : 1° Pour les personnes redevables de la taxe sur la valeur ajoutée, sur l'annexe à la déclaration mentionnée au 1 de l'article 287 ou sur la déclaration mentionnée au 3 du même article 287 déposée au titre de la période au cours de laquelle est intervenue la demande d'inscription modificative au registre du commerce et des sociétés en conséquence de la réduction de capital mentionnée au A du I du présent article ; 2° Pour les personnes non redevables de la taxe sur la valeur ajoutée, sur l'annexe à la déclaration prévue au 1 de l'article 287 déposée auprès du service chargé du recouvrement dont relève leur siège ou leur principal établissement au plus tard le 25 du mois qui suit la demande d'inscription modificative au registre du commerce et des sociétés en conséquence de la réduction de capital mentionnée au A du I du présent article. VI. - La taxe est acquittée lors du dépôt de la déclaration mentionnée au V. VII. - Les règles relatives au contrôle, au recouvrement, aux sanctions, aux garanties et au contentieux sont déterminées par les dispositions du livre II du présent code et du livre des procédures fiscales qui sont applicables aux taxes sur le chiffre d'affaires. VIII. - La taxe n'est pas déductible de l'assiette de l'impôt sur les bénéfices.
Ce que dit l’article 235 ter XB
L’article institue une taxe sur les réductions de capital faites par annulation de titres que la société a rachetés à ses propres actionnaires. La loi de finances pour 2025 l’a créée pour les opérations réalisées à compter du 1er mars 2025. Une taxe temporaire, non codifiée au CGI, a visé les réductions réalisées du 1er mars 2024 au 28 février 2025.
La taxe frappe l’annulation, pas le rachat. Une société qui rachète ses titres et les garde ne paie rien. Elle est due dès que les titres rachetés sont annulés, que le rachat ait été fait dans ce but ou non, et même si l’annulation répond à une obligation légale. Elle ne s’applique pas à une réduction de capital motivée par des pertes qui se traduit seulement par une baisse de la valeur nominale des titres.
Qui est redevable
- Les sociétés, quelle que soit leur forme, qui ont leur siège en France.
- Dont le chiffre d’affaires hors taxes du dernier exercice clos, ramené à douze mois, dépasse un milliard d’euros.
- Pour une société comprise dans un périmètre de consolidation ou de combinaison, le chiffre d’affaires retenu est le chiffre d’affaires consolidé, sauf si ses comptes sont consolidés par mise en équivalence.
- Les organismes de placement collectif constitués avec un capital variable et certaines sociétés de capital-risque ne sont pas redevables.
Les opérations exonérées
Trois séries d’opérations échappent à la taxe :
- les annulations qui compensent l’effet dilutif d’une augmentation de capital réservée aux salariés, aux dirigeants ou aux mandataires sociaux (options de souscription, actions gratuites, plan d’épargne d’entreprise) ;
- les annulations de titres non cotés rachetés aux salariés ou à un fonds commun de placement d’entreprise pour leur assurer une liquidité ;
- les annulations qui facilitent une fusion ou une scission en évitant les rompus, à condition qu’elles portent sur au plus 0,25 % du capital.
Comment la taxe se calcule
La base est la somme de deux éléments : le montant de la réduction de capital, et une fraction des primes liées au capital (primes d’émission, de fusion, d’apport). Cette fraction reprend les primes, appréciées avant l’opération, dans la proportion de la réduction par rapport au capital avant réduction. La taxe est de 8 % de cette base.
Exemple chiffré
Une société dont le chiffre d’affaires dépasse un milliard d’euros annule des titres rachetés, ce qui réduit son capital de 30 000 000 €. Son capital avant l’opération est de 300 000 000 € et elle compte 90 000 000 € de primes liées au capital.
Les réductions successives obligent à tenir un suivi : les primes déjà retenues dans la base d’une opération précédente sont retranchées de celles de l’opération suivante.
Déclaration et paiement
La taxe devient exigible à la date de la demande d’inscription modificative au registre du commerce et des sociétés, qui doit intervenir dans le mois suivant la réduction de capital. Les redevables de la TVA la déclarent sur l’annexe de leur déclaration de TVA de la période concernée. Les autres déposent l’annexe au plus tard le 25 du mois qui suit la demande d’inscription. Le paiement a lieu au dépôt. La taxe suit les règles de contrôle et de recouvrement des taxes sur le chiffre d’affaires. Elle n’est pas déductible de l’impôt sur les sociétés.
Ce qui change au 1er janvier 2027
L’ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, qui rapatrie les règles de TVA dans le code des impositions sur les biens et services, réécrit à cette date deux paragraphes de l’article. Le V ne décrit plus l’annexe de la déclaration de TVA : il prévoit que la taxe est constatée dans les conditions de l’article L. 161-1 de ce code. Le VII renvoie aux règles des taxes sur les biens et services. Le taux de 8 % et l’assiette restent ceux décrits plus haut.
Ce qu’en dit l’administration
Le BOFiP consacre une division entière à cette taxe (BOI-TCA-TRC), mise à jour le 13 août 2025. Elle précise la notion de siège, le chiffre d’affaires à retenir (hors produits financiers et produits exceptionnels hors cycle de production), les règles de suivi des primes et de l’incorporation de réserves, et reprend plusieurs exemples chiffrés. L’annulation de titres reçus autrement que par un rachat, par exemple lors d’une transmission universelle de patrimoine, n’est pas taxée.
Articles liés
| Article 210-0 A | La définition de la fusion et de la scission, qui conditionne l’exonération des rompus |
|---|---|
| Article 287 | La déclaration mensuelle de TVA, sur laquelle la taxe est déclarée |
| Article 1727 | L’intérêt de retard en cas de déclaration ou de paiement tardif |
Vos questions
Quelles sociétés paient la taxe de l’article 235 ter XB ?
Les sociétés qui ont leur siège en France, quelle que soit leur forme, et dont le chiffre d’affaires hors taxes du dernier exercice clos, ramené à douze mois, dépasse un milliard d’euros. Pour une société comprise dans un périmètre de consolidation par intégration globale ou proportionnelle, on retient le chiffre d’affaires consolidé.
Comment calcule-t-on la base de la taxe ?
En additionnant le montant de la réduction de capital et une fraction des primes liées au capital. Cette fraction est égale aux primes, appréciées avant l’opération, multipliées par le rapport entre la réduction de capital et le capital avant la réduction. La taxe est ensuite calculée au taux de 8 %.
Quelles opérations sont exonérées ?
Les annulations qui compensent une augmentation de capital réservée aux salariés ou aux dirigeants dans les dispositifs d’actionnariat salarié (options, actions gratuites, plan d’épargne d’entreprise), les rachats de titres non cotés qui assurent leur liquidité aux salariés, et les annulations préparant une fusion ou une scission qui portent sur au plus 0,25 % du capital. Les sociétés à capital variable de type OPC et certaines sociétés de capital-risque ne sont pas redevables.
Quand et comment déclarer la taxe ?
La taxe est exigible à la date de la demande d’inscription modificative au registre du commerce et des sociétés qui suit la réduction de capital. Les redevables de la TVA la déclarent sur l’annexe de leur déclaration de TVA de la période concernée. Les autres la déposent au plus tard le 25 du mois qui suit cette demande. Elle est payée au dépôt de la déclaration.
Une PME ou un cabinet libéral peuvent-ils être concernés ?
En pratique, non. Le seuil d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires exclut les PME et les cabinets. La question ne se pose que si la société fait partie d’un groupe dont les comptes consolidés dépassent ce seuil, ou si une croissance externe la fait entrer dans un tel groupe.
Sources
- Code général des impôts, article 235 ter XB, version en vigueur du 16 février 2025 au 31 décembre 2026 (base LEGI de la DILA, état du 6 octobre 2026), LEGIARTI000051206139, consulté le 8 octobre 2026.
- Code général des impôts, article 235 ter XB, version à venir au 1er janvier 2027 (base LEGI de la DILA), LEGIARTI000053154630, consulté le 8 octobre 2026.
- BOFiP, taxes sur les réductions de capital résultant de certaines opérations de rachat de titres, BOI-TCA-TRC et BOI-TCA-TRC-10 à BOI-TCA-TRC-40, versions du 13 août 2025, consulté le 13 août 2025.
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