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LMNP réel ou micro : le comparatif 2026

Au micro-BIC, vous déclarez vos loyers et l’administration en retire 50 % au titre des frais. Au réel, vous déduisez vos charges et l’amortissement du logement, ce qui efface souvent l’impôt pendant des années. Le réel demande une comptabilité, et l’amortissement se retrouve dans la plus-value à la revente.

Rédigé par le cabinet, sources officielles Publié le Mis à jour le

Coffret ancien ouvert sur un acte plié noué d’un ruban

En bref

Le loueur en meublé non professionnel (LMNP) relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Sous 83 600 € de loyers par an, il est au micro-BIC de plein droit : 50 % de ses loyers sont imposables pour une location meublée d’habitation, 70 % pour un meublé de tourisme non classé.

Le régime réel s’obtient sur option. Il permet de déduire les charges réelles et d’amortir le logement et le mobilier, dans la limite des loyers diminués des autres charges. Il devient intéressant dès que les charges et l’amortissement dépassent l’abattement forfaitaire.

Seuil du micro-BIC pour une location meublée d’habitation, années 2026 à 2028

83 600 €

Abattement : location meublée d’habitation, meublé de tourisme classé
50 %
Meublé de tourisme non classé
30 %, seuil de 15 000 €
Abattement minimum
305 €

Micro-BIC ou réel : le comparatif

Micro-BIC Régime réel
Qui Loyers de l’année précédente ou de l’avant-dernière d’au plus 83 600 € (15 000 € pour un meublé de tourisme non classé) Au-delà, ou sur option
Résultat imposable Loyers moins un abattement de 50 % (30 % pour un meublé de tourisme non classé), au moins 305 € Loyers moins charges réelles et amortissements
Charges Comprises dans l’abattement Intérêts d’emprunt, taxe foncière, charges de copropriété non récupérées, assurance, frais de gestion, travaux d’entretien, honoraires comptables
Amortissement Non Logement (hors terrain), mobilier, gros travaux, dans la limite des loyers diminués des autres charges
Déclaration Loyers reportés sur la déclaration de revenus (2042-C-PRO) Liasse fiscale 2031 et annexes, puis report du résultat sur la 2042-C-PRO
Comptabilité Aucune, hors justificatifs Comptabilité commerciale complète, en pratique tenue par un expert-comptable

CGI, articles 50-0 et 39 C (base LEGI, 7 octobre 2026) ; BOFiP, BOI-BAREME-000044 et BOI-BIC-DECLA-20, versions du 19 août 2026.

Quel abattement pour quelle location

Depuis l’imposition des revenus de 2025, le micro-BIC distingue trois cas :

  • location meublée d’habitation (location à l’année, bail mobilité, résidence de services) et meublé de tourisme classé : abattement de 50 %, seuil de 83 600 € pour les années 2026 à 2028 ;
  • meublé de tourisme non classé (location de courte durée sans classement) : abattement de 30 %, seuil de 15 000 € ;
  • chambres d’hôtes : abattement de 50 %, seuil de 83 600 €.

Exemple : un studio loué 12 000 € par an

Un couple loue un studio meublé à l’année pour 12 000 € de loyers. Il paie 4 000 € de charges déductibles par an (intérêts d’emprunt, taxe foncière, copropriété, assurance, comptabilité). L’amortissement du logement et du mobilier représente 9 000 € par an.

Micro-BIC : loyers12 000 €
Abattement de 50 %− 6 000 €
Résultat imposable au micro-BIC6 000 €
Réel : loyers moins charges12 000 € − 4 000 € = 8 000 €
Amortissement déductible, limité à 8 000 €− 8 000 €
Résultat imposable au réel0 €

Au réel, le couple ne paie ni impôt ni prélèvements sociaux sur ses loyers cette année-là. Les 1 000 € d’amortissement qui n’ont pas pu être déduits ne sont pas perdus : ils se reportent sur les années suivantes (article 39 C, II-3). Au micro-BIC, 6 000 € s’ajoutent chaque année à son revenu imposable.

Calcul du cabinet : régime micro (CGI, art. 50-0 ; BOFiP, BOI-BIC-DECLA-20, 19 août 2026) ; limitation de l’amortissement : CGI, art. 39 C, II-2 et II-3. Montants de l’exemple choisis pour l’illustration.

Ce que le réel coûte et ce qu’il engage

Le réel a trois contreparties.

  • Une comptabilité : bilan, compte de résultat, tableau des amortissements et liasse fiscale chaque année. Les honoraires de l’expert-comptable sont eux-mêmes déductibles.
  • La plus-value à la revente : pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits viennent en diminution du prix d’acquisition retenu pour calculer la plus-value immobilière des particuliers (article 150 VB, III). Le gain d’impôt pendant la location est en partie repris à la vente. Les résidences pour étudiants ou pour personnes âgées, et certains établissements pour personnes âgées ou handicapées, sont hors de cette règle.
  • La durée : l’option vaut un an et se reconduit tacitement chaque année ; vous pouvez y renoncer dans le délai de dépôt de la déclaration de l’année précédente (article 50-0, 4).

LMNP ou LMP

Le statut de loueur en meublé professionnel (LMP) s’applique quand deux conditions sont réunies : les loyers meublés de l’ensemble du foyer dépassent 23 000 € par an, et ils dépassent les autres revenus d’activité du foyer (salaires, BIC, BNC, rémunérations de gérant). Le LMP impute ses déficits sur son revenu global, mais il cotise à la sécurité sociale des indépendants et relève du régime des plus-values professionnelles.

Ce qui ne change pas selon le régime

  • La cotisation foncière des entreprises (CFE) : due dans la commune du logement, sauf exonération, notamment pour la location en meublé d’une partie de votre habitation personnelle (article 1459 du CGI).
  • La TVA : la location de logements meublés d’habitation est exonérée, sauf para-hôtellerie (article 261 D du CGI).
  • La déclaration de début d’activité : un LMNP déclare son activité au guichet unique des formalités d’entreprises et obtient un numéro SIRET.

Notre recommandation : faites le calcul sur dix ans, revente comprise. Pour un bien financé à crédit et gardé longtemps, le réel l’emporte presque toujours ; pour un petit meublé sans emprunt, loué quelques semaines par an, le micro-BIC reste plus simple.

Vos questions

Quand le réel est-il plus intéressant que le micro-BIC ?

Quand vos charges déductibles et l’amortissement du bien dépassent 50 % de vos loyers. C’est presque toujours le cas les premières années d’un achat à crédit : intérêts, taxe foncière, charges de copropriété, assurance et amortissement absorbent la plupart des loyers.

Comment opter pour le réel ?

L’option pour un régime réel s’exerce dans le délai de dépôt de la déclaration de revenus de l’année qui précède celle où elle s’applique (article 50-0, 4 du CGI). L’année du début de la location, elle se fait dans le délai de la déclaration de cette première année. Elle vaut un an et se reconduit tacitement.

Le micro-BIC permet-il d’amortir le bien ?

Non. L’abattement forfaitaire est censé couvrir toutes les charges, amortissement compris. Pour le calcul de la plus-value professionnelle, il est d’ailleurs réputé tenir compte d’un amortissement linéaire.

LMNP ou LMP : quelle différence ?

Vous devenez loueur en meublé professionnel (LMP) quand les loyers meublés du foyer dépassent 23 000 € par an et dépassent aussi ses autres revenus d’activité (salaires, BIC, BNC, rémunérations de gérant). Sinon, vous êtes LMNP.

Que devient l’amortissement à la revente ?

Pour les cessions réalisées depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits sont retranchés du prix d’acquisition retenu pour la plus-value immobilière : la plus-value imposable augmente d’autant. Les résidences pour étudiants ou pour personnes âgées et certains établissements médico-sociaux échappent à cette règle.

Un déficit de location meublée se déduit-il du salaire ?

Non pour un LMNP. Le déficit s’impute seulement sur les revenus de location meublée des dix années suivantes. L’amortissement non déduit faute de loyers suffisants se reporte, lui, sans limite de durée.

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

Vous louez en meublé ou allez le faire ?

Nous chiffrons les deux régimes sur votre bien, tenons la comptabilité au réel, établissons le tableau d’amortissement et la liasse fiscale chaque année.