Article 1447 du CGI : les redevables de la cotisation foncière des entreprises (CFE)
Version en vigueur du 21 février 2026 au 31 décembre 2029. À compter du 1er janvier 2030, une nouvelle rédaction renvoie, pour le chiffre d’affaires des loueurs d’immeubles nus, à l’article 1647 B sexies A au lieu de l’article 1586 sexies.
Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 21 février 2026
En bref
La cotisation foncière des entreprises (CFE) est due chaque année par toute personne physique ou morale, toute entité sans personnalité morale et tout fiduciaire qui exerce à titre habituel une activité professionnelle non salariée : entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, profession libérale, société, association.
Le loueur d’immeubles nus échappe à la CFE tant que ses recettes ou son chiffre d’affaires restent sous 100 000 € sur la période de référence, et la location nue à usage d’habitation en est exclue. Depuis le 21 février 2026, le texte vise les « entités » non dotées de la personnalité morale, et non plus les seules « sociétés ».
Seuil de recettes de la location d’immeubles nus
100 000 €
- Chiffre d’affaires exonérant de la cotisation minimum, au plus
- 5 000 €
- Base minimum de CFE en 2026, selon le chiffre d’affaires et la commune
- de 250 € à 7 769 €
Le texte officiel
I. – La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales, les entités non dotées de la personnalité morale ou les fiduciaires pour leur activité exercée en vertu d'un contrat de fiducie qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. Pour l'établissement de la cotisation foncière des entreprises, les activités de location ou de sous-location d'immeubles, autres que les activités de location ou sous-location d'immeubles nus à usage d'habitation, sont réputées exercées à titre professionnel ; toutefois, la cotisation foncière des entreprises n'est pas due lorsque l'activité de location ou de sous-location d'immeubles nus est exercée par des personnes qui, au cours de la période de référence définie à l'article 1467 A, en retirent des recettes brutes hors taxes, au sens de l'article 29, inférieures à 100 000 € ou un chiffre d'affaires, au sens du 1 du I de l'article 1586 sexies, inférieur à 100 000 €. Lorsque la période de référence ne correspond pas à une période de douze mois, le montant des recettes ou du chiffre d'affaires est ramené ou porté, selon le cas, à douze mois. II. – La cotisation foncière des entreprises n'est pas due par les organismes mentionnés au premier alinéa du 1 bis de l'article 206 qui remplissent les trois conditions fixées par ce même alinéa. III. – Les personnes et entités mentionnées au I ne sont pas soumises à la cotisation foncière des entreprises à raison de leurs activités qui ne sont assujetties ni à l'impôt sur les sociétés ni à l'impôt sur le revenu en raison des règles de territorialité propres à ces impôts.
Ce que dit l’article 1447
Le I pose le principe. La CFE est due chaque année par les personnes physiques ou morales, par les entités non dotées de la personnalité morale et par les fiduciaires, pour l’activité qu’ils exercent à titre habituel et à titre professionnel, sans être salariés.
Le même I traite la location d’immeubles. Elle est réputée professionnelle, sauf pour les immeubles nus à usage d’habitation. La CFE n’est toutefois pas due si la location d’immeubles nus rapporte moins de 100 000 € de recettes brutes hors taxe ou de chiffre d’affaires. Ce montant s’apprécie sur la période de référence de l’article 1467 A. Le II écarte les organismes du 1 bis de l’article 206 qui remplissent les trois conditions de cet alinéa. Le III exclut les activités qui ne sont soumises ni à l’impôt sur les sociétés ni à l’impôt sur le revenu, en raison des règles de territorialité.
Notre commentaire : un exemple chiffré
Une société civile immobilière, dont les associés sont tous soumis à l’impôt sur le revenu, loue des bureaux nus à des entreprises. Pour une telle société, le seuil se mesure sur les sommes encaissées, sans déduire aucune charge.
Avec 96 000 €, la société reste hors du champ de la CFE. Avec 102 000 €, elle y entre et elle est imposée sur les immeubles dont elle dispose. Un loyer mensuel de 500 € de plus fait donc basculer la société dans l’impôt local. Le seuil s’apprécie au niveau du redevable, quel que soit le nombre d’immeubles loués.
Seuil : article 1447, I du CGI. Règles d’appréciation : BOFiP, BOI-IF-CFE-10-20-30, version du 30 juin 2014, § 40 à 150.
Ce qu’il faut savoir
- Tous les statuts : la CFE est due quels que soient la forme juridique, la nature de l’activité et la situation au regard de la TVA. Les sociétés civiles de moyens et professionnelles sont imposées en leur nom.
- Cotisation minimum : chaque redevable paie au moins la cotisation minimum de l’article 1647 D, calculée sur une base que la commune fixe dans une fourchette liée au chiffre d’affaires. En 2026, la base va de 250 € à 597 € jusqu’à 10 000 € de chiffre d’affaires, et de 250 € à 7 769 € au-delà de 500 000 €. Les redevables dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 5 000 € en sont exonérés.
- Création : la CFE n’est pas due l’année de la création d’un établissement. Pour les deux années suivantes, la base est calculée d’après les biens dont le redevable a disposé au 31 décembre de la première année d’activité, et elle est réduite de moitié la première année d’imposition (article 1478).
- Jeunes avocats : l’avocat qui a suivi la formation sanctionnée par le CAPA est exonéré de plein droit pendant deux ans à compter du début de son activité (service-public.fr, fiche F23547).
- Paiement : le solde est en général dû au plus tard le 15 décembre.
- Location meublée : selon service-public.fr, le seuil est plus bas, 5 000 €, et un logement inclus dans la résidence principale du propriétaire reste hors champ.
Ce qu’en dit l’administration
Le Bulletin officiel des finances publiques précise que le seuil de 100 000 € s’entend hors taxe et en brut. Il s’apprécie pour les recettes ou le chiffre d’affaires de la période de référence, ramenés à douze mois si cette période est plus courte ou plus longue. Le chapitre de 2026 sur les entités sans personnalité morale cite les sociétés en participation, les sociétés de fait, certaines régies et les fonds d’investissement alternatifs.
BOFiP, BOI-IF-CFE-10-20-30, version du 30 juin 2014, § 90 à 150 ; BOI-IF-CFE-10-10-20, version du 29 avril 2026, § 1 à 80.
Articles liés
| Article 1447-0 | La contribution économique territoriale, dont la CFE est une part |
|---|---|
| Article 1467 | La base d’imposition de la CFE |
| Article 1467 A | La période de référence du seuil de 100 000 € |
| Article 1478 | Le redevable au 1er janvier, la création et le changement d’exploitant |
| Article 1586 sexies | Le chiffre d’affaires retenu pour le seuil |
| Article 206 | Les organismes écartés par le II de l’article 1447 |
Vos questions
Qui doit payer la CFE ?
Toute personne physique ou morale, toute entité sans personnalité morale et tout fiduciaire qui exerce en France, à titre habituel et à titre professionnel, une activité non salariée. Le statut juridique, la nature de l’activité et la situation au regard de la TVA ou de l’impôt sur les bénéfices importent peu, sous réserve des exonérations.
Un micro-entrepreneur doit-il payer la CFE ?
Oui en principe : l’entrepreneur individuel, micro-entrepreneur compris, est redevable. Il est exonéré l’année de la création de son activité. La cotisation minimum ne s’applique pas si son chiffre d’affaires ou ses recettes de la période de référence, en général l’avant-dernière année, ne dépassent pas 5 000 €.
Quand la location d’un immeuble est-elle soumise à la CFE ?
La location d’immeubles nus y entre à partir de 100 000 € de recettes brutes hors taxe ou de chiffre d’affaires sur la période de référence, sauf s’il s’agit d’habitation, qui reste hors champ. Selon service-public.fr, la location meublée est imposable au-delà de 5 000 €, sauf pour un logement inclus dans la résidence principale du propriétaire.
Une société civile de moyens ou professionnelle paie-t-elle la CFE ?
Oui, en son nom propre. Les sociétés civiles de moyens, les sociétés civiles professionnelles et les groupements de professions libérales, dotés ou non de la personnalité morale, sont imposés à la CFE à ce titre, selon le BOFiP.
Que change la loi de finances pour 2026 ?
Elle remplace « les sociétés non dotées de la personnalité morale » par « les entités non dotées de la personnalité morale » (article 56). Le BOFiP la qualifie d’interprétative : elle précise le champ de la CFE depuis sa création sans le modifier, et vise aussi des organismes comme les régies ou les fonds d’investissement alternatifs.
Sources
- Code général des impôts, article 1447, version en vigueur du 21 février 2026 au 31 décembre 2029 (base LEGI de la DILA, état du 6 octobre 2026), LEGIARTI000053544997, consulté le 8 octobre 2026.
- Code général des impôts, article 1447, version applicable à compter du 1er janvier 2030 (loi n° 2022-1726 du 30 décembre 2022, art. 55, et loi n° 2025-127 du 14 février 2025, art. 62), LEGIARTI000046875608, consulté le 8 octobre 2026.
- Code général des impôts, articles 1467 A, 1478 et 1647 D (base LEGI de la DILA, état du 6 octobre 2026), consulté le 8 octobre 2026.
- BOFiP, location ou sous-location d’immeubles nus, version du 30 juin 2014, BOI-IF-CFE-10-20-30, consulté le 30 juin 2014.
- BOFiP, entités non dotées de la personnalité morale, version du 29 avril 2026, BOI-IF-CFE-10-10-20, consulté le 29 avril 2026.
- BOFiP, personnes physiques ou morales passibles de la CFE, version du 27 décembre 2023, BOI-IF-CFE-10-10-10, consulté le 27 décembre 2023.
- Service-public.fr (entreprises), cotisation foncière des entreprises, fiche F23547 vérifiée le 2 avril 2026, consulté le 2 avril 2026.
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