Article 150 A bis du CGI : la cession de titres de sociétés à actif immobilier
Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 1er janvier 2004
En bref
L’article 150 A bis traite des gains retirés de la cession de valeurs mobilières ou de droits sociaux de sociétés non cotées dont l’actif est principalement constitué d’immeubles. Ces gains relèvent exclusivement du régime d’imposition des immeubles, et non de celui des valeurs mobilières. Les immeubles que la société affecte à sa propre exploitation ne comptent pas.
Le texte organise aussi le report d’imposition des échanges de titres, avec un seuil de soulte de 10 % de la valeur nominale des titres reçus. Il garde son intérêt surtout pour les plus-values en report à la date du 1er janvier 2004.
Seuil de soulte pour conserver le report d’imposition
10 % de la valeur nominale des titres reçus
- Régime des gains sur titres de sociétés non cotées à actif immobilier
- régime des immeubles
- Sociétés immobilières pour le commerce et l’industrie non cotées
- assimilées à des titres cotés
- Plus-values en report concernées
- en report au 1er janvier 2004
Le texte officiel
Les gains nets retirés de cessions à titre onéreux de valeurs mobilières ou de droits sociaux de sociétés non cotées dont l'actif est principalement constitué d'immeubles ou de droits portant sur ces biens relèvent exclusivement du régime d'imposition prévu pour les biens immeubles. Pour l'application de cette disposition, ne sont pas pris en considération les immeubles affectés par la société à sa propre exploitation industrielle, commerciale, agricole ou à l'exercice d'une profession non commerciale. Toutefois les titres des sociétés immobilières pour le commerce et l'industrie non cotées sont assimilés à des titres cotés et imposés conformément aux dispositions du 3 du II de l'article 150-0 A. En cas d'échange de titres résultant d'une fusion, d'une scission ou d'un apport réalisé antérieurement au 1er janvier 2000, l'imposition des gains nets mentionnés au premier alinéa est reportée dans les mêmes conditions que celles qui sont prévues au I ter de l'article 160. Il en est de même lorsque l'échange des titres est réalisé par une société ou un groupement dont les associés ou membres sont personnellement passibles de l'impôt sur le revenu pour la part des bénéfices correspondant à leurs droits dans la société ou le groupement. Les conditions d'application de la deuxième phrase du présent alinéa sont précisées par décret. Ces dispositions sont également applicables aux échanges avec soulte lorsque celle-ci n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus. Toutefois, la partie de la plus-value correspondant à la soulte reçue est imposée immédiatement. A compter du 1er janvier 2000, les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables, au titre de l'année de l'échange des titres, aux plus-values réalisées dans le cadre d'une opération de fusion, de scission ou d'un apport de titres à une société soumise à l'impôt sur les sociétés. Cette exception n'est pas applicable aux échanges avec soulte lorsque le montant de la soulte reçue par le contribuable excède 10 % de la valeur nominale des titres reçus. A compter du 1er janvier 2000, lorsque les titres reçus dans les cas prévus au troisième alinéa font l'objet d'une nouvelle opération d'échange dans les conditions du quatrième alinéa ou dans les conditions prévues à l'article 150-0 B, l'imposition de la plus-value antérieurement reportée est reportée de plein droit au moment où s'opérera la cession, le rachat, le remboursement ou l'annulation des nouveaux titres reçus.
Ce que dit l’article 150 A bis
Le premier alinéa pose la règle : les gains nets de cession de valeurs mobilières ou de droits sociaux de sociétés non cotées, dont l’actif est principalement constitué d’immeubles ou de droits portant sur ces biens, relèvent exclusivement du régime des immeubles. Les immeubles que la société affecte à sa propre exploitation ne sont pas pris en considération.
Le deuxième alinéa écarte les sociétés immobilières pour le commerce et l’industrie non cotées : leurs titres sont assimilés à des titres cotés et suivent le 3 du II de l’article 150-0 A.
Les alinéas suivants règlent le report d’imposition en cas d’échange de titres (fusion, scission, apport) antérieur au 1er janvier 2000, dans les conditions du I ter de l’article 160, puis la sortie du dispositif pour les opérations à partir de cette date. Le nota précise que ces dispositions s’appliquent aux plus-values en report à la date du 1er janvier 2004.
Notre commentaire : le seuil de soulte
Le seuil de 10 % apparaît deux fois, avec deux effets différents selon la date de l’échange. Prenons des titres reçus d’une valeur nominale de 100 000 €.
Pour un échange antérieur au 1er janvier 2000 (troisième alinéa), la soulte de 8 000 € reste sous le seuil : le report s’applique, mais la part de la plus-value correspondant à la soulte est imposée immédiatement. Pour un échange à compter du 1er janvier 2000 (quatrième alinéa), l’exception qui écarte le premier alinéa ne joue pas quand la soulte dépasse 10 % de la valeur nominale des titres reçus : avec 15 000 €, le seuil est franchi.
Règles : article 150 A bis du CGI, troisième et quatrième alinéas. Valeur nominale et soultes de l’exemple à titre d’illustration.
Ce qu’il faut savoir
- Le texte est ancien. Il a été modifié par la loi de finances pour 2004, et vise surtout des plus-values en report à la date du 1er janvier 2004.
- Pour les sociétés de personnes relevant des articles 8 à 8 ter, c’est l’article 150 UB qui définit la société à prépondérance immobilière : plus de 50 % de l’actif en immeubles non affectés à l’exploitation, apprécié sur trois exercices.
- Le régime des immeubles des particuliers est celui de l’article 150 U et des suivants.
- Le boni de liquidation de titres reçus en échange est calculé selon l’article 161.
Sources : articles 150 A bis, 150 UB et 161 du CGI, textes en vigueur au 7 octobre 2026 (base LEGI de la DILA). Aucun commentaire du BOFiP n’a été retenu pour cette fiche.
Articles liés
| Article 150-0 A | Le régime des plus-values de valeurs mobilières |
|---|---|
| Article 150-0 B | Le report d’imposition en cas d’échange de titres |
| Article 150 UB | Les sociétés à prépondérance immobilière |
| Article 150 U | Les plus-values immobilières des particuliers |
| Article 161 | Le boni de liquidation et les titres reçus en échange |
Vos questions
Quand s’applique l’article 150 A bis du CGI ?
Lors d’une cession à titre onéreux de valeurs mobilières ou de droits sociaux de sociétés non cotées dont l’actif est principalement constitué d’immeubles ou de droits portant sur ces biens. Le gain net relève alors exclusivement du régime des biens immeubles.
Quels immeubles ne sont pas pris en compte pour apprécier l’actif ?
Les immeubles que la société affecte à sa propre exploitation industrielle, commerciale ou agricole, ou à l’exercice d’une profession non commerciale.
Les sociétés immobilières pour le commerce et l’industrie (SICI) sont-elles concernées ?
Leurs titres, lorsqu’elles ne sont pas cotées, sont assimilés à des titres cotés. Ils sont imposés selon le 3 du II de l’article 150-0 A et non selon le régime des immeubles.
Que se passe-t-il en cas d’échange de titres avec soulte ?
Pour un échange résultant d’une fusion, d’une scission ou d’un apport réalisé avant le 1er janvier 2000, l’imposition est reportée dans les conditions du I ter de l’article 160, y compris avec soulte tant qu’elle n’excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus. La part de la plus-value correspondant à la soulte est imposée immédiatement.
Que dit le texte pour les opérations à partir du 1er janvier 2000 ?
Le premier alinéa ne s’applique pas, au titre de l’année de l’échange, aux plus-values réalisées dans le cadre d’une fusion, d’une scission ou d’un apport de titres à une société soumise à l’impôt sur les sociétés. Cette exception tombe si la soulte reçue excède 10 % de la valeur nominale des titres reçus.
Quel texte suit le régime des sociétés de personnes à prépondérance immobilière ?
L’article 150 UB. Il vise les droits sociaux des sociétés relevant des articles 8 à 8 ter et retient comme critère un actif constitué pour plus de 50 % de sa valeur réelle d’immeubles non affectés à l’exploitation, apprécié à la clôture des trois exercices qui précèdent la cession.
Sources
- Code général des impôts, article 150 A bis, version en vigueur depuis le 1er janvier 2004 (base LEGI de la DILA, état du 7 octobre 2026), LEGIARTI000006307388, consulté le 9 octobre 2026.
- Code général des impôts, articles 150-0 A, 150 UB et 161 (base LEGI de la DILA, état du 7 octobre 2026), consulté le 9 octobre 2026.
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