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Article 668 ter du CGI : les droits du constituant d’une fiducie et les droits de mutation

Version en vigueur depuis le 3 avril 2008, sans date de fin. Pour les droits d’enregistrement, les droits du constituant sont réputés porter sur les biens du patrimoine fiduciaire.

Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 3 avril 2008

En bref

Dans une fiducie, le constituant transfère des biens à un fiduciaire, qui les gère séparément de son patrimoine au profit d’un bénéficiaire. Le constituant conserve des droits issus du contrat. L’article 668 ter décide que, pour les droits d’enregistrement, ces droits sont réputés porter sur les biens eux-mêmes, ceux du patrimoine fiduciaire.

Lors de la transmission de ces droits, les droits de mutation sont exigibles selon la nature des biens et droits transmis. On taxe donc comme si le constituant transmettait directement un immeuble, des titres de société ou un fonds de commerce, selon ce que contient le patrimoine fiduciaire.

Délai pour enregistrer le contrat de fiducie (article 635)

un mois

Droits du constituant
réputés porter sur les biens du patrimoine fiduciaire
Droits de mutation exigibles
selon la nature des biens et droits transmis
Créance détenue sur une fiducie (article 668 bis)
valeur vénale réelle nette des biens mis en fiducie

Le texte officiel

Code général des impôts, article 668 ter Version en vigueur depuis le 3 avril 2008 Lire sur Légifrance

Pour l'application des droits d'enregistrement, les droits du constituant résultant du contrat de fiducie sont réputés porter sur les biens formant le patrimoine fiduciaire. Lors de la transmission de ces droits, les droits de mutation sont exigibles selon la nature des biens et droits transmis.

Ce que dit l’article 668 ter du CGI

L’article tient en deux phrases. La première pose une fiction : pour l’application des droits d’enregistrement, les droits que le constituant tient du contrat de fiducie sont réputés porter sur les biens formant le patrimoine fiduciaire. La seconde en tire la conséquence : lors de la transmission de ces droits, les droits de mutation sont exigibles selon la nature des biens et droits transmis.

Le constituant n’est pas propriétaire des biens, puisqu’ils sont chez le fiduciaire. Pour l’enregistrement, on l’ignore : on regarde ce qu’il y a dans le patrimoine fiduciaire.

À qui il s’applique

Au constituant qui transmet ses droits, par donation ou par cession, et à celui qui les reçoit. Il vise donc le dirigeant, la société ou le professionnel libéral qui a transféré un immeuble, des titres ou un fonds à un fiduciaire, puis qui organise sa transmission.

L’article ne vise que les droits d’enregistrement. L’impôt sur le revenu, les plus-values et l’impôt sur la fortune immobilière suivent leurs propres textes.

Notre commentaire : un exemple de transmission

Un dirigeant a transféré à un fiduciaire un immeuble loué, qu’il détenait à titre personnel. Il reste constituant. Il donne ses droits de constituant à sa fille. Les biens du patrimoine fiduciaire valent 250 000 €.

Les droits de mutation suivent la nature des biens : ici un immeuble, transmis par donation à un enfant. L’abattement en ligne directe et le barème de l’article 777 s’appliquent comme pour une donation directe.

Valeur des biens du patrimoine fiduciaire transmis250 000 €
Abattement en ligne directe, parent vers enfant− 100 000 €
Part taxable150 000 €
Droits de donation28 194 €

Si le patrimoine fiduciaire contenait des titres de société ou un fonds de commerce, ce serait le régime de ces biens qui s’appliquerait, avec ses exonérations et ses règles d’évaluation propres. La composition du patrimoine fiduciaire décide donc du coût de la transmission. Un autre cas relève de l’article 792 bis, présenté plus bas : celui où le contrat de fiducie poursuit lui-même une intention libérale.

Règle : article 668 ter du CGI. Abattement et barème : articles 777 et 779 du CGI, barème en ligne directe en vigueur en 2026. La valeur de 250 000 € est choisie pour l’exemple ; les donations antérieures de moins de quinze ans à la même personne s’ajouteraient à la base.

Ce qu’il faut savoir

  • Une règle de l’enregistrement. La fiction de l’article 668 ter sert à déterminer les droits de mutation. Elle n’apporte pas de règle d’évaluation : pour la valeur, il faut lire les articles 668 bis et 766 bis.
  • Le contrat se déclare. Les actes qui constatent la formation, la modification ou l’extinction d’un contrat de fiducie, et le transfert de biens ou droits supplémentaires au fiduciaire, s’enregistrent dans le mois de leur date.
  • La créance sur une fiducie. Elle est évaluée à la valeur vénale réelle nette des biens mis en fiducie, ou des biens acquis en remploi, à la date du fait générateur (article 668 bis).
  • Le décès du constituant. Les biens qui font de plein droit retour à la succession entrent dans son patrimoine pour leur valeur vénale nette à la date du décès (article 766 bis).
  • L’intention libérale. Si la fiducie transmet des biens dans une intention libérale, les droits de mutation à titre gratuit s’appliquent au tarif entre personnes non parentes (article 792 bis). Elle est notamment caractérisée par une transmission sans contrepartie réelle ou par un avantage accordé à un tiers par le fiduciaire.

Ce qu’en dit l’administration

Le Bulletin officiel des finances publiques range l’article 668 ter parmi les cas particuliers d’exigibilité du droit de donation, sous le titre « Droits du constituant résultant du contrat de fiducie ». Il reprend le texte de l’article, sans ajouter de règle d’évaluation ni d’exemple.

BOFiP, BOI-ENR-DMTG-20-10-20-30, version du 12 septembre 2012, § 1.

Articles liés

Article 668 bis L’évaluation de la créance détenue sur une fiducie
Article 766 bis Le patrimoine fiduciaire qui revient à la succession du constituant
Article 792 bis Les droits de mutation à titre gratuit sur la fiducie à intention libérale
Article 635 Les actes à enregistrer dans le mois, dont le contrat de fiducie
Article 779 Les abattements selon le lien de parenté
Article 777 Le barème des droits de donation et de succession

Vos questions

Que dit l’article 668 ter du CGI ?

Pour l’application des droits d’enregistrement, les droits que le constituant tient du contrat de fiducie sont réputés porter sur les biens qui forment le patrimoine fiduciaire. Quand ces droits sont transmis, les droits de mutation sont exigibles selon la nature des biens et droits transmis.

Qu’est-ce que le patrimoine fiduciaire ?

Ce sont les biens ou droits transférés au fiduciaire par le contrat, ceux qui sont éventuellement acquis en remploi et les fruits tirés de leur exploitation. L’article 766 bis les vise ainsi pour la succession du constituant.

Quels droits de mutation s’appliquent à la transmission des droits du constituant ?

Ceux de la nature des biens transmis. Si le patrimoine fiduciaire contient un immeuble, c’est le régime des mutations d’immeubles. S’il contient des titres de société ou un fonds de commerce, ce sont les régimes de ces biens. La fiducie ne crée pas de tarif propre.

Quelle différence entre l’article 668 ter et l’article 668 bis ?

L’article 668 bis fixe la valeur de la créance détenue sur une fiducie. C’est la valeur vénale réelle nette des biens mis en fiducie ou acquis en remploi, à la date du fait générateur de l’impôt. L’article 668 ter traite des droits du constituant et de leur transmission.

Le contrat de fiducie doit-il être enregistré ?

Oui. L’article 635 impose d’enregistrer dans le mois de leur date les actes qui constatent la formation, la modification ou l’extinction d’un contrat de fiducie, ainsi que le transfert de biens ou droits supplémentaires au fiduciaire.

Que se passe-t-il au décès du constituant ?

Les biens ou droits transférés dans un patrimoine fiduciaire qui font de plein droit retour à la succession du constituant sont compris dans son patrimoine pour leur valeur vénale nette à la date du décès (article 766 bis). Les droits de succession s’appliquent sur cette base.

Et si la fiducie sert à gratifier un tiers ?

Dans une intention libérale, l’article 792 bis applique les droits de mutation à titre gratuit à la valeur des biens à la date du transfert, au tarif entre personnes non parentes. L’intention libérale est notamment caractérisée lorsque la transmission est dénuée de contrepartie réelle.

Sources

Ces informations sont générales et datées ; votre situation se vérifie avec votre expert-comptable.

Vous envisagez une fiducie pour protéger ou transmettre vos biens ?

Nous chiffrons les droits d’enregistrement et de mutation selon la nature des biens placés en fiducie, avant la signature du contrat.