Article 35 du CGI : la location meublée, les marchands de biens et les autres revenus classés en bénéfices industriels et commerciaux
Rédigé par le cabinet, sources officielles Mis à jour le Texte officiel : version en vigueur depuis le 1er janvier 2017
En bref
L’article 35 range en bénéfices industriels et commerciaux des revenus que l’on ne rattacherait pas spontanément au commerce : les profits des marchands de biens et des lotisseurs, la location d’un fonds de commerce, la location directe ou indirecte de locaux d’habitation meublés, les opérations à terme sur instruments financiers pour qui a opté. Le caractère habituel des opérations est la clé de la plupart des cas.
Pour la location meublée, la qualification en BIC est automatique. Elle devient professionnelle quand les recettes du foyer fiscal dépassent 23 000 € et excèdent ses autres revenus d’activité, ce qui change le régime des plus-values et des déficits.
Seuil de recettes de la location meublée professionnelle
23 000 €
- Autre condition
- recettes supérieures aux autres revenus d’activité du foyer
- Plafond du micro-BIC, location de longue durée
- 83 600 €, abattement de 50 %
- Délai de l’option pour les instruments financiers à terme
- 15 jours, option irrévocable
Le texte officiel
I. - Présentent également le caractère de bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par les personnes physiques désignées ci-après : 1° Personnes qui, habituellement, achètent en leur nom, en vue de les revendre, des immeubles, des fonds de commerce, des actions ou parts de sociétés immobilières ou qui, habituellement, souscrivent, en vue de les revendre, des actions ou parts créées ou émises par les mêmes sociétés. 1° bis Personnes qui, à titre habituel, achètent des biens immeubles, en vue d'édifier un ou plusieurs bâtiments et de les vendre, en bloc ou par locaux ; 2° Personnes se livrant à des opérations d'intermédiaire pour l'achat, la souscription ou la vente des biens visés au 1° ; 3° Personnes qui procèdent à la cession d'un terrain divisé en lots destinés à être construits lorsque le terrain a été acquis à cet effet ; a, b, c et d (Abrogés) ; 4° Personnes bénéficiaires d'une promesse unilatérale de vente portant sur un immeuble qui est vendu par fractions ou par lots à la diligence de ces personnes ; 5° Personnes qui donnent en location un établissement commercial ou industriel muni du mobilier ou du matériel nécessaire à son exploitation, que la location comprenne, ou non, tout ou partie des éléments incorporels du fonds de commerce ou d'industrie ; 5° bis Personnes qui donnent en location directe ou indirecte des locaux d'habitation meublés ; 6° Adjudicataires, concessionnaires et fermiers de droits communaux ; 7° Membres des copropriétés de navires mentionnées à l'article 8 quater. 7° bis (Abrogé à compter de la date d'entrée en vigueur du I de l'article 26 de la loi n° 96-1182 du 30 décembre 1996, JO du 31) ; 8° Personnes qui, à titre professionnel, effectuent, directement, par personne interposée ou par l'intermédiaire d'une fiducie, des opérations sur des contrats financiers, également dénommés " instruments financiers à terme ”, mentionnés au III de l'article L. 211-1 du code monétaire et financier, à condition qu'elles aient opté pour ce régime dans les quinze jours du début du premier exercice d'imposition à ce titre. L'option est irrévocable. Ces dispositions s'appliquent aux personnes qui effectuent, directement ou par personne interposée, des opérations à terme sur marchandises sur un marché réglementé. II. - (Abrogé) III. - Pour l'application du présent article, les donations entre vifs ne sont pas opposables à l'administration.
Ce que dit l’article 35
L’article 34 du CGI classe en BIC les profits des activités commerciales, industrielles et artisanales par nature. L’article 35 va plus loin : il y ajoute, pour les personnes physiques, des revenus qui n’en ont pas l’apparence mais que la loi traite comme tels.
Les principaux cas sont les suivants :
- les marchands de biens (1°) : ceux qui achètent habituellement en leur nom des immeubles, des fonds de commerce ou des parts de sociétés immobilières pour les revendre ;
- les constructeurs-vendeurs et lotisseurs (1° bis, 3° et 4°) : achat d’immeubles pour édifier des bâtiments à vendre, cession de terrains divisés en lots, vente par lots à la diligence du bénéficiaire d’une promesse unilatérale ;
- les intermédiaires (2°) qui interviennent dans ces achats ou ventes ;
- les loueurs de fonds (5°) : location d’un établissement commercial ou industriel muni du mobilier ou du matériel nécessaire ;
- les loueurs en meublé (5° bis) : location directe ou indirecte de locaux d’habitation meublés ;
- les opérateurs sur instruments financiers à terme (8°), sur option.
La location meublée, le cas le plus fréquent
Le BOFiP précise que le régime de la location meublée suppose des meubles suffisants pour donner au logement un minimum d’habitabilité. Si l’exploitant fournit au moins trois prestations parmi le petit déjeuner, le nettoyage régulier, le linge de maison et la réception de la clientèle, dans des conditions proches de l’hôtellerie, on bascule dans la parahôtellerie, qui obéit à d’autres règles.
Tout loueur en meublé relève des BIC. La question suivante est celle du caractère professionnel. Elle se tranche au niveau du foyer fiscal, pour l’ensemble de ses locations meublées, avec deux conditions cumulatives posées par le 2 du IV de l’article 155 :
- des recettes annuelles supérieures à 23 000 €, toutes taxes comprises ;
- des recettes supérieures aux autres revenus d’activité du foyer, pris nets de charges et d’abattements.
Quand la location passe par une société de personnes, le seuil de 23 000 € s’apprécie chez chaque associé, selon ses droits dans les bénéfices. Un loueur qui ne remplit pas les deux conditions reste non professionnel, ce qu’on appelle couramment le statut LMNP.
Notre commentaire : deux foyers, deux qualifications
Deux foyers fiscaux louent des meublés de longue durée et perçoivent chacun 30 000 € de recettes dans l’année.
Le plafond du micro-BIC pour une location de longue durée est de 83 600 € pour les années 2026 à 2028, avec un abattement forfaitaire de 50 %. Au micro-BIC, le foyer A déclarerait donc 30 000 € × 50 % = 15 000 € de bénéfice imposable. Le régime réel, qui permet de déduire les charges réelles et l’amortissement, est souvent plus favorable dès que les charges dépassent la moitié des recettes.
Seuils de qualification : article 155, IV-2 du CGI ; BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-40-10, § 40 à 160, version du 15 avril 2026. Plafond et abattement du micro-BIC : BOFiP, BOI-BAREME-000044, version du 19 août 2026 ; service-public.gouv.fr, F32744. Revenus nets, hypothèses de l’exemple.
Marchand de biens ou gestion patrimoniale
Le BOFiP retient trois conditions cumulatives pour le 1° : des opérations habituelles faites avec l’intention de revendre, des achats suivis de ventes, des biens de la liste légale (immeubles, fonds de commerce, parts de sociétés immobilières).
L’habitude se déduit de la pluralité des ventes ou de l’activité passée du vendeur. Il n’est pas nécessaire que l’activité soit exercée à titre professionnel ni à titre principal. L’intention de revendre s’apprécie au jour de l’achat, pas à celui de la revente. Le court délai entre achat et revente, le nombre et la fréquence des opérations, la profession du vendeur sont des indices. La doctrine cite aussi le cas d’un immeuble acheté en bloc puis divisé et revendu par lots, qui suffit à caractériser l’habitude. À l’inverse, la revente d’immeubles acquis à des fins essentiellement familiales n’entre pas dans le champ.
Les opérations visées sont entendues largement : apports en société, échanges et expropriations sont assimilés à des ventes. Les mutations à titre gratuit ne sont pas des cessions imposables, mais le III de l’article 35 permet à l’administration d’ignorer une donation entre vifs.
Ce qu’il faut savoir
- Le texte date de 2017. Il a été modifié pour la dernière fois par la loi du 29 décembre 2016, applicable aux revenus perçus à compter de 2017. Plusieurs alinéas sont abrogés (a, b, c et d du 3°, 7° bis, II).
- La société change la donne. Les associés d’une société relevant de l’impôt sur le revenu en BIC, comme les sociétés à l’impôt sur les sociétés, sont imposables sur leurs gains sur ces biens. Le point de savoir si l’opération relève du 1° décide alors s’il s’agit d’un gain sur stock ou d’une plus-value d’actif immobilisé.
- La donation n’efface pas l’imposition. Un bien donné avant d’être revendu peut être imposé chez le donateur.
- La qualification n’est pas figée. Le caractère professionnel de la location meublée s’apprécie chaque année civile : un foyer peut passer d’un statut à l’autre.
Ce qu’en dit l’administration
Le BOFiP consacre aux marchands de biens une division complète (BOI-BIC-CHAMP-20-10-10 à 20-10-40) et à la location meublée la division BOI-BIC-CHAMP-40-10, mise à jour le 15 avril 2026 pour les non-résidents après la loi de finances pour 2026. Il insiste sur l’examen des antécédents d’un particulier, sur les faits plus que sur l’objet social d’une société, et sur l’appréciation globale des recettes d’un foyer fiscal.
BOFiP, BOI-BIC-CHAMP-20-10-10, § 1 à 140, version du 4 janvier 2017 ; BOI-BIC-CHAMP-40-10, version du 15 avril 2026.
Articles liés
| Article 34 | Les bénéfices des professions commerciales, industrielles et artisanales par nature |
|---|---|
| Article 35 bis | L’exonération de la location meublée d’une partie de la résidence principale |
| Article 50-0 | Le régime micro-BIC et ses abattements |
| Article 35 A | Les revenus d’un fonds de placement immobilier issus de locations meublées |
| Article 8 quater | Les copropriétés de navires visées au 7° du I |
Vos questions
Quand la location meublée relève-t-elle des BIC ?
Dès que vous donnez en location, directement ou indirectement, un local d’habitation meublé : le 5° bis du I de l’article 35 la classe en BIC, que l’activité soit professionnelle ou non. Les meubles doivent suffire à donner au logement un minimum d’habitabilité. La location nue relève en revanche des revenus fonciers.
Quand la location meublée est-elle exercée à titre professionnel ?
Quand les recettes annuelles de l’ensemble du foyer fiscal excèdent 23 000 € et dépassent les autres revenus d’activité du foyer (traitements et salaires, autres BIC, bénéfices agricoles, BNC, rémunérations de gérants). Les deux conditions s’apprécient chaque année civile, toutes taxes comprises.
Comment distinguer un marchand de biens d’un investisseur particulier ?
Par l’habitude et l’intention de revendre, appréciée au moment de l’achat. Le BOFiP retient notamment le délai entre achat et revente, le nombre et la fréquence des opérations, la profession du vendeur. L’achat d’un immeuble en bloc suivi de sa revente par lots peut suffire. Une opération à des fins familiales ou de simple gestion patrimoniale n’entre pas dans le champ.
Pourquoi les donations ne protègent-elles pas d’une imposition en BIC ?
Le III de l’article 35 prévoit que les donations entre vifs ne sont pas opposables à l’administration. Elle peut donc en faire abstraction et imposer le donateur comme s’il avait vendu lui-même, ce qui vise les montages où un bien est donné juste avant d’être revendu.
Comment opter pour le régime BIC des opérations sur instruments financiers à terme ?
Le 8° du I exige une option dans les quinze jours du début du premier exercice d’imposition à ce titre. Elle est irrévocable. Elle concerne les personnes qui font ces opérations à titre professionnel, ainsi que les opérations à terme sur marchandises sur un marché réglementé.
Le texte est-il à jour de la loi de finances pour 2026 ?
La version de l’article 35 en vigueur à la date de cette fiche date du 1er janvier 2017. En revanche, la doctrine sur la location meublée, qui renvoie à l’article 155 du CGI, a été mise à jour le 15 avril 2026 pour tenir compte de la loi de finances pour 2026, notamment pour les non-résidents.
Sources
- Code général des impôts, article 35, version en vigueur depuis le 1er janvier 2017 (base LEGI de la DILA, état du 6 octobre 2026), LEGIARTI000033817773, consulté le 8 octobre 2026.
- BOFiP, marchands de biens et assimilés : opérations imposables, version du 4 janvier 2017, BOI-BIC-CHAMP-20-10-10, consulté le 4 janvier 2017.
- BOFiP, location meublée : champ d’application et caractère professionnel de l’activité, version du 15 avril 2026, BOI-BIC-CHAMP-40-10, consulté le 15 avril 2026.
- BOFiP, barème des seuils, version du 19 août 2026 (plafonds du micro-BIC des années 2026 à 2028) et service-public.gouv.fr, fiche F32744, vérifiée le 15 avril 2026, BOI-BAREME-000044, consulté le 19 août 2026.
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