Ce que contient le solde de tout compte
Le solde de tout compte est établi par l’employeur à la fin du contrat, quel que soit le motif : licenciement, démission, rupture conventionnelle, départ à la retraite, fin de CDD. Il fait l’inventaire des sommes versées au salarié. Chacune se calcule selon sa propre règle.
| Somme |
Quand elle est due |
Montant |
| Salaire et primes restant dus |
toujours |
les jours travaillés du dernier mois, heures et primes comprises |
| Indemnité compensatrice de congés payés |
toujours, pour les jours acquis et non pris |
le dixième de la rémunération de la période de référence, ou le maintien de salaire s’il est plus favorable |
| Indemnité compensatrice de préavis |
quand l’employeur dispense le salarié d’effectuer son préavis |
le salaire qu’il aurait perçu jusqu’à la fin du préavis |
| Indemnité de licenciement |
licenciement hors faute grave ou lourde, 8 mois d’ancienneté à l’envoi de la lettre |
1/4 de mois de salaire par année jusqu’à 10 ans, 1/3 au-delà |
| Indemnité de rupture conventionnelle |
rupture conventionnelle, sans condition d’ancienneté |
au moins l’indemnité légale de licenciement |
| Prime de précarité |
fin de CDD, sauf exceptions |
10 % de la rémunération brute totale du contrat |
Pour un salaire fixe, la règle du dixième donne une valeur simple : un jour ouvrable de congé vaut un vingt-cinquième du salaire mensuel, soit 1/10 de 1 mois de salaire divisé par 2,5 jours acquis par mois. L’employeur compare ce montant au maintien de salaire et verse le plus élevé.
Sources : code du travail, art. L. 1234-20, L. 1234-5, L. 1234-9, L. 1237-13, L. 3141-24, L. 3141-28 et L. 1243-8 ; service-public.gouv.fr, fiche « Solde de tout compte », F24660, F24661 et F987.
Le préavis selon le motif de départ
| Motif |
Préavis |
Indemnité de préavis |
| Licenciement, moins de 6 mois d’ancienneté |
durée de la convention, de l’accord collectif ou des usages |
si l’employeur dispense le salarié |
| Licenciement, de 6 mois à moins de 2 ans |
1 mois |
si l’employeur dispense le salarié |
| Licenciement, 2 ans et plus |
2 mois |
si l’employeur dispense le salarié |
| Licenciement pour faute grave ou lourde |
aucun |
non |
| Démission |
durée fixée par la loi, la convention ou les usages |
si l’employeur dispense le salarié |
| Rupture conventionnelle |
aucun |
non |
Une convention, un accord, le contrat ou un usage plus favorable au salarié l’emporte sur la durée légale. Le préavis non effectué ne fait pas avancer la date de fin du contrat : l’ancienneté de l’indemnité de licenciement se compte jusqu’à la fin du préavis. Les congés acquis pendant ce préavis s’ajoutent à l’indemnité de congés payés. Si c’est le salarié qui demande à être dispensé et que l’employeur accepte, l’indemnité de préavis n’est pas due.
Sources : code du travail, art. L. 1234-1, L. 1234-4, L. 1234-5 et L. 1237-1 ; service-public.gouv.fr, F24660 et F987.
Impôt, cotisations, CSG : le régime de chaque somme
| Somme |
Impôt sur le revenu |
Cotisations sociales |
CSG et CRDS |
| Salaire, congés payés, préavis, prime de précarité |
imposables |
soumis |
soumis |
| Indemnité de licenciement ou de rupture, jusqu’au minimum légal ou conventionnel |
exonérée |
exonérée, dans la limite de 96 120 € au total |
exonérée, dans la même limite |
| Au-delà, jusqu’à deux fois la rémunération brute de l’année précédente (ou la moitié de l’indemnité), 288 360 € au plus |
exonérée |
exonérée jusqu’à 96 120 € au total |
soumise |
| Le reste de l’indemnité |
imposable |
soumis |
soumis |
| Indemnité de plus de 480 600 € |
selon les lignes ci-dessus |
soumise en totalité |
soumise en totalité |
Pour une rupture conventionnelle, l’employeur paie en plus une contribution de 40 % sur la part de l’indemnité exclue des cotisations. Si le salarié peut déjà bénéficier d’une pension de retraite d’un régime obligatoire, l’indemnité de rupture conventionnelle est entièrement imposable et soumise aux cotisations.
Sources : CGI, art. 80 duodecies ; code de la sécurité sociale, art. L. 242-1, L. 136-1-1 et L. 137-12 ; service-public.gouv.fr, F987, F24660 et F24661 ; Code du travail numérique, fiche sur la rémunération du salarié en CDD. Montants 2026 de F987 (plafond de la Sécurité sociale 2026 : 48 060 €).
Trois exemples chiffrés, départs en 2026
Sophie, licenciée après 5 ans, 2 500 € par mois
Dispensée par l’employeur de ses 2 mois de préavis, elle a 10 jours ouvrables de congés et 1 250 € de salaire restant. Préavis : 2 500 × 2 = 5 000 €. Congés : 2 500 × 10 % ÷ 2,5 × 10 = 1 000 €. Indemnité sur 62 mois, préavis compris : 2 500 × 1/4 × 62/12 = 3 229,17 €.
Solde : 10 479,17 €, dont 7 250 € imposables et soumis aux cotisations
Karim, rupture conventionnelle après 8 ans et 4 mois, 3 200 € par mois
Minimum légal : 3 200 × 1/4 × 100/12 = 6 666,67 € ; indemnité négociée : 12 000 €, exonérée d’impôt et de cotisations. Congés : 15 jours ouvrables, 1 920 €. Avec son dernier mois de 3 200 €, le solde atteint 17 120 €.
CSG-CRDS sur 5 333,33 € de l’indemnité ; contribution de l’employeur : 4 800 €
Léa, CDD de 6 mois à 2 000 € par mois
Rémunération du contrat : 12 000 €. Prime de précarité : 12 000 × 10 % = 1 200 €. Congés : (12 000 + 1 200) × 10 % = 1 320 €. Avec son dernier salaire de 2 000 €, tout est imposable et soumis aux cotisations.
Solde : 4 520 €
Rémunération brute de Karim l’année précédente : 38 400 €. Calcul des congés payés d’un CDD : service-public.gouv.fr, F24661.
Le reçu pour solde de tout compte
- L’employeur l’établit en double exemplaire, dont l’un est remis au salarié. Le reçu le mentionne, avec l’inventaire des sommes, la signature et la date.
- Le salarié n’est pas obligé de le signer. Sans signature, le reçu ne libère pas l’employeur, qui doit tout de même verser les sommes.
- Le reçu signé peut être dénoncé dans les 6 mois, par lettre recommandée. Passé ce délai, il devient libératoire pour les sommes qu’il mentionne.
- Après dénonciation, ou sans signature, le salarié conteste dans un délai d’un an pour la rupture, de deux ans pour l’exécution du contrat et de trois ans pour les salaires.
Sources : code du travail, art. L. 1234-20, D. 1234-7 et D. 1234-8 ; service-public.gouv.fr, fiche « Solde de tout compte ».
Ce que le simulateur ne compte pas
- Le licenciement pour inaptitude et le départ à la retraite, qui ont leurs propres règles de préavis et d’indemnité : voir le simulateur d’indemnité de licenciement et celui du départ à la retraite.
- Le contrat de sécurisation professionnelle accepté lors d’un licenciement économique : à partir d’un an d’ancienneté, le préavis de 3 mois au plus n’est pas versé au salarié, l’employeur en verse l’équivalent à France Travail.
- Les règles de votre convention collective au-delà de la durée du préavis et du montant de l’indemnité, que vous pouvez saisir : les fiches de nos conventions collectives les détaillent.
- Le maintien de salaire pour les congés payés, quand il dépasse le dixième, et les congés payés versés par une caisse (bâtiment, transport, spectacle).
- Le net à payer : les cotisations dépendent des taux de l’entreprise. Le simulateur de salaire brut en net en donne l’ordre de grandeur.
- Les dommages et intérêts d’une rupture anticipée de CDD par l’employeur, et le détail des cas où la prime de précarité n’est pas due.